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la végétation : la Flore de Provence par M. Gérard , la Flore Française, celle de la Nouvelle-Hollande par M. B. Brown, et les nouveaux genres d’Amérique de MM. de Humboltd, Bonpland et Kunth, sont encore les seules qui remplissent cette indication. Dans la descnption d e chaque plante doivent se trouver lesobjetssuivans :
i.» Le nom et le caractère spécifique : ces deux articles doivent être en latin, lors même que le reste de l’ouvrage serait en langue vulgaire ; la phrase spécifique ne peut être copiée que lorsqu’elle a été très-rigoureusement vérifiée, et il est toujours préférable de la rédiger soi-même d’après la plante qu’on a sous les yeux : les phrases de Haller peuvent encore servir de
modèle.
2.0 La synonymie d’une Flore doit, ce me semble , être réduite à celle du botaniste dont on adopte la nomenclature, et de celui qui en a donné la meilleure figure; mais on y doit trouver en outre la synonymie exacte des auteurs qui ont écrit sur le même pays que celui dont on s’occupe. Ainsi, la Flore de 1 Allemagne doit présenter tous les synonymes des Floristes allemands; la Flore de la Prusse , qui fait partie de l’Allemagne, doit offrir seulement les synonymes de tous les auteurs qui ont écrit sur la Prusse, etc. Le choix des synonymes de la Flore Britannique de Smith, peut, à cet égard,* comme à plusieurs autres, servir
d’exemple,
3.° A la synonymie savante , le Floriste doit joindie la note des noms vulgaires et même patois , que chaque plante porte dans le pays dont il s’occupe , et indiquer même, lorsqu’il s'agit d’un pays étendu, les heux ou les provinces dans lesquelles chaque nom est en vigueur- La Flore de Montpellier par Gouan , celle de Silésie.
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par Mattuschka, remplissent, par exemple, cette indication trop négligée en général.
Une description suffisante pour faire distinguer la plante; celles de Pollicb, de Schrader, de Smith et de Desfontaines , sont au nombre des meilleures qu’on puisse citer.
5. ° Une indication détaillée des variétés que la plante présente, non pas en général, mais dans le pays; la Flore de Suisse par Haller est encore ici un modèle; celle de Villars doit lui être associée.
6. ° D’énumération des stations et des lieux divers dans lesquels la plante a été trouvée : ces localités doivent être données en détail, quand la plante est fort rare; lorsqu’elle est commune , on doit surtout indiquer ses limites , comme Michaux l’a fait dans sa Flore des États-Unis d’Amérique; lorsqu’il s’agit d’un pays montueux, noter les hauteurs absolues entre lesquelles elle croît. La manière dont les patries sont indiquées dans les Plantes Équinoxiales de Humboltd et Bonpland , et dans les ouvrages de Wahlemberg, peut ici servir de guide. La méthode de Pollich , qui indiquait pour chaque plante celles avec lesquelles elle a coutume de croître, est aussi fort recommandable. Dans la Flore d’un petit pays , on ne doit point admettre de plantes sans les avoir trouvées soi-même; dans celle d’un grand pays, on est obligé d’en admettre sur l’autorité d’autrui , et alors on doit le noter avec soin.
7.0 Enfin, une Flore doit contenir, non pas tous les usages des plantes, mais l’exposition des usages locaux auxquels elle est employée par les habitans. Halier et Allioni ont donné dans leurs Flores d’excellens articles sur les usages médicaux des plantes, mais ils ne se sont pas assez pénétrés qu’une Flore est un ouvrage local , et
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ne doit contenir que ce qui est propre au pays qu’on décrit. La Flore de Laponie par Linné , est celle qui présente le meilleur exemple* à *imiier a cet égard, comme à plusieurs autres.
Nous n’avons encore aucune Flore qui remplisse à-lafois toutes les indications que je viens d’énoncer; mais la juste réputation de celles que j’ai citées pour modèle dans chaque partie, peut faire présumer de l’intérêt que présentera celle qui saura réunir leurs mérites divers.
§. 253. On se dispense souvent dans les Flores d’indiquer les plantes les plus généralement cultivées, et quelques auteurs ont même fait un précepte de cette omission. J’avoue que je ne partage point une telle opinion, qui tend à exclure des Flores les plantes qui couvrent quelquefois la surface entière du pays. Si on considèie les Flores comme des ouvrages élémentaires , on est forcé de convenir que les plantes cultivées , sont les premières qui se présentent à notre éludé , et dont on désire trouver les noms et les caractères* Si une Floie est considérée comme une statistique végétale , ne doiton pas y trouver les végétaux les plus nombreux en individus, et sur lesquels 1 agriculture se fonde ? Si 1 on pense que la Botanique peut avoir une miiueuce sur 1 agriculture , pourquoi l’en séparer par cette bizaire omission? Sans doute, lorsqu’on insère dans une Flore une plante cultivée, il faut indiquer quelle n’est pas spontanée; sans doute, il ne faut pas exagérer cette licence et y introduire toutes les plantes des jardins d’orneniens ; mais il ne faut pas non plus pêcher par 1 excès opposé, et autoriser, par un pareil exemple, ceux qui doutent de l’utilité de la Botanique. Que je supprime l’olivier de la Flore de Provence, ouïe trèfle de celle du
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Palatinat , et il me sera impossible de peindre l’aspect général de la végétation de ces pays ! Que penseraiton d’un économiste qui, voulant donner le dénombrement des habitans d’un pays , refuserait d’y insérer ceux qui sont naturalisés depuis une longue suite de siècles , et qui y remplissent les fonctions les plus uiiles c* Naffectons point de vouer la science à l’inutilité, et insérons dans les Flores, avec plus de soin
qu’on ne l’a fait, les végétaux qui se cultivent généralement.
Art. 5. Des Jardins .
§. 254. Les anciens donnaient souvent aux Flores le nom de Jardins, comme on le voit par les exemples de XHortus malabaricus , de YHortus Amboinen sis , etc. ; mais maintenant , 011 a coutume de désigner sous le j n o m de Jiz? dins (HortQ, trois sortes d’ouvrages fort différens : les uns sont de simples catalogues de plantes cultivées dans tel ou tel jardin ; ces catalogues sont, ou rangés d’après un ordre méthodique, ou en ordre alphabétique; ils servent essentiellement à faciliter la correspondance des Jardins entr’eux, et n’ont pas pour la science une grande importance; ils peuvent servir à reconnaître l’origine dej’introduction des plantes en Europe , surtout lorsque, comme dans ceux de Cambrigde et de Kew, on a soin d’y noter l’époque et le mode de l’arrivée des plantes.
Il est d’autres catalogues de jardins, dans lesquels on insère les phrases spécifiques et quelquefois de comtes descriptions des plantes. Ces sortes d’ouvrages sont des abrégés des Species ; ils peuvent servir pour l’usage des élèves qui fréquentent tel ou tel Jardin , mais ils ne servent à la science, qu’autant qu’on y a
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inséré quelques Monographies. Dans ce genre de livres, on doit distinguer 1* Hortus Cliffo rtianus de Linné, qui est remarquable par la synonymie , et V Hortus Monspeliensis de Gouan, qui se distingue en ce qu’il est le premier ouvrage où, à la suite des caractères génériques déduits des organes fructificateurs, on ait indiqué un caractère accessoire tiré de ceux de la végétation.
Enfin , dans une troisième sorte d’ouvrages qu'on nomme aussi Jardins, on néglige de donner l’énumération de toutes les plantes d’un jardin, mais on choisit celles qui sont inconnues ou mal décrites, pour en donner la description et la figure; ce sont des recueils de Monographies d’espèces : tels sont 1* Hortus Eltliamensis de Dilîenius , Y Hortus Vindobonensis et Y Hortus SchœnbruTiensis de Jacquin , le Jardin de Cels , et celui delà Malmaison par Ventenat. Dans ces ouvrages, on ne doit décrire que des plantes vivantes, et ne pas se permettre d’y insérer des plantes dessinées en tout ou en partie d’après le sec, ou d’après des figures déjà publiées, comme l’a fait Ventenat pour T Eupatorium ayapana , pour les fleurs du Dionœa muscipula , etc.; on ne doit y admettre que des plantes ou inconnues, ou dont il n’existe pas de figures.
Art. 4* Des Ouvrages généraux.
§. 255. Les Monographies, les Flores, les Jardins
et les Recueils d’observations (qu’on ne peut soumettre à aucune règle), sont les matériaux avec lesquels se composent les Ouvrages généraux. Ceux-ci sont de trois sortes , les Généra , les Species et les livres élémentaires.
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§. 256. Ou désigne communément sous le nom dé (j-enera plantarum , les ouvrages destinés à donner les caractères de la série des genres rangés dans un ordre méiliodique. Le premier livre de ce genre qui air été publié , et peut-être encore le plus parfait, est celui que Tournefoit a donné sous le titre d’ Institution es Ret lier ariœ ; on y trouve la suite des genres connus de son temps, rangés d’après un ordre simple, et dé-* crits avec une sagacité et une précision étonnante pour cette époque; à la suite de chaque genre, est l’indication des espèces dont ils se compose, la note de son étymologie et une excellente planche, qui représente les caractères génériques pris d’après l’espèce où ils sont les plus connus ou les plus visibles. Je ne puis concevoir de livre qui aille plus directement au but de faire connaître les genres; Plumier et Forster ont, avec raison, suivi cette marche dans la description des gen* res découverts dans leurs voyages; M. de Lamarcks’en est beaucoup approché dans ses illustrations des genres. Adanson , dans ses familles des plantes, a suivi une marche tout-à-fait différente; il a rangé les genres de chaque famille en séries, devant lesquelles sont des cases destinées pour chaque organe; et dans chaque case , il indique par un mot le principal caractère que l’organe peut fournir. Cette méthode a l’inconvénient de tous les cadres tracés; elle oblige à dire des choses inutiles , et ne permet pas de développer suffisamment les choses difficiles ou longues à exprimer, Linné a donné , dans son Généra plantarum. , un ouvrage plein de descriptions précieuses, aussi bien conçu qu’il était possible, pour corriger les inconvéniens d’un système artificiel ; chaque genre s’y trouve décrit en autant d’ar-
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ticles qu’il y a d’organes dans la fructification. Cette méthode est longue; elle entraîne dans beaucoup de particularités ou inutiles, et prévues par le caractère de famille, ou qui ne s’adaptent pas a toutes les especes; cependant cette marche doit être suivie comme correctif par tous ceux qui voudront écrire d’après un système artificiel. Enfin, M. de Jussieu , dans son Généra plant arum , a donné un modèle d’élégance, de précision et d’exactitude ; chaque genre porte avec lui une synonymie abrégée , un caractère classique tiré des organes reproducteurs, et ce qui lui est propre , une note du port général des espèces du genre, et la solution d’une foule de difficultés qui annoncent le botaniste consommé; les ouvrages de MM. Ventenat, Jaunie St. -Hilaire et Mirbel , en sont des traductions ou des commentaires. Ce que j’ai dit plus haut sur les caractères génériques , me dispense d’entrer ici dans de plus grands détails.
§. 25y. Qn désigne sous le nom de Species Planta « mm , les ouvrages destinés à exposer la sérié des espèces de végétaux rangés d’après un ordre méthodique; ce sont les ouvrages les plus vastes et les plus iniportans de la Botanique descriptive, et des Savans consommés peuvent seuls y atteindre • un Species munit, en effet, toutes les difficultés des Monographies , des Elores, des Généra ; il est de plus effrayant par la grandeur et la durée d’une telle entreprise. Les anciens Botanistes ont tous tenté défaire des Species ; mais leurs ouvrages, pour la plupart incomplets et incohérens, sont aujourd’hui de peu d’utilité sous ce point de vue. L’histoire générale des Plantes de Jean Bauhin, et celle de Morison sont cependant des ouvrages très-re-
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ïnarquables , et qu’on consulte souvent avec fruit. L’ouvrage de Tournefort ne peut être réellement assimilé à un Species ; car il ne contient que les indications, et non les caractères des espèces. Linné a, à cet égard, comme à tant d’autres, une supériorité bien marquée sur ses prédécesseurs. La forme de son ouvrage est trop connue pour la décrire ic! ; ce livre est le manuel de tous les Botanistes , et le sera toujours , parce que c’est à lui que remonte l’origine de toute la nomenclature. Depuis Linné, on n’a fait aucun changement marquant à la forme des Species : aussi la plupart de ceux qui eu ont composé depuis , tels que Murray, Reichard , Wih denow et tout récemment encore MM. Roiner et Schultes , n’ont-ils pas nommé leur ouvrage autrement que nouvelle édition du Species de Linné. Cette espèce d’hommage extraordinaire, rendu au botaniste Suédois, a eu une influence heureuse sur la science , en ce qu’elle a rattaché, autour d’une nomenclature unique, bien des hommes qui, sans le respect pour le nom de Linné, auraient souvent tenté des innovations inutiles; mais il est vrai qu’elle a souvent aussi donné à certains travaux , une sanction qu’ils ne méritaient pas.
§• 258. Depuis la publication de l’ouvrage de Linné, les écrivains qui ont tenté de s’écarter un peu de la route tracée par ce grand naturaliste, n’y ont fait que des modifications de peu d’importance. Grnelin, réunissant au hasard ce qu’il a trouvé dispersé dans les livres, tronquant ou copiant sans discernement les phrases spécifiques, supprimant les indications des patries des plantes , a fait de son Systema natui'æ , une simple table de matières. Vitman a mis plus de soin à nés S u mm a Planta mm , et son livre est encore quel»
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quefois utile à consulter, comme compilation; mais il avait vu par lui-même un trop petit nombre d’objets pour faire un. ouvrage général. On en peut dire autant des Institut} o ne s Botanicœ de Petagna. M. de Lamarck , en publiant le Dictionnaire encyclopédique , a donné l'un des premiers exemples de descriptions étendues liées a un Species ; il a fait sentir l’utilité des discussions critiques qui éclaircissent les points difficiles, et font connaître les motifs d’après lesquels l’auteur embrasse telle ou telle opinion. Il a le premier introduit l’utile usage d’indiquer, à la suite de la description, si elle est tirée d’un autre auteur, ou si elle est faite d après un individu sec (v. s.), ou un individu vivant (v. v.). Vahl a profité, dans son Enuméra do Plantarum , d’une partie des innovations introduites par Lamarck; et le soin qu’il avait mis à ce vaste ouvrage , la connaissance profonde qu’il avait des moindres détails de la science, feront toujours regretter qu’une mort prématurée en ait arrêté la publication. Enfin , l 'Enchiridion de M. Persoon offre, dans son élégante concision, dans le soin apporté à la disposition des genres entr eux, et des espèces entr’elles; offre, dis-je, un modèle digne d être suivi dans les Species abrégés qu’on pourrait être tenté de rédiger à l’avenir.
Si j’ai osé , dans ce dernier article, émettre mon opinion sur les Species déjà publiés , je ne me permettrai point d’indiquer les conditions qu’un pareil genre d’ouvrage doit remplir : tout homme en état d en composer un, n’a plus besoin de mes conseils ; et je ne voudrais pas, en en traçant la marche, risquer d’engager, dans cette carrière , un homme hors d’état de la fournir avec honneur. J’ai tenté moi-même , depuis la première édi-
tîon de cet ouvrage , d’exécuter l’idée que je m’étais formée depuis long-temps d’une histoire générale du règne végétal, distribuée d’après les lois de la méthode naturelle : le premier volume de cet ouvrage a paru sous le titre de Regni 'vegetabîlis systema natif ale» (Paris 1817). Il ne m’appartient, comme on sent, d’en faire ni l’éloge ni la critique.
§. 269. Il me resterait à parer ici des ouvrages élémentaires; mais , plus que tous les autres , ils échappent aux règles, et il faut avouer que les Botanistes les ont généralement négligés. Deux méthodes principales ont été adoptées à leur égard : les uns, d’après l’exemple de la Philosophie botanique de Linné , ont rédigé ces ouvrages sous la forme d’une série d’aphorismes ou d'axiomes qu’011 se dispense d’enchaîner et de prouver en détail ; d’autres , au contraire , ont cru devoir développer tomes leurs pensées, et les appuyer de preuves et d exemples. Ces deux marches ont leurs avantages et leurs inconvéniens : les aphorismes plaisent davantage aux hommes exercés , soulagent la mémoire , et sont plus propres h rallier les esprits autour de certaines propositions courtes et précises; mais ils embarrassent les commençans, ils arrêtent souvent les esprits exacts , favorisent, quant au vulgaire , l’esprit de secte, d école et de préjugé, et entraînent souvent l’auteur lui même dans des assertions, dont une méthode plus développée lui eût montré l’erreur. La méthode raisonnée , si je puis m’exprimer ainsi, est lavorable aux commençans, en leur indiquant l’espèce de logique propre à la science; elle les habitue à peser chaque proposition , et à ne rien admettre de confiance, mais elle rebute souvent par sa lenteur. C’est au génie de chaque écrivain à éviter.
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autant que possible, les inconvéniens de chacune de ces méthodes. En général , je suis porté à croire que les aphorismes ne devraient être que les extraits d un ouvrage raisonné, ou se trouveraient les preuves et les de~ veloppemens de chaque proposition. » C est dommage , disait Montaigne, que les gens d’ entendement aiment tant la brièveté ; sans doute leur réputation en vaut mieux , mais nous en valons moins ». Quant à moi , je dirais volontiers aux auteurs : Si vous voulez seulement vous faire un nom ou créer une école , écrivez sous forme aphoristique : mais si vous voulez sérieusement avancer la connaissance de la vérité, n’énoncez aucune assertion sans la prouver.