LOIS DE SEPTEMBRE
certaine direction, modifient l’éducation de la jeunesse , et forment des générations nouvelles presque étrangères ou
hostiles aux idées opposées.
170. Les insurrections fréquentes du parti républicain dans les premières années de Louis -Philippe, les tentatives d’assassinat dirigées contre sa personne, tournèrent également au profit de ses théories gouvernementales. On avait vu, sous la Restauration , le meurtre du duc de Berry amener la censure et la loi du double vote. On vit, sous Louis- Philippe, l’attentat de Fieschi servir de prétexte aux lois de septembre. On dirait qu’aux yeux de certains partisans de la monarchie, la suppression totale ou partielle des droits de suffrage, du jury ou de la liberté d'imprimer un journal soit une barrière assurée contre les coups du fanatisme. Il suffirait cependant de consulter l’histoire pour reconnaître qu’il y a eu des assassinats politiques à des époques où il n’existait ni jury, ni liberté d’imprimer, ni collèges électoraux.
177. Une troisième cause, ou plulèt un troisième moyeu de succès pour le gouvernement de Louis-Philippe, fut la corruption politique, déjà pratiquée sous le ministère Yillèle. La centralisation administrative et la nomination universelle aux emplois avaient été fondées, à tort ou a raison, sur la nécessité de rendre sérieuse la responsabilité ministérielle et d’assurer l’exécution des lois jusque dans les moindres localités. On leur donna pour but final la formation d’une majorité parlementaire favorable au pouvoir. Les autorisations de jeter des ponts ou d’ouvrir des routes, refusées aux arrondissements qui se faisaient représenter dans l’opposition, étaient mises à la discrétion des députés ministériels. On vit des fonctionnaires destitués pour avoir voté avec la minorité de la chambre; on vit des députés de l’opposition récompensés pour avoir passé ostensiblement au ministère. Un député dévoué au pouvoir ne se bornait pas à se placer lui-même : il plaçait ses fils, ses gendres, ses cousins. La décoration de la Légion d’honneur, instituée pour récompenser les services éminents , devint une prime alfeclée aux services électoraux .
Un dévouement acheté par la corruption n’est jamais bien solide. D’ailleurs, pour un partisan que procurent de pareils movens, ils font vingt mécontents. On ne doit pas