ANTÉRIORITÉ DU DROIT NATUREL
Hs exercent une action réciproque les uns sur les autres. Ainsi les phénomènes sociaux sont aussi anciens que la société, et la possibilité d’en déduire des règles de conduite a existé dès que les phénomènes se sont produits (1).
251. Mais de ce qu’une cause engendre constamment les mêmes effets, s’ensuit-il nécessairement qu’elle ait été observée et décrite? De ce qu’il est possible, une fois que la liaison entre la cause et les effets est bien connue, d’en tirer des règles de conduite , s’ensuit-il que ces règles aient été aussitôt déduites et formulées? Non , assurément. C’est donc une idée fausse, bien qu’ universellement répandue (2), que celle qui considère les lois naturelles comme gravées dans tous les cœurs , ét la morale comme ayant partout et toujours été la môme. « Les lois qui régissent les plantes et les corps célestes, » dit Ch. Comte, sont aussi anciennes, aussi invariables que » celles suivant lesquelles un peuple prospère ou dépérit... » Mais fant-îl dire, pour cela, que les lois astronomiques » sont celles que Dieu a promulguées au genre humain par » la droite raison? Faut-il en conclure que la raison éter- » nelle a gravé dans tous les cœurs la connaissance de la bo- » tanique ? »
" Il y a des phénomènes simples qui se renouvellent fréquemment et à notre portée , ou produisent sur nos sens des impressions fort vives. Ils sont promptement connus de tout lé mondé. Les plus jeunes enfants ne tardent pas à apprendre qüe le feu brûle. En revanche, les propriétés du calorïqûe, de la vapeur, et leurs applications, ont été fort récemment décétivertes , et sont ignorées de ceux qui n’ont pas spécialement étudié la physique. Pareillement les hommes ont dû s’apercevoir de bonne heure que le meurtre est un acte nuisible ; mais les raffinements de la morale , ses distinctions et ses nuances les plus délicates , sont inconnus , même aujourd’hui , de ceux qui n’ont pas un certain degré — . • - . - Ul i