‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 84 sur 498 · V. ' ■ i : n /iK.-j. ■ . • ■ - • . - - • .• ;i · texte numérisé non relu

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(1) Montesquieu remonte encore plus haut : « Avant qa’il y eût des (‘1res » Intelligents, ils étaient possibles; ils avaient donc des rapports possibles, » et par Conséquent des lois possibles» {Esprit des lois, liv. I, ch. l). J’aTone que cette possibilité d’existence, qui précède l’existence, me parait un pur résultat de l’imagination : il n’y a aucune conséquence positive à en tirer, (î) Elle parait avoir été partagée par Voltaire

d’éducation (1). C’est cécemment, je l’ai déjà fait voir, que la méthode expérimentale et la distinction entre l’art et la science ont été appliquées en matière de morale et de droit naturel.

Le préjugé suivant lequel les lois naturelles et les préceptes de la morale sont gravés dans tous les cœurs, est au fond une branche de l’opinion qui admet des idées innées (2). Ceux qui le partagent doivent trouver bien superflus les volumineux traités qu’on a publiés sur le droit naturel , et bien bizarres les innombrables contradictions dont ils sont pleins.

252. La troisième question, si le droit naturel e supérieur au droit positif, se résout par une distinction analogue .

L’homme ne peut modifier la nature des choses; sa volonté peut bien, dans certaines limites, changer la distribution des causes, mais non empêcher la génération des effets. Il est libre , par exemple , de s’abstenir de prendre des aliments ou de se nourrir de substances vénéneuses ; mais il ne saurait empêcher que la mort en résulte. 11 est libre d’abandonner ses enfants ; il ne saurait empêcher les maux auxquels l’abandon les exposera (3). Les gouvernements n’ont pas, sous ce rapport, plus de puissance que les individus.

La nature des choses une fois bien connue, il existe évidemment, entre les diverses combinaisons pratiques dont le choix appartient à la liberté humaine, un système de conduite plus propre que tous les autres à procurer la plus grande somme de bonheur possible. Les règles en lesquelles s’analyse ce système constituent la vraie morale , le vrai droit naturel.

II ne dépend ni des gouvernements, ni des individus, défaire qu’un autre système soit préférable , puisque celui-là est le meilleur, par hypothèse ; s’ils s’en écartent, ils causeront plus ou moins de mal.

253. On peut donc affirmer que le droit naturel est supérieur au droit positif, si l’on entend par ■■ droit naturel » une collection de règles idéales, renfermant la quintessence de la sagesse. Mais ces règles, où sont-elles? Le raisonne-

(1) V. Destutt de Tracy, Mémoire sur les moyens de fonder la morale d’itn peuple, ch. rv (à la suite du Comment, sur l'Esprit des lois).

(X) Il faut se borner à dire que l'homme et les animaux ont naturellement des facultés, des penchants-ct des instincts qui varient avec leur organisation.

(3) V. Ch. Comte, liv. I", ch. v.

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