RÉVOLUTION DE FÉVRIER
ses cris de :« Vive la Réforme! .» avait contraint les troupes de ligne à la neutralité et paralysé les efforts de la garde municipale.
180. Lç parti républicain commençait à reconnaître que l’agitation était plus grave qu’il n’avait osé l’espérer. 11 sentait qu’il ne retrouverait peut-être pas de longtemps une occasion aussi favorable,, surtout si le gouvernement, mieux inspiré, entrait enfin dans la voie des réformes et faisait cesser une partie des causes du mécontentement général. L’action fut engagé^, soit par l'effet du hasard, soit par la préméditation d’un républicain dévoué, auprès de l’hôtel des affaires étrangères, résidence de M. Guizot, et, comme tel, centre principal de l’agitation. Une vive fusillade fit assez de victimes pour rendre à l’insurrection toutes ses forces. Le tocsin fut sonné dans la nuit du 23 au 24 février , et bientôt le peuple entra uôe fois encore aux Tuileries. L’approbation, au moins tacite, de la garde nationale, avait démoralisé les troupes.
181. La monarchie constitutionnelle essaya vainement d’arrêter sa chute en opposant au coup dont elle était menacée la popularité de M. Odilon Barrot. Deux heures après, Louis-Philippe s’était enfui. On essaya de conserver du moins la couronne à son petit-fijs , en conférant , malgré la loi, la régence à la duchesse d’Orléans. Les chambres auraient sans doute accepté cette transaction. Mais une multitude armée vint envahir le palais des députés. Les défenseurs de la royajité doctrinaire ne voulurent point mourir sur leurs chaises curules. La plupart se retirèrent; quelques députés républicains restèrent seuls avec les combattants, c’est-à-dire avec ceux des combattants qui avaient pu pénétrer dans la chambre.
182. 11 se fit alors une délibération assez étrange, dans le but de constituer un gouvernement provisoire. Au milieu du tumulte et des cris, des noms étaient jetés à la foule qui les saluait de marques bruyantes d’improbation ou d’assentiment. Sept députés (1) furent Tevôtus d’une dictature à®
(1) MM. Dupont de l’Epre, Arago, Lamartine, Ledru-Rollin , Garnier- Pagès, Marie etCrémieux. ArriTésà l’Hôtel-de-Yille, ils prirent pour secrétaires MM. A. Marrast, Louis Blanc, Flocon, Albert et Pagnerre; mais les