‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 206 sur 498 · ASSOCIATIONS. — MONTS-DE-PIÉTÉ · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS. — MONTS-DE-PIÉTÉ

banques, comptoirs et autres établissements que l’État entretient pour prêter de l’argent , favorisent le mouvement du capital , mais ne les font pas surgir là où il n’cxisle pas. Ils ne sont pas, en général, destinés à secourir les classes pauvres. — A l’égard des associations , par cela même qu’on les suppose * volontaires >-, ce n’est pas l’État qui les forme; ainsi la rédaction du texte est vicieuse. On a voulu dire que l’État doit faciliter la formation des sociétés volontaires ; ce qui est possible, en offrant des points de réunion aux ouvriers qui désirent s’associer et en les avertissant par les moyens de publicité dont l’État dispose. S’il s’agit de leur, prêter de l’argent, je ne vois pas trop pourquoi l’État le ferait plutôt au profit des associations que des individus ; à moins que le nombre des emprunteurs ne paraisse par luimême une garantie. Si l’État avait des capitaux sans emploi, il ferait mieux de payer sa dette ou de diminuer les impôts, que de spéculer sur l’industrie, ou d’aider gratuitement quelques individus à spéculer (1).

637. Les moyens directs que le texte fournit pour améliorer le sort des travailleurs se réduisent à trois : l 'égalité ou plutôt l’égalisation des rapports entre les patrons et les ouvriers ; les institutions de prévoyance et l’assistance à titre de salaire ou à titre de secours. 11 faut y joindre la gratuité de l’enseignement primaire, et les institutions de crédit gratuit.

Les établissements de prêt à intérêt sur gage , tels que les monts-de-piété, peuvent être fort secourables aux ouvriers qui manquent d’argent, pendant le temps du chômage; mais il faut pour cela que l’intérêt n’en soit pas exorbitant : il est évidemment contradictoire d’assigner en principe un maximum au prix de l’argent, et d’exiger un intérêt beaucoup plus élevé des malheureux qui apportent en gage leurs meubles les plus nécessaires. Peu importe

(I) M. Tliiers (propriété) réfute brillamment le système des associations fonctionnant avec l’aide pécuniaire de l’État. Néanmoins, il ne faudrait pas considérer le principe de i'associalion comme faux. Si l’on envisage plusieurs hommes également éclairés , et possédant entre eux tous un certain capital , ils feront toujours mieux de travailler en commun que de se subordonner à la direction despotique de l’un d'eux .

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