‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 57 sur 498 · LOI ÉLECTOBALB; .ADJONCTION DES CAPACITÉS · texte numérisé non relu

LOI ÉLECTOBALB; .ADJONCTION DES CAPACITÉS

électoral blessait encore, bien qu’à un degré moindre, les gardes nationaux, obligés de maintenir l’ordre public ou détriment de leurs affaires privées. : ils supportaient les charges de la société, sans participer à l’exercice des droits politiques.

•174. Des tentatives presque annuelles furent laites, dans la dernière moitié du règne de Louis- Philippe , pour élargir le cercle du privilège électoral. Elles furent impitoyablement repoussées. Enfin* M. Guizot laissa échapper une sorte de promesse de réforme, sans doute fort restreinte; mais il était trop tard. Le refus constant d’admettre les capacités non censitaires au droit de suffrage est, pour moi, la preuve la plus certaine que le parti doctrinaire ne reconnaissait pas 1a souveraineté du peuple. En effet, un droit étant supposé appartenir à une personne , quel aulre prétexte pourrait-on imaginer que le défaut d’intelligence pour empêcher cette personne d’exercer son droit ? L’on convient que la masse a le droit d’administrer ses affaires par des délégués, ou, en d’autres termes, d’élire des députés. Ce droit appartient à chacun des individus dont se compose la masse , sous la seule réserve de l’aptitude nécessaire pour fpire le choix d’un délégué. Or de quel front soutenir que cette aptitude manque aux hommes qui ont subi toutes les épreuves requises par la loi pour aspirer aux fonctions de juge, à la profession de médecin ou d’avocat? Est-il donc plus facile de guérir une maladie dangereuse, de juger ou de plaider un procès compliqué, que de désigner un représentant? M. Guizot . poussait-il la modestie jusqu’à faire résulter sa propre supériorité d’un cens de mille francs, plutôt que de sa haute intelligence et de sa profonde érudition ?

175. Plusieurs causes ont concouru à. paralyser, depuis la loi électorale de 1831 jusqu’en 1848, l’émancipation politique de la France , et à faire triompher pendant ce loug intervalle le système rétrograde ou du moins stationnaire, que ses propres partisans ont qualifié de système du « juste milieu. » Et d’abord l’influence de l’Empire et de la Restauration a nécessairement survécu à leur chute. Des idées, quelles qu’elles soient, ne régnent pas pendant trente années consécutives sans laisser des traces de leur passage. Elles façonnent les habitudes, impriment aux intérêts une

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