CH. II, ART. 13. — AUXILIAIRES DU TRAVAIL
à enrichir les pauvres. Gardons-nous donc d’inspirer aux pauvres la haine des riches, et surtout de rendre les riches responsables de l’imprévoyance de la génération antérieure. Bornons-nous à les avertir des sacrifices devenus nécessaires.
• TAchons de leur inspirer un xèle plus ardent pour l'amélioration du sort des travailleurs.
635. L’article 13 annonce sept ou huit moyens d’«tcourager le travail, ou, pour mieux dire, de le faciliter et de l’améliorer : le travail a un stimulant naturel; il est aussi superllu de porter des lois pour le favoriser que pour exciter au mariage.
Parmi ces divers moyens, trois tendent à perfectionner le mode du travail; ce sont : l’enseignement primaire, l’éducation professionnelle, les institutions agricoles (1), comme les fermes-modèles.
On entend sans doute par éducation professionnelle, celle qui prépare spécialement l’élève à la profession qu’il veut embrasser. Les connaissances littéraires, toujours agréables et souvent utiles, ne suffisent pas pour rendre capable d’exercer un métier, de pratiquer l’agriculture ou de faire le commerce. Il existe, sous ce rapport, dans les établisse ments publics d’instruction, une lacune depuis longtemps signalée, et que combleront les lois organiques; lacune d’autant plus fùcheuse, que le mode d’enseignement des arts et métiers, vulgairement pratiqué sous le nom d’apprentissage, est vraiment déplorable. Du reste, l’État n’est pas tenu de donner gratuitement l’éducation professionnelle.
636. Deux autres moyens facilitent le travail : les institutions de crédit et les associations volontaires (2). Les
(1) Mentionnées sur la demande de M. Danielo. — M. Michel proposait de dire : •< les colonies agricoles pour le défrichement et la plantation de » terrains nationaux et communaux incultes , par les familles pauvres aux- » quelles on en facilitera la propriété. » Celte rédaction, adoptée par l'Assemblée, a disparu lors de la révision, sans que l’on sache pourquoi. N'en concluons pas que l’idée qu’elle renferme soit inconstitutionnelle. On pourrait même aller plus loin. V. n° 62î.
(2) Addition proposée par M. Bourdon et justement repoussée : « les lois » de douane et les traités de commerce. » Il ne faut pas sacrifier l'intérêt de tous les consommateurs, c’est-à-dire de la nation entière, à l’intérêt de quelques producteurs qui veulent faire mal et chèrement ce qu’on fait bien et à bon marché en pays étranger