‹ Théorie élémentaire de la botanique, ou exposition des principes de la classification naturelle. Et de l'art de décrire et d'étudier les végétauxChapitre 67 sur 86 · GL0SS0L0G1E · texte numérisé non relu

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Art. 8. Stations.

§. 3ço. Station {Statio ) , lieu dans lequel un végétal croît spontanément, considéré, quant à sa nature physique , et non quant à sa position géographique , qu’on nomme son Habitation ou sa Patrie ( Habita tio , Pabria ). Ainsi, l’habitation du Riz est dans l’Inde , sa station dans les Marais. A ce dernier égard , on dit des plantes qu’elles sont :

§. Sqi. Quant à l’eau qui les arrose,

Marùies ( marinœ ) , qui croissent dans la mer couvertes d’eaû , comme les Varecs;

Salines ( salinæ , salsce , salsugînosœ ) , qui croissent dans les terrains saumâtres ou salés ;

Maritimes {maritimœ) , qui croissent au bord de la mer ;

Littorales {littorales , ripariœ ), qui croissent sur les rivages de la mer , et surtout des lacs et des fleuves ;

Mcjuatiques ( aquaticae , aquatiles') , qui vivent dans l’eau douce, ou sur le bord de l’eau : et on les distingue en latin par les termes, lacustres , dans les lacs ou au bord des lacs; fontanœ , fontinales , dans ou près les fontaines ; fluviales ^fluviatiles, dans ou près les fleuves. Quant à la manière dont elles sont dans l’eau, on distingue celles qui sont submergées ( demersæ , submersœ ), vivant couvertes d’eau, émergées ( emersæ ), sortant de l’eau par leur sommité ; inondées ( inundatœ ) , tantôt couvertes, tantôt découvertes ; flottantes {fluitarites ) , soutenues entre deux eaux; nageantes ( na tan tes ) , soutenues à la surface de l’eau.

Marécageuses {palustres , paludosœ) , qui croissent

GLOSSOLOGIE. ^3

en général dans les marais. On désigne en particulier , par les noms de uliginosœ , uliginariœ , celles qui croissent dans les prairies humides , tourbeuses ( torfa ceœ ) , celles des tourbières ou lieux analogues.

Amphibies ( amphibiæ ) , qui vivent également dans l’eau et hors de l’eau.

§. 3^2. Parmi les stations terrestres , considérées quant à la nature du terrain, on dit que les plantes sont :

Souterraines {subterraneœ ) , qui vivent sous terre , comme la Truffe ;

T erres très ( terrestres , terraneœ ) , qui vivent sur la terre ;

Arenariœ , sahulosœ , ammody tes , lorsqu’elles croissent dans le sable ;

Ruderales , lorsqu’elles croissent dans les décombres et les gravats, le long des murs;

Glareosœ , dans les graviers;

Petrosa ? , lapidosœ , dans les terrains pierreux ou sur les cailloux épars ;

Saxatiles , saxosce , saxicolce , sur les rochers isolés»

Rupestres , rupicolœ , sur les roches en masse ;

Cale are ce , sur les roches ou terres calcaires ;

Argillosœ , dans les terres argilleuses ;

Cretaceœy dans les terrains crayeux;

Graniticœ , dans les sols granitiques , etc.

§. 393. Considérées quant aux autres végétaux qui croissent spontanément , ou par suite de la culture sur le meme terrain , on dit encore que les plantes sont :

Rricetinœ , lorsqu elles vivent dans les landes ou les bruyères ; ^

Arvenses , dans les jachères ou champs cultivés;

Camp es très , dans les campagnes incultes ;

GL OSSQLGGIE

fi

Pratenses , dans les prairies ;

Pascuæ , dans les pâturages;

Agrestes , dans les lieux agrestes en général ;

Sylvestres, dans les lieux sauvages : ces deux derniers s’opposent souvent au terme de ,

Oleraceæ , qui sont cultivées ou croissent spontanées dans des lieux cultivés ;

Hortenses , cultivées dans les jardins ;

Vineales , spontanées dans les vignes ;

Nemoroscë , sylvaticce , spontanées dans le3 bois ou les forêts.

§. 394* Considérées quant au degré de l’exposition à la lumière ou à la chaleur , on dit des plantes qu’elles sont :

TJmbrosæ , lorsqu’elles croissent dans des lieux ombragés ;

Apricce , quand elles vivent exposées au soleil ardent;

Hyperboreœ ,frigidœ , glaciales , qui croissent dans des lieux très-froids.

§. 3p5. Quant à l’élévation du terrain au-dessus de sa base ou du niveau de la mer , on dit des plantes , qu’elles sont :

Campestres , des plaines ;

Collinœ , des collines ;

Montanœ , montagnardes , des montagnes, ou la neige 11’esi pas éternelle: on leur substitue quelquefois le nom d’ alpestres , qui signifie proprement des basses Alpes ;

Nivales , glaciales , des montagnes où la neige dure toute l’année : on leur substitue vulgairement , mais trèsmal-à-propos , l’épithète à'alpinœ , qui signifie alpines ^ croissant sur les hautesAlpes.

GlOSSÛLOGl^o w v JjfM

§s Quant à la position des plantes ou des parties des plantes relativement ausol, on dit qu’elles sont:

Souterraines ou hypogées (subterraneœ , hypogeœ) , lorsqu’elles so t placées sous la surface du sol ; le premier terme s applique principalement aux plantes (comme les Truffes) ou aux organes ( comme les racines ) qui sont habituellement sous terre; le second aux organes, qui, comme les cotylédons des Vesces, sont sous terre, quoique leurs analogues soient ordinairement exposes à l'air;

Aènejies ou èpig ées (œth ereœ , epigece ), lorsqu’elles

sont placées dans l’air ou au-dessus de la surface du sol f , ' ?

le premier terme se dit dans un sens général ; le second

s’applique particulièrement, par opposition aux précédons, aux cotylédons qui sortent de terre à la germination.

§• ^97- Enfin , les plantes qui ne croissent dans au* eune des stations précédentes, mais qui naissent spontanément sur d’autres végétaux morts ou vivans , recoi* Vent , en général , le nom de ,

Parasites (parasiticœ) , parmi lesquelles il faut distinguer celles qui sont :

a. Parasites vraies (JP. vercefi c’est-à-dire, qui croissent sur des végétaux vivans et tirent leur nourriture des sucs même de ces végétaux; par exemple, le Guy, la Cuscute»

b. Parasites superficielles (P . super fici aies) , qui, croissant sur des végétaux vivans, ne tirent rien de leur intérieur , mais se nourrissent de l’humidité superficielle^ par exemple, la Vanille.

c. Parasites intestines ( P. intesiinœ) , qui se développent dans l’intérieur d’un végétal vivant, se nourrissent des sucs qu’il élaboré, et ne peuvent paraître au dehors qu’en perçant l'epiderme; par exemple, le* Æcidium,

Zq

GIOSSOtOGIE.

d. Fausses^parasites internes ( pseudo-parasiticm interna*) qui se développent dans l’intérieur du végétal, au moment de sa mort , ou après sa mort, et percent l’épiderme pour paraître au dehors; par exemple, les Nemaspores , les Xyloma, etc.

e. Fansse.s-pnrasites externes {pseudo-parasiticce

externe r) , qui vivent à la superficie des végétaux morts ou des parties mortes des végétaux, et ne sortent pas de dessous l’épiderme ; par exemple , l’Agaric de

chêne , etc.

Lorsqu’on parlant des plantes parasites, on veut spécialement designer l’organe sur lequel elles croissent, on se sert des termes qui seront indiqués à I occasion des positions absolues des organes : epirhyzus , coru calis , epixylon , epiphy Uns, hypophyll >*i on y ajoute celui de Hfrons, pour dire qui croît sur les deux surfaces de la feuille.

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