‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 103 sur 498 · Donc, en définitive, la propriété est légitime. Qu’on · texte numérisé non relu

Donc, en définitive, la propriété est légitime. Qu’on

(I) Cli. Comte, Traité de la propriété, ch. ix et x.

(V Ch. Comte, Propriété, eli. i\ à xi.

Kl.

se récrie , si l’on veut , sur le bonheur de ceux qui ont recueilli , par succession, une grande quantité de travail accumulé; ce qui les dispense de travailler à autre chose qu’à la conservation de leur capital ; mais qu’on ne les accuse pas d’injustice : ils n’ont rien pris à personne; leur propriété n’est pas le résultat d’une usurpation (1).

323. Je vais rechercher, maintenant, jusqu’à quel point le principe de la propriété peut ou doit se combiner avec celui de l’égalité.

La question est importante. Si toutes les fortunes étaient égales, jamais il ne serait venu à l’esprit de personne d’attaquer la propriété. Comment soutenir, avec quelque apparence de raison, que l’homme peut subsister sans disposer des choses dans une certaine mesure? „

Constatons d’abord le fait actuel. L’inégalité des fortunes existe. Il y a quelques hommes très-riches, un plus grand nombre de gens aisés, une quantité encore plus considérable d’hommes qui ne subsistent que par leur travail. Un certain nombre ne vit que par le secours de la charité publique ou individuelle.

11 n’est point sur que les riches soient satisfaits de la somme de biens qu’ils possèdent; mais il est certain que les gens aisés aspirent au degré de fortune au-dessous duquel ils se trouvent immédiatement placés. Les pauvres , à leur tour, se plaignent de ne pas jouir au moins d’une honnête médiocrité. N!y aurait-il pas quelque moyen de donner à ceux-ci le bien-être, sans diminuer celui des autres?

32 i. Si l’on en croyait beaucoup de personnes, il faudrait voir la cause de l’inégale distribution des richesses dans l’esclavage antique, dans la conquête et dans l’établissement du régime féodal. Sans doute , l’attribution des domaines de plusieurs vaincus à un seul des vainqueurs produit une inégalité ; mais l’inverse peut avoir lieu : c’est-à-dire la

<l) On connaît la fameuse maxime: » La propriété c'est le vol. » Entendue à la lettre, elle offre une logomachie : si la propriété est rationnelle, elle n’est point un vol ; si elle est irrationnelle, il n'y a plus de vol possible. — On avait dit, avant M. Prondlion , « La propriété est un délit » (ilanifestedes (gaux, saisi lors de la conjuration de Rabcuf, et attribué à Sylvain Maréchal, art. C, no'.es). Là du moins, il n’y avait pas contradiction dans les termes.

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