‹ Théorie du droit constitutionnel français esprit des constitutions de 1848 et de 1852 et des sénatusconsultes organiques précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions francaisesChapitre 550 sur 567 · EST- 11. RATIONNEL · texte numérisé non relu

EST- 11. RATIONNEL

il sage dans ce cas-là même de la réserver à un seul homme? Conviènt-il enfin de rendre héréditaire un pouvoir quelconque, et spécialement le pouvoir exécutif?

J'ai déjà traité ces divers points. M. Troplong, dans son volumineux rapport, n’a pas jugé nécessaire de faire cette analyse. Il dédaigne les rêves des idéologues. Selon le vieil usage, il établit un parallèle entre la république et la monarchie considérées comme deux êtres de raison , connus de tout le monde ; il se garde bien de dire quelle république jou quelle monarchie il a en \ue. Et cependant, comment appréciera-t-on la portée du plébiscite qui rétablit la dignité impériale, si l’on ne se forme pas tout d’abord une idée * précise de cette dignité? L’empereur, aux termes du plébiscite et du S.-C. de novembre 1852, a tout juste les mêmes pouvoirs qu’avait le président de la république. Si l’on s’attache à ce point de départ, on en conclura que la monarchie était déjà rétablie par la Constitution du 1-i janvier ; le plébiscite nouveau aurait pour but unique de lui donner un nom spécial et de la rendre héréditaire. Toute l’argumentation de M. Troplong se concentre en efiet sur la question d’hérédité.

Les adversaires du système qui fait transmettre l’autorité publique par voie de succession prennent l’héritier du pouvoir à son berceau , le suivent à travers les bégayements de l’enfance et les désordres de la jeunesse, jusqu’aux infirmités de la décrépitude. Ils le supposent frappé de démence ou de maladie, dominé par de r létcstables ilatteurs, par d’adultères maîtresses, par un confesseur hypocrite. « La » monarchie, réplique M. Troplong, n’a pas le privilège de » la perfection... Si le mal se glisse sur le trène, il no sc » fait craindre que par des périls viagers, inlermit-

» tents Le faible Louis \III a été suivi du grand

* Louis XIV. » D’ailleurs, l’incertitude qui accompagne l’élection comprime les capitaux, et les empêche de s’élancer « avec ardeur dans la voie des allaircs. » On pourrait objecter l’exemple des États-Unis : l’élan des capitaux n’y semble pas comprimé par le retour périodique du choix d’un président. Quant à Louis XIV, la reproduction de sa politique serait-elle bien propre à encourager les capitalistes? Sans parler des désordres de la Fronde, où les rivalités

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