RÉVOLUTION DE JUILLET
dement, l’autre, sur le renouvellement quinquennal de la chambre. Elles prononçaient, il est vrai, la dissolution des députés, avant qu’ils ne se fussent réunis. Le parti libéral prétendit que c'était là casser les élections et non dissoudre la chambre ; que l’exercice de la prérogative de dissolution supposait une assemblée constituée , et ayant , par quelque vote, manifesté un système politique contraire à celui des ministres (1). Quoi qu’il soit de cette question, aujourd’hui dénuée d’intérêt, les ordonnances de juillet 1830 constituaient un véritable coup d’état, maladroitement lancé en pleine paix, sans nécessité aucune, au mépris de deux manifestations successives de l’opinion publique : il devait échouer.
153. Quarante-quatre journalistes donnèrent, par une énergique protestation, le signal de la résistance. Bientôt l’insurrection descendit dans la rue.; une multitude sans chefs , sans direction uniforme , remplit Paris de barricades, et s’empara successivement de l’ Hôtel-de-Ville , du Louvre et des Tuileries, chassant devant elle les Suisses et la garde royale.
1 54 . Pendant ce temps, les députés présents à Paris avaient rédigé une protestation. Quand ils virent le peuple maître de la capitale, ils chargèrent une commission composée de six d’entre eux de veiller à la sûreté publique, sous le titre de « commission municipale. » Mais, considérant sans doute que le gouvernement , môme provisoire , ne peut être coulié sûrement qu’à des mains princièrcs, ils résolurent de le remettre au duc d’Orléans, sous la désignation monarchique de « lieutenance générale du royaume. » « Il est urgent, por- » tait leur arrêté , de prier son altesse royale monseigneur « le duc d’Orléans de se rendre dans la capitale pour y » exercer les fonctions de lieutenant-général du royaume,
» et de lui exprimer le vœu de conserver les couleurs na- » tionales. »
155. Le duc d’Orléans accepta le pouvoir qüe lui offrait cette sorte de lettre d’invitation (2). 11 était connu depuis longtemps par scs liaisons avec des députés et des écrivains
(l) V. les protestations des journalistes et des députés (27 jtiill. 1830). (V Expression de M. Bérard. Souvenirs sur la Révol. rie 1830; p. 124.