‹ Théorie élémentaire de la botanique, ou exposition des principes de la classification naturelle. Et de l'art de décrire et d'étudier les végétauxChapitre 59 sur 86 · GLOSS O LO GI E · texte numérisé non relu

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flexibilité et la rigueur que la langue botanique obtiendra, lorsque tous les botanistes adopteront , sans aucune exception, le principe que chaque organe doit avoir un nom, et que le même nom ne peut, sous aucun prétexte, appartenir à plusieurs.

Pour faciliter encore l’adoption de cette marche , il a fallu rejeter , comme noms d’organes , tous les termes dont le sens est trop vague ; c’est sous ce rapport que Linné a substitué le mot anthera a celui d apex, qui signifie sommet, et que Tournefort avait appliqué à la bourse qui termine l’étamine des plantes ; c’est sous le même rapport que M. Link a proposé plusieurs innovations simples et heureuses, que j’aurai occasion d’indiquer dans la suite.

§. 276. Lorsqu’on est dans le cas de créer un nouveau nom d’organe , il est essentiel d’en former qui soient d’un seul motet non pas déjà composés, parce que, dans ce dernier cas, ils ne se prêtent à aucune des combinaisons dont les botanistes font un usage fréquent et commode; ainsi, par exemple, les mots de péricarpe , pèrisperme , sont peu commodes à cause de leur composition.

Il est évident que chaque petite combinaison , chaque petit appendice des organes ne doit pas porter un nom particulier, parce que cette multitude de noms surcharge la mémoire sans nécessité, et a de plus l’inconvénient de faire moins sentir les rapports qui existent entre certains organes ; c’est à ceux qui ont étudié la structure végétale , non-seulement sous le simple

rapport anatomique, mais surtout d’après l’étude des modifications possibles de chaque organe dans chaque famille , qu’il appartient de reconnaître quels sont

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les organes qui sont réellement distincts les uns des autres.

§• 277. Les termes physiologiques sont relatifs, ou aux forces dont le végétal vivant paraît doué, comme la contractilité ; ou aux fonctions qu’il remplit pour se noui rir et se reproduire, comme la feuillaison, la fieuraison ; ou aux phénomènes vitaux qu’il exécute, comme le sommeil , la perpendicularité ; ou aux sucs qui se trouvent dans ses diverses parties, tels que la sève, le cambium ; ou aux matériaux immédiats dont il est composé, tels que l’huile, la gomme, etc. ; ou aux maladies dont les plantes peuvent être atteintes; ou, enfin , à 1 histoire générale du végétal considéré dans son état de vie. Quelle que soit l’importance de ces objets, on n’a heureusement créé pour les désigner qu’un petit nombre de termes , qui la plupart s’entendent d’eux-mêmes lorsqu on connaît les noms des organes. Je ne dois les indiquer, dans cet ouvrage, qu’autant qu’ils ont ou qu’ils doivent avoir des rapports réels avec la classification ou la description de végétaux.

§• 278. Les termes caractéristiques, c’est-à-dire, ceux qui expriment les modifications des organes, sont de tous les plus nombreux dans les livres, les plus embrouillés dans leur exposition et les plus difficiles pour l’étude; on a coutume de les placer à la suite du nom de l’organe auquel ils se rapportent le plus fréquemment. Mais il est évident que cet ordre est tout-à-fait inexact ; ainsi, par exemple , quand on dit d’une feuille qu’elle est orbiculaire , ou qu’elle est rouge, il est clair qu’on exprime, relativement à cet org-ane, une idée qui peut s appliquer également à tous les organes ; les termes de ce genre ne doivent donc point se classer d’après les organes , mais d’après le genre particulier de modifica-

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lions qu’ils indiquent, à-peu-près comme nous l’avons vu dans la i.Te partie ( liv. 2. chap.3 ). Ainsi tous ces termes sont relatifs : i.° à l’absence ou à la présence des organes ; 2.0 à leur situation ou insertion ; 3.° à leur direction ou disposition; 4*° à leur forme générale; 5.° à leur simplicité et intégrité, ou à leurs divisions et découpures ; 6.° à leur désinence; 7.0 à l’état ou l’aspect de leur surface ; B.° à leur nombre ; 9.0 à leurs dimensions; 10. 0 à leurs adhérences ou soudures; n.*à leur durée ; 12, 0 à leur consistance ; i3.° à leur couleur ; i/\.° à leur odeur, et i5.° à leur saveur. Au moyen de cet ordre , tous les termes que les Botanistes ont coutume ou besoin d’employer, se trouvent classés sans aucune répétition et en faisant sentir leurs relations réelles. Cet ordre a même ceci de fort utile, qu’il sert de guide pour les descriptions. (Voy. §. 210.) Ainsi, étant donnée une plante à décrire, il faut prendre chacun de ses organes et le désigner d’après les quinze considérations que je viens d’énoncer ; par cette marche, on aurait la certitude de ne rien omettre de ce qui peut être utile à connaître : il ne resterait plus pour celui qui voudrait publier sa description , qu’à en éliminer ce qui est peu utile ou ce qui s’entend de soi-même. Toutes les réflexions présentées plus haut , relativement à la nécessité de fixer rigoureusement le nom des organes, est de même applicable aux termes caractéristiques.

§. 279. Les adjectifs dérivés des noms des organes, prennent , en général , des sens assez divers selon leur terminaison. Ainsi, i.° ceux terminés en atus , indiquent la présence de l’organe, par exemple rcidicatns foliatus , qui a une racine, qui a des feuilles ; 2.0 ceux terminés en arts ou ali s signifient qui appartient à tel

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ou tel organe; ainsi, radie alis ,foliaris , qui appartiennent aux racines ou aux feuilles ; 3.° ceux terminés en inus ou ciceus , désignent la nature de l’organe; ainsi, radicinus ,f oliaceus , qui est de la nature ou de la consistance des racines ou des feuilles; 4-° ceux en osus9 veulent dire qui a tel organe plus grand ou plus nombreux qu’a l’ordinaire ; ainsi . radicosus qui a Une grosse racine , foliosus qui a beaucoup de feuilles ;

4-° ceux en escens , signifient qui dégénère ou tend à se changer en un tel organe ; ainsi , spinescens qui tend à devenir épine ; 6.° parmi les mots dérivés du grec , ceux qui se terminent en odes , aides ou oideus , indiquent une simple ressemblance avec l’organe nommé ; ainsi , rhizoideus ou phyllades , signifient seulement qui ressemble à une racine ou à une feuille. Malheureusement on ne s’est pas toujours servi des diverses classes d’adjectifs dérivés dans leur sens strict ;

et on voit quelquefois le même mot employé dans presque tous ces divers sens; ainsi, calycinus se trouve dans les livres pour dire y ni a un calice , cjüi a un grand calice , cjui a la consistance d’un calice , ou qui appartient au calice . Il serait à désirer que, pour éviter toute équivoque, on en vînt à se servir rigoureusement de chaoue dérivé dans son véritable sens.

Il arrive aussi quelquefois que les adjectifs dérivés sont employés comme de simples métaphores ; ainsi , annulatus ne veut pas dire seulement qui est muni d un anneau, mais qui est en forme d’anneau; le sens général de la phrase indique suffisamment les cas où chaque dérive doit être pris au propre ou au figuré. Je îie les expliquerai donc que dans le cas où ils auraient une acception qui ne s’entendrait pas d’elle-même ; ceux qui voudront les connaître devront remonter, par

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la simple table alphabétique , au substantif qui leur sert de racine. Observons ici, que si j’ai choisi, dans cet article, tous mes exemples dans la langue laline, c’est que ces nuances sont très-difficiles et souvent impossibles à faire sentir en français : réflexion qui s’applique plus encore aux classes suivantes.

§. 280. Non-seulement les Botanistes ont exprimé, par des termes proprü , les moindres organes des Plantes et les moindres modifications que ces organes peuvent présenter, mais ils ont encore voulu éviter des périphrases fréquentes , en créant des mots qui expriment à-la-fois et le nom de l’organe et la modification qu’il présente ; ainsi oppositifolius , signifie qui a les feuilles opposées ; chrysocarpus , qui aies fruits d’un jaune doré, etc. Les règles fondamentales pour la formation et l’intelligence de ces termes sont très-simples.

Etant donné le nom d’un organe, soit en grec, soit en latin, i.° on lui attribue une terminaison adjective latine; par exemple, de anthos ou flos qui signifient fleur, on fait antlius ou florus\ 2.0 on le fait précéder par un mot dérivé du génitif de l’adjectif, qui, dans la même langue, exprime l’attribut ou la modification dont on a intention de parler : ainsi, de macros ou de lungus , qui signifient long , on tire macro et lu?igi , qui, réunis à la portion déjà formée, font macro-anüius (*) et longi-florus , à longue fleur ; 3.° si la modification qu’on veut exprimer le peut être par un mot indéclinable, ou une préposition, comme epi ou supra , qui signifie dessus , on le met simplement à la place de l’adjectif, comme dans les mots epiphyllus , suprafolius , sur les feuilles ; 4-° il faut observer que les élémens des mots

(*) Et par euphonie ? macvanthus»

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composés doivent toujours se tirer de la même langue : ainsi, on doit rejeter les mots de unipetalus , proposé à la place de monopetalus polyflorus , employé par Loureiro,àla place de polyanthus ou de multiflorus , etc; 5.° lorsqu'on emploie deux noms d’organes combinés ensemble , le premier joue te rôle d’adjectif , et le second de substantif, et cette réunion signifie que le dernier est inséré ou implanté sur le second ; ainsi, radiciflorus ou rhizanthus , signifient do?it la fleur est implantée sur ou près la racine. ( Voy. §. 41?? la manière de trouver le sens de tous ces composés et des suivans, par le moyen de la table alphabétique. )

§. 281. Il est encore d’autres classes de termes composés employés dans la Botanique; ce sont les adjectifs modifiés par des prépositions, et ceux qui sont combinés ensemble.

§. 282. Lorsqu’on veut indiquer qu’un organe approche d’un certain état sans l’atteindre, on se sert du terme ordinaire qui désigne cet état, en le faisant précéder de la préposition sub , sous : ainsi, subrotundus veut dire à-peu-près rond ; subroseus , presque rose, etc.; cette préposition ne peut s’employer que devant les mots d’origine latine. Quant à ceux d’origine grecque, 011 se permet quelquefois , dans les cas analogues, de les modifier par la terminaison en oïdes , ou en les terminant par morphus , qui signifie en forme de , comme rhi zoïdes , qui ressemble à une racine, rhïzomorphus , en forme de racine. C’est dans des cas semblables que , pGur les mots d’origine latine , on les termine par for™ unis : ainsi, radiciformis , en forme de racine.

Lorsqu’on veut ajouter à l’idée qu’indique un adjectif, on a deux moyens: ou bien on met cet adjectif au superlatif, comme integerrijnus , très-entier; ou bien,

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on le fait précéder par la préposition per ; ainsi , pé?* integer signifie, de même, très-entier.

Enfin, la préposition ob , mise devant un adjectif * indique qu’il faut prendre ce mot dans un sens inverse î ainsi, cordatus signifie qui est en forme de cœur , l’échancrure en bas; et obcordatus , qui est en formé de cœur, l’échancrure en haut ; â la place de ob, on met quelquefois observé.

§. 283. Toutes les fois qu’on veut indiquer un état intermédiaire entre deux modifications qui ont chacune un nom , on peut combiner ensemble les deux termes * et celui qui en résulte indique cet état intermédiaire s ainsi , oblongo-lanceolatus veut dire intermédiaire entre la forme oblongue et la forme lancéolée , et ainsi de tous les autres. Les seules règles à suivre à cet égard $ sont les suivantes :

i.° On ne peut combiner ensemble que des termes qui appartiennent à la même classe de caractères z ainsi, je puis bien dire oblongo-lanceolcttUS , palmatô parti tus , creceo-rufus , etc. , parce que l’un et l'autre des composans sont relatifs, dans le ï.e* exemple, à la forme, dans le 2.e, à la découpure, dans le3.e, à la couleur, etc.; mais on ne peut pas dire oblongo partitus ou palmato-rufus , parce que ces mots appar* tiennent à deux séries d’idées, si j’ose le dire, incom** mensu râbles.

2.0 On ne doit jamais combiner ensemble que des mots dérivés de la même langue ; c’est pourquoi les termes de Terminologie ,poly flore , unip étalé , etc. , ne peuvent être admis.

3.° On doit, en général, éviter de combiner ensemble des adjectifs évidemment composés.

çr28/p Quant aux termes didactiques , ils sont en si

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