O LOS SOLO GIE
3. Rayé (lineatus) , fendu ( Mirb. ) , dont les parois présentent des raies transversales d’apparence glanduleuse, et peut-être fendues.
Quant à la forme des cellules , on distingue le tissu
cellulaire en ,
1. Régulier ( régularisé •> ou dont les cellules sont toutes à-peu-près hexaèdres, de manière à présenter en tout sens une coupe sensiblement hexagonale; il forme la principale partie du parenchyme. Je rapporte à cette espèce les tissus nommés Tissu globulaire , Tissu vésiculaire , par M. Link ;
2. Allongé ( elongat'us') , ou dont les cellules sont allongées, de manière à former de petits tubes clos aux deux extrémités , et non ouverts comme dans les vaisseaux ; ce sont ces cellules qui ont reçu le nom de Cellules allongées { Rud.), Cellules tabulées (Fl.fr.), Petits tubes ( Mirb. ), Utricules fibreuses ( Trev. ), Tissu cellulaire ligneux ( Mirb. ). On peut y rapporter encore le Tissu allongé et le Tissu alvéolaire de M. Link. Cet organe se trouve dans les nervures et le bois ;
3. En Chapelet fprecaïorius , moniiif or?nisfi ou qui présente des séries de cellules ovoïdes , ponctuées , séparées par des diaphragmes, et qui, par leur succession, ressemblent aux grains d’un chapelet ; ce sont les vaisseaux en chapelet de M. Mirbeî,les vaisseaux en collier de M. Bernhardi , les vaisseaux vermiculaires de M. Treviranus , les vaisseaux entrecoupes de M. Bilderbyk. On les trouve dans les bourrelets, les articulations, les racines : on peut indifféremment les considérer comme des modifications du tissu vasculaire ou du tissu cellulaire.
§. 290. Tissu Vasculaire ou Tubulaire (Mirb.)
GLOS SOL OGI E.
( Contextus , Complexus vascularis seu tubularis J, tissu membraneux composé d’un certain nombre do tubes ou de vaisseaux continus.
Vaisseaux ( Vasa ), vides qui se trouvent dans le tissu membraneux, et qui sont ouverts à leurs extrémités, ou du-moins tellement prolongés qu’on ne peut J distinguer de cloisons terminales. M. Mirbel les nommait d’abord Tubes ( TubiJ , mais il est revenu ensuite au terme généralement admis de vaisseaux. On distingue communément les Vaisseaux d’après leur usage, en,
1. Lymphatiques ( lymphatica J, qui renferment des sucs aqueux peu ou point élaborés , et qui sont assez analogues aux vaisseaux lymphatiques des animaux ; ce sont ceux que Grew nommait Sap-vessels , Lymphceducts , Lymphœductus ; Duhamel , Vaisseaux séveux ; Bernhardi , Vaisseaux pneumatiques , etc.;
2. Propres (propria) , qui renferment des sucs épais, élaborés, colorés et propres à certains végétaux. Voyez ci-après §. 291,
Les Vaisseaux lymphatiques qui méritent seuls le nom de vaisseaux, se distinguent en ,
1. V . ponctués (V . punctata Trev. ), ou dont les parois sont marquées de points d’apparence glanduleuse, peut-être percés; ce sont les tubes ou vaisseaux poreux de M. Mirbel;
2. V . rayés ( V . lineata ), ou dont les parois sont marquées de raies transversales d’apparence glanduleuse, et peut-être fendues; ce sont les organes appelés fausses trachées par M. Mirbel , vaisseaux fendus dans la Flore française, vaisseaux à escaliers par M. Bernhardi, quand les raies sont incomplètes, et vaisseaux annulaires , quand elles sont complètes;
GIOSSOLOGIE.
3. Vaisseaux spiraux ou Trachées [V as a spiraha , T rache as ) , sont des espèces de tubes composés d’une lame membraneuse élastique, roulée en spirale sur elle-même. On les trouve en abondance dans les jeunes pousses de toutes les plantes vasculaires. Grew les nom» mait Vaisseaux aériens { Aè'r-vessels ) , parce qu on n’y trouve le plus souvent que de l’air. Hedwig les nommait Vas a j.neumato-chymifera , et les croyait composes de deux organes, un tube droit central rempli d’air, qu’il nommait Pnemnatophora , et un tube rempli de suc, roulé en spirale sur le précédent, qui a reçu les noms de Vas a adducentia spiraha , l as a ch y mi fera , Vas a hy drogera , mais on na point pu vérifier cette observation de Hedwig , et il paraît cer-
tain que la trachée est un tube formé par une membrane roulée en spirale. MM. Rudolphi et Link distinguent les vaisseaux en spirale libre et en spirale soudée : ces derniers difièrenl-ils réellement des vais-
seaux rayés ?
Vaisseaux mixtes ( Vas a mixta ) ; sous ce nom, M. Mirbel désigne des tubes qui, à diverses parties de leur longueur, sont ponctués, rayés ou spiraux; leur existence est contestée par M. Ru aol phi.
§. 291. Vaisseaux propres, ou pour mieux dire. Réservoirs du suc propre ( Vasa propria , Recep taenia succi proprii) ; espèces de cavités ménagées çà et là dans le tissu cellulaire, fermées de toutes parts , dépourvues des ponctuations ou des raies qu on voit sur le tissu ordinaire , et remplies de sucs diversement colorés , et propres à chaque végétal ; on peut distinguer :
I. Les réservoirs vésiculaires f R. vesiculosa ) , ou Glandes vésiculaires ( Glandulœ vesiculares ) des
GLO SSOLOGI E.
auteurs; ce sont des vésicules sphériques , ordinairement remplies d’huiles volatiles , qu’on trouve dans le parenchyme des feuilles et des écorces ; par exemple , dans le Myrte , l’Oranger , etc.;
2. Les Réservoirs en cæcum ( R . c ce cifo rm ia) sont des tubes courts, pleins d’huile volatile, observés par M. Ramond dans l’écorce du fruit des Ombellifères ;
3. Les Réservoirs tubuleux (R. tubulosa) , ou Vais « seaux propres solitaires de M. Mirbel, sont des tubes solitaires au milieu d’un amas de tissu cellulaire, dont la paroi est ordinairement épaisse solide consistante , pleins, ou de suc térébinthacé , et alors Grew les nommait Turpentine - vessels , ou de suc laiteux, et alors Grew les désignait sous le nom de Milkvessels.
4* Les Réservoirs fasciculaires (R. fascicularia ) , ou Vaisseaux propres fasciculaires de M. Mirbel, sont des faisceaux de petites cellules tabulées, parallèles, pleines de sucs propres, tels sont, par exemple, ceux de l’écorce des Apocynéesf
5. Les Réservoirs accidentels (R. accident ali a') sont des cavités qui se forment accidentellement et se remplissent par infiltration de sucs propres sécrétés ailleurs; c’est ainsique la résine des Conifères pénètre souvent dans leur moelle ou leurs vaisseaux lymphatiques.
§. 292. Lacunes (, Lacunæ , Mirb.), ou Cavités aériennes ( Cavitates aëreœ ), sont des cavités pleines d’air qui se forment dans l’intérieur des plantes par la rupture du tissu cellulaire ; Grew les nommait Creux tubulaires , ou Ouvertures de la moelle , M. R.udol» phi Vaisseaux pneumatiques , M. Link Réservoirs
a air accidentel ; ce dernier en distingue quatre espèces :
I. Lacunes irrégulières (Z. irre gui ares ) , qu on voit au milieu des feuilles, des réceptacles ou au. res parties , qui contiennent beaucoup de tissu cellulaire.
2. Lacunes Jtstuleuses (Z. fislulosœ) , qui occupent tout le centre de la tige et le rendent creux comme une flûte, par exemple dans les Graminées.
3. Lacunes régulières (Z. regulares ), qui occupent le centre des tiges des plantes aquatiques, et où les cellules rompues se disposent avec régularité , par exemple,
les Scirpus , etc.
Lacunes cellulaires (L. cellular es') , sont de grandes cavités dont les parois elles-mêmes sont composées de tissu cellulaire, par exemple , dans le Sparganium.
§. 2(;3. Fibre ( Fibra ), Fibre végétale , faisceau de vaisseaux et de cellules allongées , soudées intimement, et qui, à raison de leur consistance plus solide, peuvent se détacher assez facilement, surtout par la macération, du tissu cellulaire arrondi, sous la foime de filets plus ou moins consistans ; cest par les fibres que se dirige principalement la marche des sucs.
Lorsque les fibres pénètrent dans les organes foliacés où elles se ramifient souvent , elles prennent le nom de Nervures (Nervi).
Parenchyme ( Parenchyma ) , partie pulpeuse, essentiellement composée de tissu cellulaire mol , comme 011 en trouve dans les feuilles ou les fruits, il se dit par opposition au mot de Nervures.
Epiderme ( Epiderma , Epidermis , Cuticula ) > on donne ce nom à la membrane mince et ordinaiiemeni
transparente qui recouvre toule la superficie des plantes, se détaché plus ou moins facilement du reste du tissu, et paraît être, d’abord , la paroi externe des cellules extérieures durcie et fortifiée par l’action de 1 air et l’effet de l’évaporation , puis la réunion des ce Iules externes endurcies et désséchées par l’évaporation. Grewla nommait Cuticule dans les plantes jeunes , et Peau (Skia) dans les plantes âgees. Lorsqu’on enlève l’épiderme, de dessus le parenchyme , la trace des parois des cellules reste marquée sur l’épiderme, et y forme des aréoles hexagonales, séparées par des raies qui ont été prises quelquefois pour des vaisseaux, et qui paraissent être les Vasa exhalantia de Hedwig.
§. 294. Articulation (Articulatio^JuncturaiSuwQi), place du tissu végétal , où deux parties continues dans leur jeunesse se coupent ou se séparent d’elles-mêmes et sans déchirement sensible, à une époque déterminée de leur vie, par exemple, les points d’attache des feuilles du Poirier, ou des folioles de l’Acacia, etc. On nomm q Article (Articulus) , l'intervalle entre deux articulations; Cicatrice ( Cicatricula ), la place ou marque qui reste après qu’un organe s’en est désarticulé.
Aceud (JNodus, G eniculum Jung. ), place du végétal où les fibres s’entrecroisent et où le tissu cellulaire se tuméfie, de manière à former une protubérance annulaire, par exemple, les nœuds des Gramens; l’intervalle entre deux nœuds, ou deux paires, ou deux verticilles de feuilles, se nomme Entrenœud ( Inter nodunn. ) On confond souvent les nœuds avec les articulations, parce qu’il arrive fréquemment qu’ily a un véritable nœud au-dessus ou au-dessous des articula lions, par exemple, dans l’Œillet,
sr
glossologie.
Nodosité (Nodositas), concrétion ou dépôt formé , par l’effet même de la végétation , dans certaines places qui en sont bosselées ou tuméfiées , par exemple, les feuilles du Jonc, improprement nommé ar-
ticulé.
§. 295. Pores ( Pori) ; ce mot se prend en trois sens : i.° on désigne sous le nom de Fores , en géné ral , tout orifice très-petit , visible seulement au microscope , et situé sur le tissu membraneux interne ou ex-
terne.
2.® On appelle souvent Pores insensibles ou Fores cellulaires { Pori inconspicui , F on cellulares) , les orifices jusqu’ici inconnus , mais qu’on suppose exister sur la partie externe du tissu cellulaire , et quon regarde comme les organes de l’évaporation insensible.
3.0 On appelle enfin de ce nom, des organes trèsvisibles , savoir : les Pores cordeaux ( Pori corticales') ; ils sont aussi nommés Stomates ( Stomatia ] par M. Link; Glandes corticales , par De Saussure; Pores allongés ou grands porcs, par M. Mirbel; Pores èv ap oratoires , par Hedwig; Pores\ de V épiderme, par M. Rudolphi; Pores , proprement dit, par Junne fils; Glandes miliaires , par Guettard; Glandes èpider moïdales, par Lametlierie : ce sont des pores ovales, très-visibles au microscope , et quelquefois même à la loupe, qu’on observe sur le parenchyme des feuilles, des calices et des jeunes pousses des plantes vasculaires, mais seulement sur les surfaces destinées
à vivre hors de la terre ou de l’eau ; ces organes paraissent servir à l’exhalaison et peut-être, quelquefois , a
l’imbibition des vapeurs aqueiises.
§. 296. Spongioles (Spongiolœ) ; ce sont des espèces
de corps analogues à des éponges, et très-facilement
G LOSSOLOG IE.
transméables à l’humidité qu’ils absorbent , sans qu’on puisse, aux miscroscopes même les plus iorts , y apercevoir des pores; elles ont ceci de singulier, que les modécules colora nies y passent sans difficulté, tandis qu’elles ne passent jamais par les pores corticaux. Ces spongioles sont de trois sortes :
1. S. radicales (J. radicales , radicum orœ Jung.) situées à l’extrémité de toutes les moindres divisions des racines; elles absorbeift la sève : elles sont trèsvisibles en particulier dans les Lemna, les Pandanus (*) ;
2. S. pistillaires ( S. pistillares ) situées à l’extrémité du pistil, et plus connues sous le nom de Stigmate ; elles absorbent la liqueur fécondante ;
3. S. séminales (6" . séminales) situées sur la surface externe des graines, et chargées d’absorber l’eau qui doit les faire germer ,*
§. 297. Glande ( Glandula , et dans les composés grecs Aden , Adenos') . Dans le sens exact du mot, une
glande signifie un o gane chargé de la sécrétion d’une liqueur; mais dans l’usage ordinaire delà botanique, en emploie souvent ce terme pour designer des tubercules qui ressemblent plus eu moins exactement à ceux qui secrétent réellement quelque liqueur ; si 011 les considère quant à leur anatomie, on peut distinguer avec M. Mirbel :
I. Les G landes cellulaires (G/ a?idulce cellnlares ), qui sont formées d’un tissu cellulaire très-fin et n’ayant
(*) M. Corréa est le premier qui ait observé l’analogie cie ces organes avec les stigmates* il les nommait dans son instructive conversation : Stigmates des racines ; mais il n’a jamais publié ses observations à leur égard.
GLGS50L0GÏ t.
aucune communication avec les vaisseaux; elles pa» raissent destinées à rejeter au-dehors un suc particuliei, et sont donc excrétoires ; on les appelle aussi Glandes nec tarifé res ou nectaires , lorsqu elles sont situées sul la fleur.
2. Les Glandes vasculaires {Gl. vasculares ) , qui sont composées d’un tissu cellulaire tres-fio , tia\ersées par des vaisseaux qui n’excrètent aucun suc visible à l’extérieur , et paraissent sécrétoires , telles sont celles qui entourent l’ovaire du Cobœa, ou les turbercules qu on observe sur le pétiole des Drupacées , et qui , à cause de leur forme , avaient été nommées Glandes à gode&
( Gl. urceolares ).
§. 298. Poils ( Pili , Villû) On désigne généralement sous ce nom , toutes les petites productions molles et filiformes, qui ressemblent par leur apparence aux poils des animaux, et qui sont toujours composées d une ou plusieurs cellules saillantes hors du tissu : quant à «leur structure réelle, on les distingue en quatre classes :
I.® Les Poils gland u l if ères {Pili ' gl an dulife ri) , c’està-dire, qui servent de support à une ou plusieurs glandes.
tels sont ceux qu’on a nommés ;
a. Poils à cupides (Pi h cupulati ); ce sont ues filets terminés par une glande concave, comme dans le Pois chiclie;
h. Poils en tâte ( pili capitati ) : filets simples, terminés par une glande arrondie , par exemple, plusieurs Croton.
c. Poils d plusieurs têtes [pili polycepl ali ) ; filet rameux dont les branches se terminent car une glande, par exemple dans le Croton penicillatum .
IL° Les Poils excrétoires ( Pili excretoru) } cest-
GLOSSOLOGIEo
à-dire, qui, placés sur uue glande, lui servent de conduit excréteur : tels soin :
a. Les poils en alêne ( pili subtilati), dont la glande est sessile et se prolonge en un filet tubuleux et acere, par exemple , l’Orue
b. Les poils en navette ( pili inalpighiacei) , dont la base glanduleuse porte un poil horizontal attaché par son centre, et qui, par ses deux extrémités, peut donner issue à la liqueur, par exemple, ceux du Malpi ghia ure ns.
1IL° Poils lymphatiques ( Pili lymphatici J ; poils filiformes, dépourvus de glandes, et qui paraissent seulement destinés à multiplier les surfaces évaporatoires : 011 y distingue les poils,
a. Simples (Simplices) , c’est-à-dire, qui ne sont ni branclius, ni divisés par des cloisons transversales; ils sont cylindriques , coniques ou en larme b atavique ( clavati
b. Cloisonnés ( phramigeri ) , ou articulés par des cloisons transversales, par exemple, certains Chardons.
c. Rameux (ramosi) , parmi lesquels on distingue encore ceux à rameaux libres, qu’on désigne, tantôt par les mêmes termes employés quant aux ramifications ordinaires (Voy. cliap. IV, art. 5), tantôt par des termes spéciaux , savoir :
En fausse navette ( P seudo-malpighiacei , biacuminati ) : tels sont ceux de l’Astragalus asper , qui ressemblent aux poils en navette, mais dont la base n’est pas glanduleuse.
En Y (Bij nrrati , furcati ) , c’est-à-dire, fourchus au sommet comme dans plusieurs Arabis,
35o glossologië,
Dicho tomes (Dichotomi ), ou plusieurs fois fourchus ,
par exemple, dans 1 Adyssum.
Trifurquès ( Trifurcati ) , comme dans les T brin-
cies.
Rayonnant ( Radia ti ) , comme dans la Mau\e aliée.
En Goupillon ( Asp ergillij ormes J, c’est-à-dire, qui, d’espace en espace, émettent des verticilles de petites ramifications , de manière à imiter le goJpil Ion des artilleurs, par exemple dans le Marrubiam peregrinum.
En Ecusson ( Scutati ) , cest-a-dire, dont lesia meaux sont soudés de manière à former des especes d’écailles ou d'écussons, comme dans VEœagnus.
Quanta l’aspect général des poils, voyez cfiap. IV,
art. 7.
Art. 2. Parties organiques.
§. 299. Les parties organiques (Partes organi cœ ) , de Grew, ou les Organes composes , ou simplement les Organes , sont les parties du végétal toutes composées des élémens précédeus, et qui sont la plupart bien visibles à l’œil.
Organes nutritifs ( Organa nutritif a ) , ou Organes de la végétation , sont celles des parties organiques qui servent essentiellement à la nutrition ou à la végétation, ou , en d’autres termes, à la vie de l’individu , comme la
racine , la tige et les feuilles.
Organes reproductifs ( Organa reproduction ) , ou Organes de la fructification , sont celles des parties organiques qui sont destinées à la reproduction ou à la fructification, ou, en d’autres termes, à la vie de l’espèce : tels sont la fleur , le fruit, la graine.
GLOSSOLOGIE.
Organes accessoires ( Organa accessoria ) , sont ceux qui ne se trouvent que dans certains végétaux, qui sont placés indifféremment sur les organes nutritifs et reproductifs, et n’appartiennent essentiellement ni à l’une ni à l’autre classe : tels sont les poils , les piquans , les soutiens , etc.
Art. 3. De la Tige en général .
§. 3oo. T ige ( Caulis , et dans les composés grecs Cau - Ion J, partie de la plante qui tend à s’élever verticalement et qui porte les feuilles et les fleurs; dans un sens très - général , L’Héritier la nommait Adscen sus , et Hedwid Truncus adscendens. Tournefort ne donnait le nom de Caulis qu’à la tige des herbes.
Tronc ( Truncus'). Linné désigne par ce mot la tige des plantes, prise dans le sens le plus général. A l’exemple des anciens, la plupart des modernes s’en servent pour désigner la partie de la tige des arbres qui est nue et sans branches, par opposition à la partie branchue qui porte le nom de cyme.
Chaume ( Culmus ), tige des Graminées, c’est-àdire, tige cylindrique, munie d’espace en espace de nœuds compacts , desquels les feuilles prennent naissance.
Chalumeau ( Calamus ) , tige simple, herbacée, sans nœuds, et plus ou moins fistuleuse comme celle des Joncs.
Frons ( Frons ). Linné donnait ce nom aux tiges des Palmiers et autres Monocotylédones en arbres , parce qu’il les considérait avec quelque raison comme des faisceaux composés des feuilles et des parties de la fructification. D’autres Botanistes ont réservé ce mot
352 GLOSSOLOGÎÈo
pour Les expansions des Algues , qui, étant homogènes , sont indifféremment tiges, leuilles ou racines; mais, dans ce sens même, c’est à tort que "W ildenow 1 applique aux feuilles des Palmiers et des Fougères. Le vrai sens latin est de prendre ce mer pour synonyme de feuilles, mais dans un sens vague et poétique, et c’est encore dans celte acception que frondosus signifie feuille ; je crois donc que ce mot doit être ou exclu de la langue botanique , ou réservé aux expansions membraneuses des Algues.
Support ( Stipes ). Linné entendait par ce mot la base du frons dans les Palmiers, les Fougères et les Champignons. 1VL . TvïirbeL propose de le léseiver poui désigner les tiges cylindriques et terminées par un faisceau de feuilles des Palmiers et des Fougères en arbre. Cette définition , trop restreinte selon moi, a l’inconvénient d’obliger à appeler de deux noms dillérens la tige des Pmtangs et des autres Palmiers, ou celle des Fougères en arbre ou eu herbe. Je crois donc inutile d’admettre un terme particulier pour les tiges des Endogènes ligneuses. Quant au mot de stipes ou support, on s’en sert encore dans trois sens différens ; 1° dans un sens général, un support quelconque dont on veut ou on ne peut pas exprimer la nature; 2.° dans mi sens plus strict, le support ou pédicule qui soutient le chapeau des grands Champignons; 3.° le suppoit spécial qui soutient l’aigrette des Achènes ( §. 4^ )• Sous tous ces rapports, dans les termes composes, on se sert en latin de pes au lieu de stipes , et en grec, de pus ou podus qui vient de vous, Troiï'oç,
pied.
§. 3oi. Quant aux Cryptogames, on a adopté en latin les noms suivans :
GLOSSOIOGIE.
Surculus (Hedw. ), tige des mousses, c’est-à-dire, tige cylindrique, simple ou rameuse, garnie d’expansions foliacées.
Cormus ( Wild. ) , Anabices ( Neck. ), partie des végétaux cryptogames qui se trouve hors de terre, la fructification exceptée.
Thallus , ( Ach. ) , expansion semblable à une tige ou à une feuille qui compose la plante des Lichens, la fructification exceptée, ou Cormus des Lichens.
HyphaÇWiXà.,), Cormus filamenteux, un peu charnu, aqueux ou demi-ligneux des Bissus.
Lorulum ( Ach. ), Thallus filamenteux et fameux.
Stipes ou Pédicule des Champignons ; voy. .§ doo.
§. 3o2. Collet ( Collum), plan intermédiaire entre la racine et la tige, où les fibres commencent d’un côté à monter, de l’autre à descendre. Grew le nommait Coarc ture , Jungius Limes commuais ou Fundus planta, et M. Lamarck Nœud vital : on confond souvent avec lui les organes suivans :
Souche [Caudex). Ruellius et Tournefort désignaient sous ce nom, la tige des arbres que nous nommons aujourd’hui tronc ( §. 298 ) ; maintenant , d’après M. Link , on entend par ce mot la base vivace des tiges annuelles, qui, après la mort de la partie supérieure, prend l’apparence d’une racine, et émet l’année suivante de nouvelles tiges.
Rhizoma (Gawh), souche souterraine ou superficielle , ordinairement allongée obliquement ou horizontalement ; qui émet les radicules dans plusieurs plantes, telles que les Iridées et les Fougères ; c’est à proprement parler une véritable tige : Linné la nommait Caudex descendons .
Plateau ( Lecus , DC.,de Mkoç écusson), espèce de
disque plus ou moins applati , qui représente la vraie tige dans les bulbes, et qui émet par-dessous les racines et par-de35us les feuilles et les fleurs.
Bulbo-tubér (Gawl. ), tubérosité sphérique placée au collet de la plante , et souvent recouverte par la base des feuilles comme le plateau des bulbes , par exemple , dans le Safran.
§. 3o3. Branche, Rameau ( Ramus , et dans les composés grecs Clados) ; divisions, ramifications de toute espèce de tiges ou même de tout corps cylindracé. Quelques-uns réservent le nom de branches aux premières divisions, et celui de rameaux aux divisions des branches ; en latin , les dernières ramifications se nomment Ramuli , quon traduit quelquefois en français par le mot de Brindilles ou Ramilles ; l’ensemble des branches, comparé au tronc, lorsque celui-ci est nu et
simple , porte le nom de Cy me ( Cyma ).
Jeune pousse ( Innovatio Hedw. , Ramus novel lus , Turio ), branche de l’année, qui n’a pas encore acquis toute sa longueur. M. Link donne le nom de Turio à toute pousse qui s’allonge beaucoup avant de produire des feuilles ; selon d’autres , ce mol s’applique seulement aux jeunes pousses charnues et annuelles des herbes vivaces, au moment où elles sortent de terre, pousses que Ray et Tournefort nommaient slspai agi , parce que l’exemple le plus connu est celui des Asperges à l’époque où on les mange. Linné entendait par Turio une espèce de bourgeon ; voy. §. 3io.
Branche gourmande ou chiffonne , branche de 1 année qui n’est pas destinée a porter du iiuit.
yirgultum , branche délicate , jeune ou allongée d un arbre ou d’un arbuste.
GLO SSOLOGIEo 355
V mien , jet ou brandie ligneuse , flexible comme l’osier.
Sarment ( Sarméntum)\ tige ou branche à-la-fois ligneuse et grimpante , comme lorsqu’on parle des sar~ mens de la vigne.
§• 3o.'{. Arbre. ( Arbor , et dans les composés grecs Dendron ), plante dont la tige est ligneuse, nue et simple par le bas, et élevée d’aumioins trois fois la hauteur d’un homme. On désigne sous les noms de Ai buscula , petit arbre, celui dont la hauteur ne passe pas cinq fois celle de l’homme : il se désigne par le signe 5.
Arbor ou grand arbre dont la hauteur dépasse cinqfois celle de l’homme, et qui se désigné par le signe S •
Arbuste , Arbrisseau (Frutex , Arbustum, Fruticu lus), une plante à tige ligneuse, qui n’atteint pas trois fois la hauteur d’un homme , et se ramifie près de sa base : il se désigne , ainsi que le suivant, par le signe 5 .
Buisson ( IJumus , Dumetum ), un arbrisseau bas et très-rameux dès sa base.
Sous- arbrisseau ( Suffrutex ) , une plante ligneuse dépourvue de bourgeons, et qui n’a pas la longueur du bras : on la désigne par le signe 5 .
Herbe ( Herba ) , une plante à tige molle annuelle et analogue aux feuilles par sa consistance.
Art. 4* Des Racines.
§. 3o5. Racine ( Radix , et dans les composés grecs RJnzos ), partie de la plante, située à son extrémité inférieure, ordinairement cachée sous terre, qui tend toujours à descendre vers le centre du globe , ne se colore jamais en vert par l’action de la lumière, sert à fixer
la plante au sol et à pomper sa nourriture. L’Héritier , dans un sens général , la nommait Descensus , et ïïedwig , Truncus subterraneus.
On appelle Radicatio , l’ensemble des racines , ou leur disposition générale.
Radicule ( Radicula ). Ce mot se prend quelquefois dans un sens vague pour désigner» ou une petite racine, ou les extrémités des grandes ; mais, dans le sens strict » il désigne la partie de l’embryon ou de la plante naissante qui représente la racine ; voyez §. 368.
Radicelle {Radicella'). M. Richard désigne par ce mot les petites racines qui , dans les plantes monocotylédones , sortent, à l’époque de la germination, de la partie inférieure de la jeune plante.
Fibrilles ( Fribrillæ ) , ramifications capillaires des racines qui sont très-divisées ; l’ensemble des fibrilles se nomme en français , Chevelu.
Tubercule ou Tubérosité ( Tuber , Tuberculum ), partie épaisse, solide , ordinairement remplie de fécule » placée soit à l’origine de la racine , comme dans la Rave ou le Bunium; soit le long de ses ramifications , comme dans la Filipendule ou le Souchet rond; soit à leur extrémité, comme dans le Souchet comestible , soit entremêlées avec les fibrilles cylindriques, comme dans certains Orchis où les tubercules ont été improprement nommés Bulbes ; soit le long des rameaux inférieurs de la tige, lorsque ceux-ci deviennent souterrains et radiciformes , comme dans la Pomme de terre.
Exostose ( Exostosis ) , tubercule de consistance ligneuse et non féculente , par exemple , dans le Cyprès distique.
Ampoule ( Ampulla ). MM. Link et Wildenow nomment ainsi les corpuscules globuleux et creux à 1 in«
GLOSSOLOGIE.
*Ta r-*
iérieur , qu’on trouve sur les racines de certaines plantes aquatiques, par exemple, rUtriculàire.
Tête de la racine ( Caput radicis ). Bose ( de radieum or tu ) appelle ainsi le point de la racine qui touche à la tige ; et par opposition, Queue de la racine ( Caudex radicis ), celui qui en est le plus éloigné.
Chevelu . Ensemble des ramifications extrêmes, fines et nombreuses des racines très-divisées.
Pivot. On désigne sous ce nom la radicule primitive, qui eu grandissant descend verticalement, et fixe l’arbre très-avant dans le sol; de là l’épithète de racine pivotante , ou qui descend verticalement.
Art. 5. De V anatomie des Tiges et des Racines.
§. 3o6. Moelle ( Medulla ), tissu cellulaire ordinairement blanchâtre y qui est renfermé dans un canal cylindrique au centre de la tige des Dicotylédones, et qui paraît servir à la nutrition du bourgeon et de la jeune pousse. Elle manque dans les racines de toutes les plantes , et dans les tiges des Monocotylédones , quoiqu’on donne quelquefois abusivement ce nom à la substance molle et parenchymateuse qui est au centre de ces dernières.
Canal médullaire '( C an ali s medullaris J , cavité cylindrique et pleine de moelle, ménagée au centre de la tige.
On nomme spécialement Étui médullaire , la rangée interne de fibres qui entoure la moelle.
B.AYONS médullaires , Productions , Prolonge mens , ou Insertions médullaires ( Radii , Productiojies , Insertiones medullares , en anglais Silvergrain ), lames verticales , de nature assez analogue à
GL0SSÜL0G1E.
la moelle, qui partent de cet organe en tout sens, vont atteindre la circonférence , et sont visibles sur la coupe transversale d’un tronc sous la forme de rayons.
§. 807. Corps ligneux ( Corpus ligneum, Lignea portio, Malp. ), partie de la tige ou de la racine des Dicotylédones, comprise entre la moelle et l’écorce , et dans laquelle les sucs passent en allant de l’extrémité des racines aux feuilles. Dans les Monocotylédones , le corps ligneux compose toute la tige.
Bois ( Lignurn , et dans les composés grecs Xylon ). Dans un sens général, ce mot indique ou le corps ligneux, ou toute partie du végétal dont la consistance est ferme. Dans le sens strict, il désigne cette partie du corps ligneux qui a acquis toute sa dureté , et qu’on désigne vulgairement sous les noms de Bois parfait , Cœur du Bois ; dans les Dicotylédones, il est placé au centre; dans les Monocotylédones, à la circonférence.
Aubier, ou Bois imparfait ( Alburnum , Alburna , Malp. ) , partie du corps ligneux qui n’a pas encore acquis toute sa dureté, et qui est presque toujours d’une . couleur plus pâle ; il est à la circonférence dans les Dicotylédones, au centre dans les Monocotylédones.
Couches ligneuses ( Strata lignea , Involucra lignea , Malp., en anglais Spurious grain ), zones ligneuses qui se forment successivement autour de la moelle , ou de l’axe central dans les Dicotylédones , et qui sont visibles sur leur coupe transversale sous la forme de cercles concentriques , dont chacun indique ordinairement l’accroissement d’une année.
§. 3o8. Écorce ( Cortex , et dans les composés grecs Denna ) , partie de la tige et des racines des Dicotylédones , qui entoure le corps ligneux , s’en séparé facilement à certaines époques de l’année, ou par la macé
GLOSSOLOGIE.
ration , et dans laquelle les sucs ne passent point en allant des spongioles radicales aux feuilles.
Couches corticales ( Strata corticalia) ; ce sont les coucîies ou cercles concentriques qu’on observe , quoique souvent avec peine , dans l’écorce. Dans un sens plus restreint, on ne donne ce nom qu’aux couches extérieures de l’écorce.
Liber ou Livret ( Liber ). On donne ce nom aux couches corticales intérieures qui se séparent plus facilement que les autres , et comme les feuillets d’un livre.
Enveloppe cellulaire ou Tissu cellulaire de V écorce ( Stratum cellulosum , Complexus celluloses , Par encliyma Grew ). On donne ce nom à une couche de tissu cellulaire qui se trouve en dehors des couches corticales; c’est la partie qui, très-développéc, iorme le liège.
Epiderme ( Epiderma , Epi de r mi s ) , membrane cpii enveloppe la tige entière comme toute la plante, mais qui est plus facile à séparer et plus visible dans cet organe que dans tout çmtre ( Vey. §. 292. ).
Art. 6. Des Bourgeons .
§. 3og. Hiberjiacle Ç LlibernacuTum'). Sous ce nom , Linné désigne, en général, toutes les parties des plantes qui servent à envelopper les jeunes pousses pour les mettre à l’abri de l’hiver; tels sont les Bourgeons et les Bulbes.
§. 3io. Bourgeon ( Gemma ) , ou improprement Bouton , est un hibemacle situé sur la tige proprement dite, et composé d’écailles qui sont des feuilles ou des stipules avortées. Au premier moment de son apparition , le Bourgeon porte le nom d ’QEil. On appelle
G LO SSOL OGI E.
Gemmatio , l’ensemble des bourgeons ou leur disposîlion générale. On distingue les bourgeons, selon leur contenu , en
I. Bourgeons à feuilles ou ci bois Ç Gemmce folii ferre), ce sont ceux qui 11e donnent naissance qu’à des branches chargées de feuilles et sans fleurs.
2.. Bourgeons a fieurs ou à fruit ( G. florifères seu fructifère e), qui émettent des fleurs et point de feuilles.
3. Bout geons mixtes ( G. mixtce ), qui poussent des fleurs et des feuilles.
Quant à leur composition , on les divise en
1. Foliacés ( foliaceœ) , dont les écailles sont de petites feuilles avortées, par exemple, le Bois-gentil.
2 * P etiolacès (petiolaceœ) , ou dont les écailles sont des pétioles avortés; le Noyer.
3. Stipulacès ( stipulaceœ ) , ou dont les écailles sont des stipules plus ou moins avortées ; le Charme.
4. Pulcracès ( Fulcraceœ) , dont les écailles sont formées par l’avortement des pétioles bordés de stipules ; le Prunier.
Écailles ou Tegmens des Bourgeons (Squamœ, Tegmenta! , Link. ) , sont les petites parties qui recouvrent les germes dans les bourgeons ; elles ont la forme des écailles, mais méritent un nom propre, et celui que M. Link leur a donné , leur convient trèsbien : M, Mirbel appelle Pèrule l’enveloppe formée par les écailles du bourgeon.
Gemmule ( Gemmula ). M. Link désigne par ce mot, le rudiment d’une nouvelle branche située dans l’aisselle, et consistant en feuilles distinctes, quoique fort petites. M. Richard emploie ce terme pour désigner le premier bourgeon de la plante au moment de la ger-
GLOSSOLOGIE. 36 f.
mination, bourgeon auquel M. Link donne le nom de plumu 'e ( plumula ).
Turion ( Turio ). Linné entend par ce mot, le bourgeon des herbes vivaces, qui est situé au coilet de leur racine , et d où sortent les tiges annuelles , par exemple , dans 1 Hellébore ; on pourrait distinguer autant d’espèces de turions que de bourgeons.
§. 3ii. Bulbe ( Bulbus ). La Bulbe est une espèce d hibernacle ou de turion, situé ou au collet, ou sur une souche tres-courte, cachée sous la terre ou à la surface, et dont les tégumens sont des tuniques ou des écailles; elle diffère du turion, en ce que , dans le turion, les écaillés sont de peu de durée, tandis que dans la bulbe, elles durent au-moins autant que la pousse qui en est sortie; la bulbe serait bien définie un turion permanent. On peut distinguer autant de sortes de bulbes que de bourgeon., ; mais on ne désigne par des noms que les suivantes :
1. B. à tuniques ( B. tunicati ) , ou formées d’écailles nombreuses minces, membraneuses et embrassantes; par exemple, 1 Oignon. Ces sortes d’écailles se nomment tuniques ( tu nie œ).
2. B. à écailles ( B . squammosi') , ou formées de feuilles avortées épaisses et peu ou point embrassantes; par exemple, le Lys.
Cayeu [Bulbubus') , petit bourgeon ou petite bulbe qui naît à 1 aisselle des écailles extérieures des bulbes. En latin Dodoens nomme le Cayeu Nucléus ; Tournefort, Adnascens ; M. Richard , Adnatum.
Art. 7. Des Feuilles.
§. 3i2. Feuille {Folium, et dans les composés grecs Phyllum ), expansion ordinairement plane, verte, ho-
GLOSSO LOGIS.
rizontale, qui naît sur la tige des plantes , sert à 1 évaporation et l’imbibition des vapeurs et des gaz nutritifs, et est formée de l’épanouissement dune ou de plusieuis fibres. Une feuille est dite :
a. Simple ( simplex ), quand toutes ses parties sont
continues ensemble;
b. Composée (compositum) , quand elle est formée de parties articulées les unes sur les autres, et séparables , sans déchirement , à la fin de leur vie. Ces pièces foliacées se nomment Folioles ( Foliota ) ou Finnules ( Pinnulce J; lorsqu’elles sont placées l’une vis-à-vis de l’autre, on désigne ces paires de folioles sous le nom spécial de Paire ( Jugum ).
§. 3i3. Petxole ( Petiolus) , vulgairement Queue de la feuille , espèce de support situé à la base de la feuille, qui soutient sa partie plane et qui est formé par les fibres séparées de la tige , mais non encore épanouies. Dans les feuilles composées, le support général porte le nom de Pétiole commun (P. commuais ); chacune des branches articulées sur lui et portant plusieurs lolioles , Pétiole partiel (P. partialis ) ; et enfin, chaque petit support propre à une foliole et continu avec elle, Pétiolule ( Petiolulus ). Necker donne le nom de Peridroma , et Wildenow celui de Rachis, au pétiole des Fougères , qui porte à-la-lois les organes foliacés et ceux de la reproduction.
P étiolé foliacé ou Phyllodium. Je donne ce nom aux pétioles de certaines feuilles composées ou trèsdécoupées , qui prennent tellement d’extension, qu ils semblent de véritables feuilles , et que leurs lolioles ou leur limbe avortent en tout ou en partie , par exemple , dans les Acacies de la Nouvelle-Hollande ; cet accident se présente aussi dans les feuilles submergées des A Usina
GLOSSOLOGIE.
et de la Sagittaire; il arrive peut-être constamment dans celles des Buplèvres , de certaines Renoncules, etc.
§• 3 i 4 . Limbe ( limbus) , partie de la feuille ou de la foliole formée par l’épanouissement des fibres, ou, en d’autres termes, tout ce qui, dans la feuille, n’est pas le pétiole.
Nervures ( Nervi ), divisions du pétiole qui parcourent le limbe et forment le squelette de la feuille, ou, lorsqu’il n’y a point de pétiole, fibres naissant de la tige et parcourant le limbe. On distingue les nervures Ion gi tu dînai es {longitudinales') , qui vont directement de la base au sommet , et les nervures latérales [ latérales) , qui partent des précédentes et vont au bord de la feuille. On nomme Veine s ( Ven ce ) , les nervures peu préominentes , et dans ce cas , nervure signifie par opposition, nervure préominente ; quant à la disposition des nervures , voyez §. 397 et §. 3ro.
Parenchyme ( P arenchyma ) , toute la partie du limbe qui est molle, celluleuse et qui n’est pas nervure.
§. 3 1 5. Gaîne ( Vagina ), portion de certaines feuilles, qui enveloppe la tige dans une partie de sa longueur , et semble remplacer le pétiole. On la dit entière ( integra) , lorsqu’elle forme, comme dans les Cyperacées, un tube continu ; fendue ( fissa ) , quand elle est divisée par une lente longitudinale, comme dans les Graminées.
Languette ( Ligula , Collare , Ricb. ) , appendice membraneux, qui, dans les Graminées, couronne la gaîne.
Ochrea (Wild. ), gaîne membraneuse et in complet te , qui se trouve à la base des feuilles des Polv-» gonées.
Réticulum (Link), gaîne fibreuse qui se trouve à la base des feuilles des Palmiers.
GLOSSOLOGIE.
P ericladium (Link) , évasement du bas de la feuille qui embrasse la base des rameaux ou des pédoncules , par exemple , dans les Ombellifères.
§. 3 ï 6. Stipule ( Stipula ), appendice foliacé ou feuille accessoire située sur la tige à la base de certaines feuilles; on distingue les stipules caulinaires f caulinœ ) , ou qui adhèrent à la tige seulement , comme dans le Poirier, et les stipules pètiolaires ( petiolares ) , ou qui adhèrent à-la-fois au pétiole et à la tige, comme dans le Pvosier.
Stipelle ( Stipella , DC. ) , ou Stipule foliolaire , stipule placée sur les pétioles communs à la base des folioles, par exemple, dans le Haricot.
Hypophy Ilium ( Link) , petite gaine, qui représente la véritable feuille, à l’aisselle de laquelle naissent certains rameaux dont l’apparence est semblable à des feuilles, comme, par exemple, dans les Asperges.
J^agijtelle ( Vaginella , DC. ) , petite graine membraneuse , qui embrasse la base des faisceaux de feuilles •dans les Pins.
Auricule ( Auricula , Wild. ), ou A mphigaster ( Web. et M.), stipule des Jongennannes. Voyez §. 33o.
§. 3i7- La place des feuilles sur la tige donne lieu à quelques termes :
Aisselle ( Axilla') , angle situé au-dessus du point d’attache d’une feuille, et formé par la feuille ellemême et la partie de la tige supérieure à son insertion. On appelle aussi aisselle l’angle que forme un rameau ou un pédoncule sur la tige qui le porte; mais ce mot empkryé seul s’entend toujours de l’aisselle des feuilles : de îà axillaire ( axillaris J, qui naît de l’aisselle des feuilles; supra- axillaris , extra - axillaris , qui naît au-dessus ou hors de Vaisselle. Les anciens appelaient Vaisselle al a*
Cicatrice ( Cicatricula ), marque que les feuilles articulées sur la tige j laissent après leur chute. Lorsque les feuilles sont adhérentes, il n’y a pas de cicatrices; mais après leur mort, ce qui en reste porte le nom de Débris ( Reliquiœ , ou moins exactement Rameuta J.
Coussinet ( Pulvinus ). M. Link donne ce nom à la petite protubérance qui se trouve souvent sous la cicatricule. Les anciens entendaient par ce mot, la partie préominente entre les stries ou le dos des sillons.
Projecture ( Projectura , Sims. ) , petites côtes saillantes, qui, partant de l’origine d’une feuille, se prolongent sur la tige de haut en bas, par exemple, dans les Légumineuses.
§. 3i8. Les renflemens propres aux feuilles sont désignés par les noms suivans :
Vésicule {Vesicula') , partie close, renflée et pleine d’air , qui se trouve sur les parties foliacées , dans certains Fucus, dans le pétiole du Trapa natans : les vésicules sont aux feuilles ce que les ampoules sont à la racine.
Outre Ç Ascidium , Wild. Vasculum ) , espèce de coupe ou de godet, ouvert d’un côté, formé ou par la feuille courbée et à bords soudés comme dans les Sarracenia , ou par la feuille concave comme dans leCéphalotus , ou par un évasement particulier du sommet de la nervure longitudinale dans le Nepenthes ; les Outres sont souvent recouvertes par une pièce foliacée plus ou moins mobile, qui porte le nom d 'Opercule ( Oper culum. )
§. 3ig. Quoiqu il n entre pas dans mon plan d’expliquer les termes adjectifs composés , ceux qui servent à désigner les espèces des feuilles sont d’un usage si impôt tant, et exposés avec si peu de rigueur dans la plu-
GLOSSOL OGÏE.
pari des livres, que je crois nécessaire de les indiquer d’après les principes exposés dans la Flore française (3.e éd. vol. I. p. 91. ).
§. 320. La structure anatomique des feuilles dépend essentiellement de la disposition de leurs nervures (Voyez chap. 3. art. 3. ) , et d’après ce caractère, on les distingue en feuilles
I.° A nervures confluentes ( nervis confluentibus J, ou simples réunies au sommet; parmi celles-ci je range les feuilles :
a Piectinerves ( recti?iervia J, à nervures droites , presque parallèles , comme dans les Gramens.
b. Curvinerves ( curvinervia fl à nervures courbées de manière à être à-peu-près parallèles au bord de la feuille, par exemple, l’Hémérocallis du Japon.
c. Ruptinerves ( ruptinervia fl à nervures qui naissent presque parallèles , et qui se rompent d’espace en espace de manière à former des lanières, ou
a. Pennif 'ormes ( penniformia ) , disposées comme dans les feuilles pennées , par exemple , dans le Dattier , ou
/3. Palmif ormes { palmformia fl disposées comme dans les feuilles palmées, par exemple, dans le Chamœrops.
II.® A ?iervures divergentes ( nervis divergenlibus ) ou rameuses , de manière à se diriger vers divers points de la surface. J’y distingue les feuilles
a. Penninerves ( penninervia J , ou à nervures pennées, par exemple, le Chateigner.
b. P èdalùierves ( pedalinervia ) , ou à nervures pédalées , par exemple , l’Hellébore fétide.
c. Palminerves ( palminervia fl ou à nervures palmées, par exemple, la Vigne.
d. Peltinerves ( peltinervia ) , ou à nervures pellées, par exemple, la Capucine.
e. Triplùierves ( triplinervia ) , ou à nervures triplées, c est-a-dire , c[ue la feuille offre trois nervures principales, dont les deux latérales ne naissent pas de la base comme dans les Palminerves à trois nervures , mais de la partie inférieure de la nervure centrale, par exemple, l’Hélianthe tubéreux.
f. Quintz/phnerves ( cjuintuplinervia ) , quand la nervure centrale s’est pour ainsi dire quintuplée en donnant dès sa base et de chaque côté naissance à deux nervures latérales, par exemple, la IVLelastoma discolore.
g. Vaginerves ( vaginervia J , ou à nervures disposées en tous sens et sans aucun ordre comme dans les Ficoïdes.
//. Rètinerves ( retinervia J, ou disposées sur toute la feuille en forme de réseau ou de dentelle.
III.0 A nervures indistinctes ( nervis indistinctis c’est-à-dire, peu apparentes eu disposées sans ordre.
a. d alsinerves ( falsinervia ) , ou dont les nervures nont pas de vaisseaux, et sont composées de simple tissu cellulaire allongé comme dans les Fucus. On les distingue en pemziformes , pèdalif ormes , palmif orme s , peltif ormes , tri-pli f ormes , cjuintuplif ormes , rétiformes , vagif ormes , selon qu’elles ressemblent à une des cinq dispositions précédentes.
b. Nullùierves ( nulluzervia seu enervia ) , ou sans nervures ni fausses nervures, comme dans la plupart des Ulves.
§. 821. Si maintenant on combine les termes tirés de la disposition des nervures , avec ceux qui servent à désigner la profondeur des découpures , et qui sont ex-
363 GI.OSSOI.OGIE.
posés chap. 3. art. 5. §. 419, on forme et on comprend sans difficultés les termes composés suivans , tous applicables ou aux feuilles simples ou aux folioles des feuilles composées , savoir :
Pennatifide (pinnatifidus ), qui, ayant les nervures pennées , a les lobes divisés jusqu’à moitié de la largeur, par exemple, le Polypode vulgaire.
Pennatipartite ( pinna biparti bu s ) , qui , ayant les nervures pennées , a les lobes divisés au-delà du milieu et le parenchyme non interrompu , par exemple , le Polypode doré.
Vennaùsecjuè ( pinnatisectus J, qui, ayant les nervures pennées , a les lobes divisés jusqu’à la nervure du milieu et le parenchyme interrompu , par exemple , le Polypodium unitum, etc.
Pennabilobè ( pinnatilobatus ) , qui , ayant les nervures pennées , a les lobes incisés à une profondeur qu’on ne peut ou ne veut pas déterminer. Parmi cellesci, on a distingué, sous le nom particulier de lyrees ( lyrata J, celles qui ont les lobes du haut grands et réunis , et ceux du bas , petits et divisés jusqu’à la nervure.
Cet exemple suffit pour comprendre tous les termes analogues des autres classes, tels que palmatifidus , pahnatipartitus , palmabisectus , palmatilobatus , ou pedatifidus , pedatipartitus,pedatisectus , (par exemple, Passiflora pedata et P. cirrhiflora ) , pedatilobatus , etc.
§. 322. Les feuilles composées se classent de même : 1,0 d’après la disposition de leurs nervures ou des branches de leur pétiole, qui représentent leurs nervures ; et 2.0 d’après le nombre de leurs folioles.
G LOSSOLOGIE.
Sous le premier rapport , on distingue les feuilles composées en :
1. Lomentacèes (lomentacea) ; ce sont des feuilles dont la nervure du milieu ne se ramifie que pour donner naissance au limbe, mais se coupe d’espace en espace par des articulations qui la séparent en autant de pièces placées bout à bout. Cette structure est assez commune dans les siliques ou gousses articulées, dites lomentacèes : quant aux feuilles, je n’en connais qu’un seul exemple bien clair, c’est une feuille qui se trouve conservée dans l’herbier de l’Inde, recueilli par Noronha ; c’est probablement une espèce d’Oranger , et notre Oranger commun nous offre une feuille composée lomentacée , à deux articles , ou deux folioles continues,
2. Pennées ( pinnata ) , ou dont les folioles sont disposées d’un et d’autre côté d’un pétiole commun, comme
les barbes des plumes des oiseaux. On y distingue encore les feuilles 0
a. Alternè-pinnata , à folioles alternes,
b. O pp o site- p inn a La , à folioles opposées,
c. Abruptè-pinnata , pennées sans impaire, c’est»
a-dire , sans que le pétiole se termine par une foliole solitaire.
d. Impari -p inna ta , pennées avec impaire.
3. Pèdalees ( pedata ) ; ce seraient celles qui au» raient les folioles placées comme les lobes des feuilles simples pèdalinerves, auxquelles on donne ordinairement les noms d epèdalèes ou pèdiaires (pedata); mais on ne connaît aucun exemple de feuilles composées vraiment pédalées.
4. Palmées ( palmata ) ; ce sont celles qui ont les folioles toutes articulées à l’extrémité du pétiole corn-
mun, et disposées sur le même plan comme les doigts de la main, par exemple, la Vigne-vierge.
5. Peltèes (peltata) , qui ont leurs folioles disposées en verticille tout autour du sommet du pétiole commun, comme, par exemple, le Sterculia balanghas. Cette classe mérite à peine d’être distinguée de la précédente.
Devant ces divers termes , on place les mots hi9 tri , quadri , etc., lorsqu’on veut indiquer que le même mode de composition se répète deux , trois ou quatre lois .
Le nombre des folioles s’y explique d’une maniéré fort simple; lorsqu’elles sont en nombre impair, ou dans une position alternative, on exprime leur nombre par les termes unifoliolè Ç unifoliatus ) , bifoliole ( bifoliolatus J , etc.
Si les folioles sont opposées deux a deux, on exprime leur nombre par celui de leurs paires : ainsi, on dit unijugus , bijugus , etc , à une , deux paires de folioles.
Si, enfin, le pétiole commun, comme cela arrive dans quelques Acaoies, se divise en deux branches, dont chacune de son côté porte des folioles , on dh que la feuille est conjugèe (conjugatum) , et quelle
est conjugato-pinnatum , conjugato-palmatum, etc, ,
selon que chacune de ces branches est pennée ou palmée , etc.
§. 323. Considérées, quant à la manière dont elles sont rangées dans le bourgeon , on distingue les feuilles en trois classes :
1. Les feuilles appliquées Ç adpressa ) , ou a limbes planes droits appliqués i’un contre l’autre, par exemple, dans les Amaryllis.
2. Les feuilles plùsées (plicata ) . où l’on distingue celles qui sont :
GLOSSOLOGlEà
a. Plicatives ou plissées proprement dites ( plica* tiva), lorsqu’ayant les nervures palmées, elles sont plissées sur ces nervures, de manière à représenter les plis d’un éventail fermé ; la Vione.
b. Réplicatives , ou pliées de haut en bas ' replica « tivaî ’ quand la partie supérieure de la feuille se recourbe et s’applique sur l’inférieure, comme dans l’Aconit.
e. Equitatives , ou pliées moitié sur moitié f ecjui tativa)y lorsque les deux côtés séparés par la nervure longitudinale, s’appliquent ou tendent à s’appliquer face contre face ; on y distingue quatre cas ;
a. En ? egard ( ecjuitativa ) , qui , étant opposées , sont légèrement pliées sur leur nervure longitudinale , de manière que leurs bords se touchent; le Troène.
/B. Demi-embras s èes ( semi-amplexa ) , qui , n’étant pas tout-à-fait opposées, sont pliées sur leur nervure, de sorte que la moitié de chaque feuille est placée entre les deux pans de la feuille opposée; la Saponaire.
y. Embrassées ( amplexa ), dont les deux côtés de la feuille pliés l’un sur l’autre, sont recouverts par les deux côtés de la feuille précédente pliés de même; par exemple dans les Iris.
4- Conduplicatives , ou pliées cote à cote (c ndu~ phcativa ) , quand les deux feuilles pliées moitié sur 1 autre ne s embrassent point, et sont placées l’une à côté de l’autre, par exemple, le Hêtre.
d. Ej?ioncatives Çnnbricativa) , quand les rudimens des feuilles sont appliqués en recouvrement les uns sur les autres , et forment pms de deux séries ; les Melèses.
3. Les feuilles roulées (voliua) , parmi lesquelles on distingue celles qui sont :
37^ GLOSSGLOGIE»
a. Roulées sur le sommet , CirciTiales ou en Crosse ( Circinnalia ) , ou qui se roulent sur leur nervure longitudinale de haut en bas, par exemple, dans les Fougères, les Droseracées.
b . Convolutivesou roulées encornet ( convolutiva) , quand l’iin des bords de la feuille sert d’axe , autour duquel le reste du limbe s’enroule en forme de cornet, par exemple , le Bananier , le Balisier , etc.
c. Supervolutives ou roulées V une sur Vautre ( supervolutiva ) , quand l’un des bords se roule sur luimême en dedans, et que l’autre bord l’enveloppe en sens contraire , par exemple , l’Abricotier.
d. Involutives ou roulées en dedans ( involutiva ) , quand les deux bords se roulent sur eux-mêmes en dedans, par exemple, le Pommier.
e. Résolutives ou roulées en dehors ( revolutiva J , quand les deux bords se roulent sur eux-mêmes en dehors , par exemple , le Romarin.
f. Curvatives (curvativa') , quand le roulement est à peine sensible, à cause du peu de largeur des feuilles.
Art. 8. Des Défenses , Soutiens, Appendices et autres
Organes accessoires.
§. 324. Fulcra. Sous ce nom générique qui signifie Soutiens , Linné désignait tous les organes accessoires et qui servent plus ou moins à faciliter la végétation , tels que les stipules, les vidlles, les poils , les epines, etc, O11 ne l’emploie presque plus sous ce rapport , mais dans un sens plus restreint ; on donne le'nom de,
§. 325. Crampons ( Fulcra ) à des appendices de la tige qui servent à l’accrocher aux corps voisins, sans être
GLOSSOLOGIE.
roulés en spirale comme les vrilles , et sans pomper de la nourriture comme les racines; tels sont les crampons du Lierre, les organes improprement nommés racines dans les Fucus, etc.
§. 326. Vrille , Main ( Cirrus , et non cyrrhus J, appendice filiforme tortillé, qui sert à soutenir les plantes en les accrochant aux corps voisins; c’est ce que les anciens nommaient Capreolus , Clavicula , claviculus. Les vrilles sont de six sortes :
cl . P ètiolaires ( petiolares , petiolemii , Mirb. ) lorsque ce sont des pétioles prolongés, comme dans le Pois.
b. Foliaires (foliares ) , lorsque la feuille elle-même se prolonge en appendice tortillé, comme dans la Superbe du Malabar.
c. Nervales ( nervales )9 lorsque la nervure principale se prolonge-au delà du limbe en un appendice filiforme : tel est, par exemple, le Ne peu thés, dont la vrille est remarquable en ce qu’elle finit par s’évaser à son sommet en un outre couvert d’un opercule.
d. Stipulaires {Stipulares , stipuleani. Mirb.), quand elles sont le prolongement ou la transformation des stipules , par exemple, le Smilax horrida.
e. P èdonculaires ( pédunculares , pedunculeani. Mirb. ) , quand les pédoncules avortés se changent en vrilles, comme dans les Passiflores, la Vigne.
f. Corollaires (corollares) , quand les pétales ou segmens de la corolle se prolongent en appendice tor« tillé, comme dans les Strophanthes.
§. 327. (Suçoirs Haustoria , DC.), tubercules placés ça et là sur la tige ( dans les Cuscutes , par exemple ) , et qui sont organisés de manière à se fixer sur une autre plante et à pomper de la nourriture.
3y4- GLOSSOLOGIE.
§. 328. Défenses y Ficjuans {Arma). Quelques auteurs désignent sous ce nom général, tous les moyens de défense des végétaux, tels que épines, aiguillons, etc. C’est dans ce sens que arma tus , armé , ou pungens , piquant, signifie quia en général des* defenses ou des piquans, et par opposition inerme (inermis) , se dit des organes qui en sont dépourvus. M. Richard employé ce dernier mot à la place d* ecalcaratus , pour désigner les tabliers des orchidées qui n’ont point d’éperon.
Epine ( Spina , et dans les composés grecs Acanthon y Acantha ] , excroissance dure, pointue, qui naît dn corps ligneux, et qui est une branche ou un organe quelconque avorté ou endurci; par exemple, l’épine du Prunier est un rameau avorté; celles du Dattier, un lobe de feuille endurci; celles des Erythryna, une stipule endurcie , etc.
Aiguillon (Aculeus) y excroissance dure et pointue qui ne naît pas du corps ligneux, mais de l’écorce ou de l*épiderme, et semble être un poil endurci; par exemple, dans les Rosiers.
§. 329. Poil ( Pilus , et dans les composés grecs Trichos , de y êpt%oç ) ; production molle et filiforme qui naît de l’épiderme et recouvre les piaules comme les poils des animaux. Quant à leur structure, voyez le §. 298. Quant à leur apparence et leur consistance, on les distingue par les mots suivans :
Poil ( P il us) y dans le sens strict, signifie poil superficiel , pea couché et légèrement roide.
Villas y poils couchés, nombreux, un peu mous.
Du vet (Puhes) , assemblage de poils mous, peu nombreux, analogues au duvet des adolescens.
Poil aranèeux ( Pilus araneosus)\ on distingue sous
GLQSSO LOGIÊ.
ce nom îes poils très-longs, très-mous et très-fins, qui imitent ceux des toiles d’araignées, par leur nature et leur entrecroisement lâche, par exemple, le Sempervivum Araclinoideum.
Hirsuties , assemblage de poils longs et nombreux.
Laine [Lana , Lanugo , est dans les composés grecs Erion ) , duvet semblable à de la laine, composé de poils longs, mous, couchés ou entrecroisés.
Coton ( Tojnentum) , duvet semblable à du coton , composé de poils longs , entrecroisés et crépus.
Velours (Velumen), assemblage de poils serrés, mous, courts et raz.
Cil ( Cilium ), poil un peu roide, placé sur le bord même d’une surface.
Houppe , Barbe (Barba, et dans les composés grecs Bogon), poils un peu disposés par touffe ou dans un ordre régulier.
Arête ( Arista , Beauv , et dans les composés grecs Athera ), sorte de poil roide ou de pointe filiforme terminale ou dorsale , insérée subitement , qui ne semble pas être la continuation d’une nervure ; dans les Graminées , elles naissent sur le dos ou le sommet des enveloppes florales.
Soie ( Seta , et dans les composés grecs Chæta J , poil roide comme la soie du porc , ordinairement terminal et qui paraît être la continuation d’une nervure; dans les Graminées , les soies sont au sommet des enveloppes florales.
Crin ( Cri ni s) , poil roide comme un crin, quelle que soit sa position.
Apicule ( Apiculus) , poil ou pointe piliforme terminale, aigue , courte , et dont la consistance 11’est pas très- roide.
GLOSSOLOGXE.
Cuspide ( Cuspîs ) , apicule acérée , allongée et un peu roide.
Mucrone ( mucro ) , apicule roide et droite.
Hameçon ( H ai nus , Rostellum , Uncus ), poil OU pointe crochue.
Glochide (Glochis) , poil mince, roide, à branches recourbées ou rabattues.
Stimulus , poil fin, un peu roide et dont la piqûre cause des démangeaisons.
§. 33o. Ecaille ( Scjuama , et dans les composés grecs Lepis ). On donne en général ce nom à tout appendice petit, membraneux ou scarieux 5 on distingue en particulier les suivantes :
*z. P aillette{P aléa), petite écaille ou bractéoîe entremêlée parmi les fleurons des fleurs en tête.
b. Striga , petite écaille étroite, allongée et qui ressemble à un poil.
c. Ramentum , très-petite écaille membraneuse qui se trouve sur le pétiole des Fougères.
§• 33i. Verrue ( Verruca ), protubérance petite, arrondie, un peu molle et compacte.
Papille {Papilla')^ protubérance petite, allongée, molle et compacte.
Papule (Papulai) , protubérance arrondie , molle et aqueuse à l'intérieur; formée par une boursouflure de l’épiderme : c’est ce que Guettard nommait glande utri culaire ( glandula utricularis ), par exemple , les bosselures de la feuille de glaciale.
Lenticule ( Lenticula ) , petite tache arrondie ou oblongue qu’on observe sur l’écorce encore lisse des arbres , et dont on ignore la nature; c’est ce que Guetlard nommait glandes lenticulaires ( glandulœ lenii culares J.
GLOSSOLOGÏE.
C) pli elle ( Cyphella ) , fossette orbiculaire et bordée qu’on observe à la face inférieure des Lichens nommés S ticta, et dont l’usage est inconnu.
Fossette {Fo vea), sorte de dépression peu considérable et exprimée d’une manière générale.
§. 332. Appendice Ç si pp en dix , Ap endiculuin j , partie accessoire ou qui semble ajoutée à une autre.
Aile (A la), appendice membraneux ou foliacé; on l’applique spécialement aux appendices de la tige.
Auricule , Oreillette ( Auncula ). Dans un sens général ce mot signifie un appendice court, latéral , arrondi comme le bout de l’oreille ; de là auriculatus , garni d’oreillette. M. Link réserve le mot auricula pour l’appendice foliacé de certains pétioles, comme l’Oranger; Wildenow, pour les stipules des Jongerm an nés , qui ne diffèrent cependant en rien des vraies stipules.
Queue ( Cauda, et dans les composés grecs Uni '), appendice terminal quelconque, long, mol, flexible et semblable à la queue d’un animal.
Art. g. De la Reproduction sans fécondation.
§• 3o3. Gongyles , Spores Ç Gongyli , Sporae , Sporulæ ) , globules reproducteurs des plantes dans lesquelles la fécondation n’est pas démontrée , et que les uns regardent comme des vraies graines, d’autres comme des espèces de bulbil les . 'Wildenow réserve en particulier le mot de Gongyles , pour les globules reproducteurs des Algues.
Germe ( Germen) , rudiment quelconque d’un nouvel être ou d’un nouvel organe pris dans un sens géné-
glossqlogie.
ral et quelquefois hypothétique; on 1 a aussi employé à la place d’ovaire §. 35 1 , ou d’embryon §. 369.
S oboles. M. Link emploie ce mot pour désigner un rudiment quelconque d un nouveau pieci ou d une nou velle branche.
§. 33/p La multiplication sans fécondation s opère naturellement dans les plantes vasculaires par divers moyens, savoir:
Surgeon, Dragon ( Surculus ) , branche qui nait du collet ou de la souche, s’élève dès quelle sort de terre, et est susceptible d’être séparée avec une partie de la racine, et de former un nouvel individu , par exemple, dans l’Olivier.
Jet {Stolo') , branche ou tige secondaire poussant du collet hors de terre , tombante et poussant çà et là d un côté des racines, de l’autre des leuili.es, par exemple, la Piloselle.
Coulant ( Flagellum ), jet qui manque de feuilles et de racines dans un espace déterminé, et qui, à des places fixes, émet des touffes de feuilles et de îacines, par exemple, le Fraisier. M. Link nomme cette sorte de jets Sarmentum; Tournefort les nommait Viticulæ , et c’est encore dans ce sens qu’on dit viticulosus , muni de coula ns.
Bropacule ( Propaculmn , Link), espèce de coulant terminé par un bourgeon à feuilles, susceptible de prendre racine lorsqu’il est séparé de la plante-mère, par exemple, les Joubarbes.
Bulbille {Bulbillus) , petits tubercules bulbiformes , séparables de la plante-mère et susceptibles de produire de nouveaux individus: onles nomme vulgairementi?///bes ( Bulbi ), quelquefois Sautelles d’après M. Hayne, ils sont situés sur la tige dans le Lys bulbifère , et alors
M. Link les nomme Fropago , sur la base de l’ombelle dans plusieurs Aulx, dans la capsule de plusieurs Amaryllis; et alors quelques auteurs leur ont donné le nom de B a cil lus ^ enfin, sur les fibrilles de la racine dans la Saxifrage grenue.
§. *A5. Les moyens artificiels de multiplication sont, outie les précédons qui le deviennent à volonté , les suivans; savoir :
Bouture ( Taled) , petite branche qui, coupée et fichée
dans la terre humide, y pousse des racines et forme un nouvel individu.
Crosseue (Malleolus) , nouvelle pousse portant à sa base un tronçon de vieux bois, et susceptible de re*» prendie racine lorsqu on la met en terre.
Marcotte ( Circumpositio ) , branche tenant encore a la plante-mère, qui, insérée ou couchée dans la terre ou de la mousse, y pousse des racines , soit qu’on lait laissée intacte, soit qu’on ait entaillé son écorce ou son bois , soit qu’on ait fait à l’écorce une ligature eu une section pour y déterminer un bourrelet , c’està-diie une nodosité qui est disposée à pousser des
racines.
&teffe (Jnsertio , Inosculatio ) racle par lequel on place le bourgeon d’un arbre en contact avec le liber d un ai.tie arbre avec lequel il se soude et se développe. L arbre sur lequel on place le bourgeon porte le nom de Sujet , et la branche insérée qui est née du bourgeon celui de Greffe.
§. 336. Quant aux végétaux cellulaires, outre les
termes généraux expliqués §. 33o , on emploie les suivans :
Propagine ( Propago), se dit desbulbilies des Mousses et des Marchanda. Dans ces dernières, les propaginss
GL OSSOLOGIE»
sont renfermées dans une coupe nommée en latin Cya* thus , Scyphus ; Necker donne à ces coupes pleines de propagines, le nom d ' Ongoma.
Conide ( Conidium , Link, Prcpagulum, Wild.) , corpuscules arrondis , solitaires ou agglomérés , qu’on trouve sur certains Lichens , et qu’on a pris tantôt pour leur pollen , tantôt pour leurs gongyles , tantôt pour des propagines : lorsqu’ils sont agglomérés, leurs amas portent le nom de Soredium (Ach.)
Art. 10. De la Reproduction sexuelle en général.
§. 337. Sexe (S exus) , appareil d’organes qui servent à procréer ou à féconder un nouvel être (Voyez §. 35o) ; savoir :
a. Sexe ou Organe femelle (f x milieu s , et dans les composés grecs gynos) , celui qui renferme le nouvel être et le nourrit jusqu’à ce qu’il puisse se suffire.
b. Sexe ou Organe mâle (Mas , Masculus , Mascu linus , et dans les composés grecs ander , de «v>jp5 *vtys3)9 celui qui féconde le nouvel être ou lui imprime le mouvement vital.
Le là viennent les mots sexuel ( sexualis ) , relatif au sexe ; unisexuel (unis exualis ) , qui n a qu un sexe dans le même individu ou la même fleur \ bisexuel (bis exualis ) , qui a deux sexes.
Neutre ( zieuter , agenius Lameth, agamus Rich.), qui n’a point de sexe ou point d’organes sexuels.
Androgyne ( and.ro gy nus) , qui a en général des organes mâles et femelles , sans désigner leur position.
Hermaphrodite (liennaphroditus) , qui a les deux sexes réunis dans la même fleur.
Idioginus , qui n’a pas d’organe femelle.
GLOSSOLO 6ÏE.
Monogamicus , qui a les fleurs séparées et distinctes.
Monoïque {monoicus) , qui a des fleurs mâles et des fleurs femelles distinctes sur la même plante.
Dioique (dioicu ) , qui a les fleurs mâles et les fleurs femelles sur deux individus différens.
Polygame (polygamus ), qui a des fleurs mâles, femelles ou hermaphrodites indifféremment.
T ri o i que (trioicus) , qui, étant polygame, a les trois sortes de fleurs sur trois individus.
Fertile ( fertilis ), se dit ou des fleurs qui ont les moyens de féconder les graines , ou des fruits et graines fécondées, ou, par métaphore, des plantes qui produisent beaucoup de graines.
Stérile (sterilis) ; le contraire de fertile dans tous les sens.
Art. 11. De V Inflorescence, ou de la disposition générale des fleurs.
§. 338. Fleur f Ilos , et dans les composés grecs F/os) , appareil des organes qui opèrent la fécondation des plantes , et de ceux qui les entourent et les protègent immédiatement.
Fleuron ( F losculus') , signifie, en général, petite fleur, mais dans un sens plus restreint et plus habituel, sert à designer chacune des petites fleurs qui composent les têtes ou capitules des plantes composées. Voyez §. 342.
Bouton ( Alabastrum , Link), la fle ur avant son épanouissement. Ce mot est formé de celui à’Alahastrus , sous lequel Pline désigna le bouton de la Rose.
GLOSSOLOGÎË.
§. 33g. Pédoncule, Pédicule {Peduncitlus, Pediculus) , vulgairement Queue de la fleur , Support qui soutient la fleur. Ces termes s’emploient l’un pour l’autre dans le sens général ; mais si le pédoncule se ramifie, la base ou les maîtresses branches gardent ces noms, et les divisions extrêmes prennent celui de Pèdicelle ( Pedicellus ); dans les mots composés on se sert , à la place de ces ternies , en latin du mot pes , et en grec de pus ou podus , qui vient de kovç, mfoç » pied .
Hampe ( S cap us ) , pédoncule qui naît très-près du collet de la racine, et semble une tige nue.
Rafle ou Axe ( Rachis , Axis ), pédoncule central ou axe d’une grappe ou d’un épi; Wildenow donne le nom de Rachis , et Necker celui de Peridroma , au pétiole des Fougères qui est à-la-fois pétiole et pédoncule.
Podetium , pédicule qui, dans les Marchanda , soutient l’ensemble des organes de la fructification.
Umbraculum , parasol qui couronne le podetium des Marchanda, et porte la fructification.
Stroma. M. Persoon donne ce nom à la partie des plantes cryptogames qui porte ou renferme la fructification.
Entonnoir (Scyphus , Oplarium , Neck. ) , pédoncule creux et en forme d’entonnoir, qui porte la fructification de certains Lichens, dits pour cela Pyxidés ou Scyphophores.
§. 34o. Réceptacle des eleubs [Recep taculum fi 'orum ), signifie en général un évasement du pédoncule, disposé de manière à porter plusieurs fleurs ou plusieurs fructifications. Certains réceptacles ont reçu des noms particuliers, mais peu usités; tels sont :
GLOSS OL OGÏE.
Ciina?ithe ( Clinanthium ). Un pédoncule élargi à son sommet en un plateau chargé de plusieurs fleurs sans pédicelle, a été désigne sous ce nom par quel» ques auteurs; tels sont ceux des Composées, des Dip sacées, du Dorstenia , etc., ce qui comprendrait les deux suivans :
Phoratithe ( Phoranthium ). M. Richard donne ce nom au réceptacle des Composées queTournefort nommait Thalamus.
Ampli an thium. M. JLink désigne ainsi les réceptacles dilatés qui portent ou renferment les fleurs, comme dans le Riguier, le Dorstenia.
Anthurus. M. Link donne ce nom aux pédicules alongés, tpii portent des fleurs en faisceau.
§. 34i. Bractée ( Bractea ), feuille qui se trouve dans le voisinage des fleurs, et qui diffère des feuilles ordinaires par la forme ou la couleur ; lorqu’elle n’en diffère pas, 011 la nomme Feuille florale ( Folium florale); lorsqu’il y a plusieurs rangs, celles qui sont sur le pédicule ou à sa base gardent leur nom; celles qui sont sur les pédicelles ou à leur base se nomment Brac~> tèoles ( Bracteolæ ).
Touffe ( Coma), faisceau de bractées ou de feuilles florales qui couronne la sommité de certains épis ou de certaines grappes, par exemple, dans le Salvia horminum.
§. 342. Involucre (Involucrum) , assemblage de bractées ou de petites feuilles florales qui entourent de près les fleurs; ces bractées se nomment, selon leur apparence, Folioles, Écailles ou Pailletés ; il me paraîtrait plus méthodique de les désigner toujours par celui de Bractées; le mot d’involucre se prend dans un
GLOSSGLOGIE.
sons général, et diverses sortes d’involucres ont reçu des noms particuliers ; ainsi :
Involucelle ( lavolucellmn ), ou involucre partiel , se dit des rangées les plus voisines des fleurs, lorsqu’elles sont elles-mêmes enveloppées par un involucre vénérai; les bractées des involucelles se nomment Bractèoles (Bracteolæ ).
Calicule ( Caliculus ) : quelques botanistes donnent ce nom à un involucre qui ne renferme qu’une fleur, et qui adhère par sa base avec le vrai calice.
Cupule ( Cupula ) , involucre formé d’une ou plusieurs petites bractées soudées, et renfermant une ou plusieurs fleurs femelles , dont le périgone adhère à l’ovaire ; tels sont ceux des glands de chêne ou des conifères.
Collerette , se dit en français de l’involucre des Ombellifères, qui, étant composé de bractées verticillées sur un seul rang, ressemble à une collerette.
P èiùphorante^Periphorantium') , M. Richard désigne sous ce nom spécial l’invoiucre des Composées ; c’est ce que Linné nommait Calice commun ( Calyoa commuais ) , et Necker Perigynanda commuais ,
Spathe {Spatha), involucre foliacé ou membraneux, propre aux Monocotylédones, composé d’une ou d’un petit nombre de feuilles ou bractées larges, embrassantes , et qui peuvent envelopper les jeunes fleurs; ces bractées se nomment très-improprement Valves {V alçulce) de la spathe; Rumphius nommait Calopodium , la spathe des Arums; la feuille supérieure des Graminées, lorsqu’elle est renflée et réduite à sa gaine, porte le nom de Spathe ; M. Richard nomme Spathilles , les spathes partielles qui entourent les fleurs et qui sont déjà elles-mêmes entourées d’une spathe.
Glume (Gluma)y dans un sens très-général, se dit
GLOSSOLOGXE.
de l’involucre des Graminées. Voyez §. 348, n.° IV, page 396,
§. 343. Des organes très - analogues aux précédons , ont dans les Cryptogames reçu des noms particuliers ; savoir :
Perichœtium , involucre composé de petites feuilles florales qui entourent la base du fruit et des organes génitaux des Mousses ; c’est ce que Necker nommait Perocidiuîn , et que Hedwig a nommé quelquefois Péri g onium .
Indusium , membrane ou tégument qui, dans les Fougères, recouvre les groupes des capsules; c’est ce que Necker nommait Membranula , ce que Guettard a désigné sous le nom très-inexact de Glandes écailleuses ( Glandulæ scjuammosæ') , et ce que les Botanistes français nomment Tégument .
P eridium , membrane ou enveloppe quelconque, qui, dans les Gycoperdons et autres Champignons à spores internes , enveloppe les parties de la fructification.
JS olva , sorte d enveloppe radicale et membraneuse, propre à certains Champignons, tels que l’Oronge, et qui les enveloppe en entier dans leur jeunesse: 011 la nomme en français JSolva ou Bourse.
Collier (Anmilus') , sorte d’enveloppe propre à cer^ tains Agarics et quelques Bolets, qui recouvre les organes oe ia fructification dans leur jeunesse, et reste, après sa ruptuie , fixée autour du pédicule comme un collier; tantôt fixe comme dans le Boletus annulatus, tantôt mobile comme dans d’Agaricus procreus.
Cortina , sorte de collier qui est filamenteux oit en réseau, et qui, après sa rupture, reste adhérent au bord du chapeau et non autour du pédicule; par exemple,
3^6 gLOSSOtOGIE.
dans l’agaricus araneosus, et dans la section entière de»
agarics cortinaires.
§. 3}4. Le3 diverses dispositions des fleurs ont été désignées par les termes suivans .
Ombelle ( Umbella ) , assemblage de fleurs tedement disposées, que tous les pédicules partent d’un même point, et arrivent à-peu-près à la même hauteur, comme les rayons qui soutiennent un parasol; les pédicules de l’ombelle se nomment Hayons {Badii') ; loi sque les rayons se divisent eux -mêmes en rayons secondaires disposés en ombelle, on donne à l’ensemble des rayons primaires, le nom d ' Ombelle générale { U.generalis ) ou d’ Ombelle proprement dite, et à chacune des petites ombelles situées au sommet des pédicules, le nom & Ombelle partielle ( U. partialis), ou d 'Ombellule ( Umbellula ). M. Richard réserve le nom d’Ombelle pour les cas ou l’on peut distinguer l’ombelle générale et l’ombelle partielle, comme dans la Carotte, et nomme Bouquet ( Sertulum ) , l’Ombelle essentiellement simple, comme celle de la Primevère.
Corymbe ( Corymbus ) , ou Fausse ombelle , assern»blage de fleurs toutes placées a-peu-près au même niveau, comme dans l’ombelle, mais dont les pédicules ne parlent pas tous du même point, ou se ramifient irrégulièrement, par exemple, le Sureau; Ruellius et Tonrnelort donnaient le nom de Muscarium aux corymbes lâches et irréguliers , comme celui de l’Eupatoire ; Pline donnait le nom de Corymbus aux fleurs ou fruits ramasses en tête ou en globe.
Faisceau (Fasciculus , et dans les composés gr^s Desrnos ), assemblage de fleurs disposées à-peu-pres comme dans le corymbe, mais dont les pédicules sont