‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 126 sur 498 · ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL

rait des travaux qui ne sont pas l’objet de toute une catégorie d’entreprises particulières. Les déblaiements et les terrassements nécessaires aux voies de communication, aux fortifications et aux ponts sont susceptibles d’être confiés à des bras quelconques, sans altérer la production individuelle, II en est de même des défrichements de terres incultes appartenant à des particuliers qui ue peuvent les mettre en rapport, faute de capitaux. Une loi obligerait ces propriétaires à laisser défricher leurs fonds par l’État, sous la réserve du droit de participer aux produits. Lnfin on pourrait faire accomplir des travaux de toute sorte pour les établissements publics et surtout pour les hôpitaux : l'assistance com blerail elle-même le déficit pécuniaire qu’elle entraîne (1).

388. Les ouvriers employés par de simples capitalistes ont besoin d’étre stimulés et surveillés; on ne doit pas s’étonner si quelques sanctions pénales ou rémuuératoires sont nécessaires pour empêcher les ouvriers secourus par l’État de négliger leur tâche.

Une armée de cent mille hommes dénués de ressources serait dangereuse pour le maintien de l’ordre , d’autant mieux qu’au milieu d’une pareille agglomération les ouvriers honuêtes et timides sont presque sûrement entraînés par quelques meneurs fanatiques ou ambitieux. Il faut donc disséminer sur divers points de la République les ouvriers secourus, et surtout les éloigner des villes considérables.

389. On a prétendu que l'assistance par le travail public anéantirait U bienfaisance privée. Mais il est facile de s’assurer que cette bienfaisance s’exerce faiblement et avec répugnance au profit de personnes valides. Llie se dirige, avec raison, vers les individus incapables de travail. Si l’objection était sérieuse, l’État serait obligé de supprimer les

(1) M. Tlriers, tout en combattant le droit an travail, a indiqué le meilleur moyen de le réaliser : c’est de tenir en réserve certains travaux publics pour les époques où l’industrie privée laisserait les bras inoccupés. — Je ne tiens pas compte ici de l’objection tirée de la diversité des métiers et de la délicatesse de certaines industries. C’est une cruauté, s’écrient JIM. Tliiers, de Barattle et d’antres publicistes, que d'offrir une pioclie à qui maniait la navette ou le burin. Ils ne s'aperçoivent pas qu’ils changent complètement de rôle : une cruanté bien plus grande serait de refuser même une piorbe ( faute de mieux) à qui va mourir de faim.

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