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tifs analogues aux noms de genres , et qui se diviseront en variétés désignées comme les espèces ordinaires. Ainsi, par exemple, l’espèce de la vigne vinifère est pour les agriculteurs une famille, et eux-mêmes ont déjà pris l’habitude de parler des Muscats ou des Chasselas sous un nom collectif et substantif, en ajoutant ensuite une épithète pour désigner chaque variété de muscat ou de chasselas; on obtient ainsi deux avantages précieux; le premier est celui de la brièveté; le deuxième c’est de faire comprendre, par le langage même, le rang de chaque variété dans la classification méthodique, et ses rapports avec les variétés voisines. Cette méthode suppose que les variétés des plantes cultivées sont classées en groupes naturels; ce travail est loin d’être fait : on le commence à peine; mais il est d’une haute importance, et mérite toute l’attention des cultivateurs instruits. Quelques essais heureux , faits par MM. Duchêne, Vilmorin, Dunal, Audibert, etc. , font concevoir sa possibilité et son utilité.
Art. 5. Conclusion.
§. 234. Tout cet échafaudage de la nomenclature botanique pécherait par la base, et s’écroulerait inévitablement, si l’universalité des Naturalistes ne reconnaissaient pas le principe dont j’ai parlé , savoir , la nécessité d’admettre le nom donné par l’inventeur à une plante, toutes les fois que ce nom est conforme aux règles. Un nom ne doit point être changé , parce qu’il est peu significatif; car on pourra de même supprimer le second, si on en trouve un troisième meilleur, et le troisième , s’il s’en présente un quatrième, etc. ; dès-lors il n’y a plus de fixité dans la nomenclature, ou
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plutôt il n’y a plus de nomenclature scientifique. L’auteur même qui a le premier établi un nom, 11’a pas plus qu’un autre le droit de le changer pour simple cause d’impropriété. Ainsi M. Viviani n’aurait point dû changer le nom de son Genista genuensis en Genista scarïosci , lors même que ce dernier eût été en luimême préférable, et les auteurs subséquens ont tous adopté la première dénomination. La priorité, en effet, est un terme fixe, positif, qui n’admet rien, ni d’arbitraire, ni de partial ; on doit donc admettre toujours le nom le plus ancien , excepté dans les cas suivans :
i.° Si le nom donné par le premier inventeur est faux , c’est-à-dire , s’il implique contradiction directe avec un des caractères de la plante, par exemple, Lunaria annua.
2.0 Si ce nom n’est pas dans les formes prescrites par les lois de la nomexrclalure Linnéenne; ainsi tous les noms antérieurs à Linné, tous les noms vulgaires , tous les noms des voyageurs qui ne sont pas naturalistes , ne doivent point être admis dans la nomenclature systématique; mais alors, si on est dans le cas de fabriquer un nouveau mot, on doit se rapprocher, autant que possible, de celui qu’on supprime, afin de le rappeler.
3.° Si le nom donné par l’inventeur se trouve déjà employé pour désigner un autre être , soit dans le règne animal, soit surtout dans le règne végétal.
4-° Si l’on reconnaît qu’une plante classée jusqu’ici dans un certain genre , n’a pas les caractères de ce genre et doit entrer dans un autre, on change son nom générique; mais on doit conserver son nom spécifique, à moins que dans le nouveau genre où 011 l’introduit, ce nom ne soit déjà employé, ou si on a fait un genre nouveau , que ce nom ait servi à le désigner.