‹ Théorie du droit constitutionnel français esprit des constitutions de 1848 et de 1852 et des sénatusconsultes organiques précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions francaisesChapitre 51 sur 567 · LIEUTENANCE GÉNÉRALE. G · texte numérisé non relu

LIEUTENANCE GÉNÉRALE. G

de l’opposition. C’était l’homme auquel devaient naturellement se rallier ceux qui craignaient par-dessus toutes choses la destruction des formes monarchiques, tempérées à l’aide des fictions anglaises. Par une nouvelle proclamation, les députés, dont le nombre augmentait tous les jours, promirent d’assurer, « par des loi s, toutes les garanties nécessaires » pour rendre la liberté forte et durable , » et de donner « à nos institutions, de concert avec le CHEF de l’état, » les développements dont elles avaient besoin. » I)u reste, aucun acte officiel n'exprimait la nécessité d établir une constitution nouvelle ou de réformer lu constitution antérieure. « La Charte sera une vérité, » s’écriait le lieutenant-général en prenant possession de sa magistrature quasi-royale. .

150. Lafayette commandait alors la garde nationale de Paris ; jouissant d’une immense popularité , il tint pendant quelques jours entre ses mains le sort de lu France. Son honnêteté politique inaltérable, qualité plus précieuse à mes yeux que la finesse des Talleyrand, lui défendait de favoriser jusqu’à l’apparence d’une guerre civile, après le triomphe de la légalité. Maison peut justement lui reprocher de n’avoir pas provoqué la formation d’une assemblée constituante, ni même prononcé le mot « constitution. » 11 se contenta de qualifier les députés de « représentants des collèges électo- » raux , honorés de l’assentiment de la France entière, » et de constater que les garanties de liberté et d’égalité devaient •> précéder la concession des pouvoirs définitifs que la « France jugerait à propos de conférer (1) »

157. Le gouvernement provisoire et les chambres s’attachèrent, avec un scrupule religieux , à observer les formes usitées. La dissolution prononcée le 25 juillet était nulle; on en conclut que l’ordonnance du 1(5 mai précédent, laquelle convoquait les chambres pour le 3 août, conservait sa force. Pour lever tous les doutas, un acte du lieutenantgénéral (2) vint confirmer la convocation. Les deux chambres se réunirent donc au jour indiqué. Le duc d’Orléans ouvrit la session par un discours où il protesta de son dé

(I) Proclamai, du 3! juill. IS30, insérée au Bulletin des lois, n“ in. (*2) Ordortn. du f,r août 1830, contre-signé* Cui/ot. ,

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