Lorsque le degré d’importance de l’organe est
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exactement contre-balancé par celui de la modification. Ainsi, si je compare la valeur du premier des organes, savoir : l’embryon, considéré sous le point de vue le moins essentiel de tous, qui sont ses qualités sensibles ; et si je compare ce caractère avec celui qui serait du dernier rang des organes de la fructification , qui est le nectaire, considéré sous le point de vue le plus important, qui est son existence, j’aurai deux résultats analogues d’après la théorie, et ce me semble aussi d’après la pratique.
§. 142. Quoique cette loi paraisse rigoureuse en théorie, il arrive souvent, dans l’application, que tel caractère qui paraît 11’avoir qu’une faible valeur dans presque tous les cas, se trouve en acquérir une très-considérable dans u 11 système donné d’organisation ; mais c’est qu’alors ce caractère est l’indice apparent d’un caractère essentiel qui nous est inconnu dans l’état actuel de la science : un exempte éclaircira ici mon idée. Le caractère de l’intégrité des feuilles est de médiocre importance , d’après nos principes, et aussi d’après le nombre considérable d’exceptions qu’il présente dans la pratique ; cependant, si on l’applique aux Graminées et aux Rubiacées, par exemple, on voit qu’il acquiert un grand degré de fixité. Quant aux Graminées, nous en voyons la cause, c’est qu’il est déterminé par la position des fibres de la feuille, et que par conséquent il s’élève beaucoup dans la hiérarchie des modifications ; dans les Rubiacées, nous ne voyons pas encore clairement à quelle circonstance de la structure anatomique tient l’intégrité de la feuille, et ce 11’est que par l’observation de la constance de ce caractère, et non par la théorie , que nous pouvons juger sa valeur. Nous concevons donc que l’etat imparfait des connaissances anato-
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iniques nous empêche , dans un grand nombre de cas , d’appliquer les lois générales de la Taxonomie ; voyons si nos principes mêmes ne nous fourniront par quelques règles générales applicables à ces cas ambigus.
§. i43. A cet égard , on doit reconnaître , en général, que , dans un système donné d’organisation , chaque caractère diminue ou augmente de valeur selon que,
i.° L’organe auquel il s’applique est plus ou moins susceptible d’être altéré par des avortemens (*) , des dégénérescences ou des adhérences particulières;
2.0 Que la modification sous laquelle on considère un organe, est plus ou moins susceptible de varier en intensité d’après la disposition générale; ainsi, dans tel cas, la disposition respective des organes détermine leur grandeur ; ailleurs , elle ne la détermine pas, et a par conséquent moins de valeur; ainsi, par exemple, dans une fleur en grelot, les étamines sont généralement plus courtes que la corolle , et renfermées , tandis que dans une corolle étalée, les étamines peuvent facilement s’allonger; donc la longueur et l’exsertion des étamines sera un caractère plus important dans une fleur en grelot que dans une autre.
§. 144. Rien n’est aussi important pour le perfectionnement de la méthode naturelle, que de savoir démêler quels sont, dans chaque groupe, les caractères qui méritent le plus de confiance ; c’est là le but essen-
(*) M. de Cassini a fait observer avec beaucoup de raison combien lesavortemens des étamines influentsur la forme de la corolle, et comment, parconséquent , il est des cas où l’importance de certaines formes de la corolle ou des parties de la corolle, est plus grande que dans d’autres
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tiel auquel tous les classificateurs doivent tendre. Indépendamment des règles générales que je viens d’exposer , il est quelques considérations plus particulières, et dont la pratique démontre chaque jour l’utilité.
1. ° Lorsque dans un groupe on remarque certaines plantes qui se ressemblent beaucoup par le port, et qui diffèrent par un caractère isolé, mais bien marqué, on doit en conclure que, dans ce groupe, ce caractère a moins de valeur que dans la généralité des végétaux; ainsi, par exemple, la moitié des Saxifrages a l’ovaire adhérent, et l’autre moitié a l’ovaire libre ; et comme ces plantes ont d’ailleurs entr’elles une analogie absolue, j’en conclus que l’adhérence du calice avec l’ovaire a moins d’importance dans les Saxifrages que dans le reste du règne végétal.
2. ° Lorsque par suite des monstruosités diverses, certaines espèces présentent des changemensfréqnens dans la forme d’un certain organe, on doit en conclure que la forme de cet organe peut bien varier aussi d’espèce à espèce, sans entraîner avec elle des différences importantes ; ainsi, par exemple, plusieurs Renonculacées varient quant à la forme de leurs pétales, d’où je conclus que dans ces plantes ce caractère a moins de valeur qu’à l’ordinaire.