‹ Théorie du droit constitutionnel français esprit des constitutions de 1848 et de 1852 et des sénatusconsultes organiques précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions francaisesChapitre 254 sur 567 · A RT I CL F · texte numérisé non relu

A RT I CL F

[a qui appartient le rouvom lëcislatip. ]

Le peuple français délègue le pouvoir législatif à une assemblée unique.

744. Une question curieuse de droit constitutionnel philosophique est celle de savoir s’il convient mieux de charger un seul homme qu’une assemblée de faire les lois, le soin de les exécuter étant d’ailleurs remis à une autorité distincte. Elle a toujours été résolue négativement dans la pratique : en effet, dans les monarchies on a toujours attribué au prince le pouvoir exécutif; d’un autre côté, les sages , à qui certains peuples ont demandé des lois , avaient plutôt mission de régler, une fois pour toutes, la constitution d’un pays, que d’établir successivement des règles de conduite ou d’émettre des volontés au nom d’un État, selon le besoin des circonstances.

Un homme seul rédigerait peut-être mieux qu’un conseil certaines parties de la législation civile et pénale. 11 y introduirait plus d’unité (1). Mais l’avantage serait à peu près nul pour les mesures administratives, dont l’énoncé n’exige pas autant de science et de méthode. 11 serait trop à craindre, au contraire, qu’un seul homme, revêtu du pouvoir de lever les impôts ou de décréter la guerre, ne cherchât à usurper la puissance exécutive et à l’exploiter au profit de son ambition. Le danger est moindre de la part d’une assemblée. D’ailleurs l’homme le plus sage peut être systématique, et quand il change, tout l’esprit du gouvernement est modifié. Les membres d’une assemblée représentent mieux les diver-

ti) Telle est l'opinion île Dcslult-Tracy (livre XI , ch. 2).

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