‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 25 sur 498 · RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION DE

« avantages qu’ils ont dans l’État.... Le corps des noble*

» doit être héréditaire ; il faut qu’il ait un très-grand in*

» térét à défendre ses prérogatives , admises par elles-

» mêmes » C’est comme si l’on disait qu’un maître trouve

la servitude dans l’alfranchissement de son esclave. Si un peuple a résolu d’établir ou de conserver chez lui des droits féodaux, des prérogatives nobiliaires, des privilèges héréditaires quelconques, le meilleur moyen de les consolider est sans doute de conférer à la noblesse un droit d’empêchement législatif contre toute innovation démocratique. Mais faut-il créer des privilèges? Faut-il, du moins, maintenir a jamais les privilèges existants? Le baron de Montesquieu ne s’est pas inquiété de cette question. Pour lui, comme pour M. Guizot (1), un fait suffisamment constaté constitue un droit.

75. Il me suffit, pour atteindre le but de cet ouvrage, d’avoir signalé les vices fondamentaux de la vieille constitution française. Je me dispenserai d’essayer le dénombrement des abus qui ont contribué à faire éclater la révolution de 1789. C’est à l’histoire de raconter les entraves dont étaient entourées lu liberté de conscience, la liberté de la presse, la liberté individuelle et la liberté du commerce. J’aurai, d’ailleurs, occasion d’y revenir.

La révolution était déjà faite dans les esprits longtemps avant 1789. Un déficit financier, que la noblesse et le clergé pouvaient, mais ne voulurent pas (2) combler par quelques sacrifices pécuniaires, obligea de recourir aux état9-généraux. Le despotisme royal s’était dispensé de les convoquer pendant 175 ans, de 1914 à 1789. 11 aurait pu, sans doute, dans un si long intervalle, régler leur organisation d’une manière conforme à ses intérêts. S’il l’eût fait, la France serait peut-être encore aujourd’hui dans la situation de l'Angleterre. Trop de lenteur à faire des concessions inévitables permit à l’opinion publique de s’éclairer; ses progrès furent tels, surtout depuis la révolution anglo-

(1) V. son discours en faveur de l'hérédité de la pairie (1631).

(2) En 1790, lorsqu’on eut proposé d'employer aux besoins de l’État les biens ecclésiastiques, le clergé offrit, pour les conserver, un prêt de *00 millions { il était trop tard. V. M. Mignet, cb. tu.

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