COUP DÉTAT DU 19 BRUMAIRE
accepté!-* de renverser la constitution de l’an 111 5 il se souvenait d’ailleurs des eiïorts inutiles qu’il avait faits pour introduire dans l’œuvre de Daunou quelques-unes de ses idées, entre autres celle d’un pouvoir conservateur. Il s’entendit bientôt avec Ilonnparte.
91. Le 18 brumaire an VIII (9 nov. 1799), on effraya le Conseil des Anciens en lui présentant comme imminente une tentative révolutionnaire des Jacobins. Le Conseil autorisa lu translation du corps législatif à Saint-Cloud et chargea Bonaparte d’y veiller ( 1). Deux directeurs donnèrent leur démission par faiblesse ; deux autres par connivence ; le cinquième fut mis en surveillance pour sa sûreté (2). Le 19 brumaire , la majorité des Cinq-cents , réunie dans l’orangerie de Saint-Cloud , essaya vainement de défendre la constitution de l’an III; les représentants furent dispersés par la force des baïonnettes. Les Conseils mutilés prononcèrent l’exclusion de soivunte-un députés et la suppression du Directoire, qu’ils remplacèrent provisoirement par une commission consulaire composée de Sièycs, de Roger-Ducos et de Bonaparte (3).
92. Faut-il expliquer la chute de la constitution de l’an III par ses défauts? Je ne saurais le croire. Aucune combinaison politique ne résiste à l’agression violente des partis ; aucune surtout ne remédie à l’indifféreficc de lu nation. Quand Bonaparte usurpa le pouvoir , les Français étaient tellement fatigués des discordes civiles qu’ils 11e songèrent même pas à défendre leur indépendance. Les royalistes espérèrent un Munck , quelques républicains un Was-
représenlé à l'aide de lignes et de figures géométriques. Depuis le triple ressort de gouvernement que Montesquieu avait imaginé, on n'avait rien découvert de plus ingénieux , mais aussi rien de plus contraire à la simplicité et aux vrais principes de la science politique.
(1) On lit dans une proclamation de Bonaparte, affichée le IR brumaire: « Cet état de choses ne. peut durer; avant trois ans, il nous mènerait au » despotisme. — Le lendemain il disait : * Sauvons la liberté, sauvons l'é- » galité. »
(2) Expression employée par Bonaparte, le 19 brumaire, devant le Conseil des Anciens.
(3) On voit que le coup d’élat fut seulement consommé le lfl brumaire ; cependant il a gardé dans l'histoire la date du jour précédent.