Le texte de l’article V consacre évidemment la pre
mière obligation , et la consacre avec une réciprocité complète ; car, si la France entend faire respecter sa nationalité, elle entend par cela môme empêcher ses voisins d’entreprendre des guerres, dans le but de conquérir quelqu’une de ses provinces. •
Le texte consacre-t-il la seconde obligation? Oui, au moins en partie. Le mot « liberté, » opposé à « nationalité, » signifie ici liberté politique intérieure. La France s’interdit de substituer par force un gouvernement aristocratique à un gouvernement démocratique, et de paralyser la marche progressive d’un peuple vers la jouissance de sa souveraineté.
357. Mais la France s’interdit-elle d’employer ses forces pour renverser un gouvernement despotique ou aristocratique ? et , en général , renonce-t-elle à intervenir dans les affaires intérieures des peuples étrangers ?
La négative s’appuie, jusqu’à un certain point, sur les termes de la Constitution. Ils prohibent seulement les attaques contraires à la « liberté » ; ils commandent, il est vrai, le respect des nationalités; mais une intervention effectuée sans aucune vue de conquête laisse subsister intacte la na-