‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 155 sur 498 · ÉLÉMENTS DES OPINIONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DES OPINIONS RELIGIEUSES

■— 504 à 507. Limitations. — 508. Égalité. — 509 à 544. Rapports dé l'Église et de l'État. — 512. Concordats. — 54 3. Appels comme d’abus. — 514. Salaires; disposition déplacée; —545 à 547, irrationnelle; — 518 à 523, doit être restreinte. — 524, 525. Dépenses générales et locales, pour cause de religion.

480. Jusqu’ici, les rédacteurs se sont surtout occupés de la liberté d’agir; ils vout maintenant arrêter leur attention sur la liberté de penser. Le principe général n’est toutefois posé que dans l’article suivant ; il ne s’agit d’abord que d’une application spéciale aux matières religieuses. L’importance qu’y attachent la plupart des hommes , le penchant naturel qu’ils ont à se les communiquer réciproquement, ont sans doute déterminé l’Assemblée constituante à consacrer, dans une disposition particulière, le principe de la tolérance.

481 . Quand on veut raisonner sur la religion en général, il faut négliger la signification vulgaire du mot, signification

3ui varie d’ailleurs avec les opinions répandues chez les iffôrcnts peuples : il faut s’élever au-dessus de toutes ces opinions et rechercher ce qu’elles ont de commun. On reconnaît ainsi qu’une religion consiste essentiellement dons une collection de propositions qui expliquent l’existence de l’univers. La plupart des systèmes religieux se grossissent, en outre, d’une série de propositions qui tracent des règles de conduite : les unes déterminent la manière de prier ou de remercier la puissance qui régit le monde; les autres règlent les rapports des hommes entre eux.

On voit que l’analyse des opinions religieuses y fait découvrir trois principaux éléments : le dogme , la liturgie et la morale, qui se change môme en législation, dans les pays où les prêtres possèdent l’autorité gouvernementale. Le dogme qui résout, sans démonstration, le problème de l’existence du monde est le seul élément nécessaire ; le culte ou l’ensemble des cérémonies religieuses est le complément naturel du dogme, bien que l’on puisse concevoir une croyance dépouillée de manifestation solennelle ; les préceptes de conduite étrangers à la prière ne sont autre chose que les ordres de la puissance surnaturelle dont l’existence est proclamée par la religion ; ils supposent une révélation distincte et indépendante du dogme. Aussi conçoit-on une croyance religieuse isolée, de la morale et de la législation.

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