‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 59 sur 498 · RÉVOLUTION DE FÉVRIER · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION DE FÉVRIER

être Fort surpris si la monarchie constitutionnelle de Louis- Philippe a trouvé peu de défenseurs , et si un coup de main a suffi pour l'abattre. La corruption expose d'ailleurs le gouvernement qui l’emploie au danger de compter sur des forces factices et de ne pouvoir mesurer ses forces réelles. •

■178. Vers la fin de l’année 1847 , les différentes nuances de l’opposition imaginèrent de proclamer leurs vœux de réforme dans des banquets politiques. Ce mode de manifestation fut pratiqué dans un assez grand nombre de départements. On tenta bientôt de le mettre en œuvre ù Paris. # Une commission invita, au nom du douzième arrondissement, les principaux députés de l’opposition à se réunir le 22 février 1848, aux Champs-Élysées. Elle engagea les gardes nationaux à se rendre sans armes au banquet. Le gouvernement était d’abord disposé h laisser faire, se réservant de constater la réunion et d’en soumettre la légalité à la justice. Il s’émut de l’appel adressé aux gardes nationaux ; il y vit la violation flagrante de la loi qui déclare délit contre la chose publique toute délibération prise par la garde nationale sur les affaires de l’Ëtat. En vertu de ce prétexte, les ministres défendirent le banquet. « Vous n’a- >• vez pas voulu de l’ordre avec et par la liberté, leur dit » alors M. Odilon Barrot; subissez-en les conséquences (4). « Menace prophétique, dont l’orateur lui-méme ne croyait pas sans doute la réalisation si prochaine.

479. Le jour où devait avoir lieu le banquet défendu, une effervescence instantanée se manifesta; de nombreux rassemblements parcoururent Paris. Les cris : « Vive la Ré- * forme! à bas Guizot! n se firent entendre. Le ministère, enfin convaincu que l’opinion publique lui était hostile, donna sa démission. M. Molé fut mis à la tête d’un nouveau cabinet où figuraient les noms de MM. Dufaùre, Vivien, Passy et Tocqueville. Cette révolution ministérielle fut publiée le 23 février vers quatre heures de l’après-midi. Accomplie quelques heures plus tôt, elle sauvait peut-être la dynastie d’Orléans. A ce moment même, elle semblait devoir satisfaire la majorité de la garde nationale, qui, par

(I) Séanre du ît lévrier 1848. •

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