‹ Théorie élémentaire de la botanique, ou exposition des principes de la classification naturelle. Et de l'art de décrire et d'étudier les végétauxChapitre 68 sur 86 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Tenues caractéristiques,

§. 3ç8. Tons les termes de la langue peuvent élis employés* au besoin, pour exprimer certaines particularités de k structure des plantes; tant qu on né change nullement leur sens ordinaire, il est inutile de les expliquer ; mais il en est un certain nombre dont les Botanistes se servent habituellement en en précisant ou en en détournant un peu le sens ordinaire : ce sont ceux qu’il est nécessaire d’exposer ici.

Kous allons les passer en revue d’après l’ordre indiqué au §. il 3.

GLGSSQLOGI Eo

A&r. i. De V Absence ou Présence des organes (f->

$• 3 99. Les termes par lesquels on désigne que tel organe manque ou existe dans telle plante, ne sont que des dérivés fort simples des mots organographiques, ou des abréviations plus ou moins commodes. En général, l’absence d’un organe s’exprime par un mot composé du nom de cet organe adjectivé, et précédé , s il est d origine latine, de la préposition e ou ex; s’il est d origine grecque, a ou an; ainsi, ebracteatus , oxaristatus , sans bractée, sans arête , arhizus , anan « Chus , sans racine, sans fleur.

§. 4oo. La présence d’un organe se désigne presque toujours par un adjectif dérivé du nom môme de l’organe, et en latin terminé en a tu s ; ainsi, radicaùus , Joli a tus , qui a une racine, qui a des feuilles.

Loi squ on veut éviter loute amphibologie et indiquer clairement que telle plante est munie de tel organe, on compose des mots formés du nom de l’organe et des mots fer ou férus en latin, ef bonis en grec, qui signifient porteur; aius i , florifer, anthophorus , veulent dire qui porte des fleurs.

Quand l’existence d’un organe est bien visible, on dit que cet organe est visible ou manifeste ( manifestas , ou a a ns les composes grecs Plumés , Phane^o s J ; dans le cas contraire, on dit qu’il est caché f recoticlitus , et dam les composés grecs Cryptos )\ ce qui, par abus, signifie souvent qu’il n’existe pas.

§* 4°r. La présence ou l’absence de certains organes , s exprime pour les fleurs d’une manière particulière;

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( ) Quant k l'importance de ces caractères, voyez Taxonomie, §• «4»

GtOSSOLOGïE,

ainsi mie fleur est dite nue ( nudus , et en grec gym nos), quand elle n’a point d’involucre, ni de spathe» Jungius appelait nues les fleurs qui n’ont qu’un pé° rigone.

hicompleUe ( incompletus ) , lorsqu’elle n’a qu’un seul tégument au-lieu de deux; et par opposition cornplette incompletus ) , lorsqu’elle a calice et corolle , quels que soient d’ailleurs les organes qui lui manquent.

Imparfaite ( imperfectus ) , lorsque, dans un sens général, elle ne paraît pas avoir la structure ordinaire* ce qui équivaut à irrégulier ou anomale ( an o malus * et dans les composés grecs etheos ) ; parfaite ( perfectus ) , lorsqu’elle est sensiblement composée comme toutes les fleurs.

Quant aux autres termes , voyez sexe et corolle, Gloss, chap. 2, art. xaet i3.

Art. 2. Situation ou Insertion (*).

§. 4o2i« Ga Position ou Situation ( Situs ) des or» ganes ou de leurs parties, est un terme vague, et qu’on n’emploie jamais d’une manière précise ; elle peut en effet se rapporter à plusieurs classes de caractères.

i.° On peut considérer la position d on organe ou d’un végétal, relativement aux milieux ambians, comme lorsqu’on dit qu’il est souterrain, submergé, nageant, etc. Cette considération rentre dans ce que nous avons exposé à l’article des Stations.

4°3. 2.° On peut considérer la position d’un organe relativement à son point d’attache, c’est-à-dire relativement à l’organe qui lui sert de support immé-

{*) Voyez Taxoïîtani^, §. 116 X2i.

diat; c'est ce qu’on a nommé Situaiioji absolue ou Insertion ( Insertio J, mot qui suppose que les parties sont comme insérées ou enchâssées sur leur base; tandis qu’il eût été plus convenable de dire Exsertion ( Exser tio) , pour désigner qu’il s’agit toujours d’organes qui se séparent ou qui saillent d’une base commune; de là ins er tus , inséré , fiche à, exsertus , saillant, sortant de : ce dernier se dit par métaphore, des parties qui sont saillantes hors d’une cavité ainsi, dans étamines saillantes , on sous-entend hors de la fleur.

L’insertion est dite immédiate , lorsque l’organe n’adhère à aucun autre depuis le point où il commence à être visible; médiate , quand il adhère près de sa base à un autre organe qui semble le supporter en partie.

Lorsqu’on veut simplement indiquer que tel organe est inséré sur tel autre , on se sert de termes qui dé» rivent du nom de celui qui sert de support; ainsi , comme nous l’avons vu en parlant des organes, radicalis (i) 9 caulinus , rame ali s , petiolaris , etc., signifient qui croît sur ou près la racine, la tige, les branches, le pétiole , etc. On peut encore exprimer la même idée par des mots composés du nom de l’organe qui sert de support, et de celui qui est placé sur lui, comme

PJiizanthus , dont la fleur naît sur la racine.

Caulocarpus , dont le fruit naît sur la tige.

Calicostemon , dont l’étamine naît sur le calice.

Grynander , dont l’étamine naît sur le pistil.

Calyciflorus , dont la fleur, c’est-à-dire la corolle 9 naît sur le calice, etc. (*)

(*) Jungius désignait les feuilles radicales sous le nom de Folia Jundi»

6 LOSSOIOGÏES.

Th al ami fl o ru s , dont la fleur, c’est-à-dire la corolle* paît sur le réceptacle.

Lorsqu’on veut exprimer la même idée d’une ma- Bière inverse, c’est-à-dire, indiquer qu’un organe en supporte un autre, on ajoute au nom de ce dernier , s’il est grec, l’épithète phorus , s’il est latin, fer ou férus-) qui tous signifient qui porte , et on a des mots de cette forme : carpophorus , qui porte le fruit, florifer , qui porte la fleur , etc.

Lorsqu’on veut indiquer, non - seulement l’organe, mais encore la surface de cet organe qui sert de support, on se sert de mots composés des particules grec« ques epi, dessus, et hypo , dessous; ainsi, epiphyllus , qui naît sur la feuille, hypophyllns , sous la feuille; mais il faut remarquer que les mots composés de epi9 signifient souvent qui naît de tel ou tel organe en générai; ainsi epirhizus , signifie simplement qui naît de la racine, epipe, talus, qui naît du pétale, etc.

C’est encore sous le même rapport qu’on dit d’un organe qu’il est dorsal ( dorsalis ), latéral ( lateralis ) , hasüaire ( hasilaris) ou terminal ( ter min ails ), selon qu’il naît sur le dos, le côté, la base ou le sommet d’un autre organe.

§. 404. 3.° Ou peut considérer l’insertion ou la position d’un organe , par apport aux organes hétérogènes dont il est entouré : c’est ce qu’on nomme la position relative. Ainsi,

Inférieur ou infère ( in férus , hypomenus Ne ch.) , signifie proprement qui est au-dessous d’un autre ; ce mot s’applique ordinairement au calice, pour dire qu’il est sous l’ovaire, c’est-à-dire libre; ou à l'ovaire, pour dire qu’il est sous le limbe du calice, c’est-à-dire adhèrent au tube du calice.

GIOSSOIOGIE.

Supérieur ou supère {superus , epimentis Neck. ), signifie au-dessus d’un autre, et s’applique de même au calice pour dire qu’il est sur l’ovaire, c’est-à-dire adhè rent à l’ovaire; ou à l’ovaire, pour dire qu’il est sur le calice ; c’est-à-dire libre .

Ppigyne ( epigynus ) , se dit des fleurs où les étamines semblent placées sur le pistil à cause de leur adhérence avec lui.

Hypogrne (hypogymis) , de celles où les étamines naissent sous le pistil, et n’adhèrent ni avec lui, ni avec le calice.

P èrigy ne ( péri gy nus ), de celles où les étamines semblent placées autour de l’ovaire ou sur le calice, à cause de leur adhérence avec lui.

On se sert de même des prépositions supra , ou ers grec épi, dessus ; infra , ou en grec hypo , dessous ; intra f ou en grec endos , dedans; extra , ou en grec ex ou exo dehors; inter entre ; circa , et en grec péri autour ; ainsi , suprafoliaceus au dessus des feuilles, infrafoliaceus au-dessous , intrafoliaceiis en dedans des feuilles, extrajoli aeeus en dehors des feuilles, interfoliaceus entre les feuilles, et ainsi des autres.

On dit de même externus , externe , placé en dehors, et internus , interne , placé en dedans : mais extra rius se dit seulement de l’embryon situé en dehors du périsperme , et intrarius de celui qui est en de« dans.

On exprime quelquefois les idées analogues à celles-cî par de simples métaphores, comme lorsqu’on dit d’un organe qu’il est couronné ( coronatus ), c’est-à-dire terminé par une rangée d’appendices qui ceignent son sommet; ou comosus , c’est-à-dire, terminé

GtOSSOtOOTTÎ,

par une touffe de feuilles, ou de bractées , ou de poils,' Enfin, en comparant deux organes, on dit qu ils sont parallèles ( parallela ), lorsque leurs surfaces sont à** peu- près dans la même direction , et c ntraires ou opposés ( opposita , contraria ) , lorsqu’ils se coupent àpeu-près à angle droit. On dit, les étamines alternes avec les pendes (pétalis alterna ), lorsqu’étant en nombre, égal à celui des pétales , elles sont sur un rang intérieur entre chacun d eux, e: opposées aux pétales ( petalis opposita), lorsqu’etanl en même nombre que les petales, elles sont placées devant le milieu de chacun d’eux : on dit de même les pétales alternes avec les sépales, quand ils naissent entr’eux quoique sur un rang intérieur, et opposés aux pétales quand ils naissent devant le milieu de leur base. M- Mirbel nomme intermédiaires ( internie dia ), ceux qui sont alternes avec les sépales, et antèmê-» di dires ( antemedia ), ceux qui sont opposés aux sé-

§. /Jo5. On peut considérer la position respective des organes homogènes; c’est ce qu’on nomme proprement disiosition ( Dispositio ), et c’est une des classes.

de caractères les plus importantes à étudier ; ainsi ,

JF ertjcille ( verticillatus ) se dit des parties qui naissent plus de deux ensemble autour d’un axe commun pur un même plan horizontal ou en anneau ; i ensemble de ces parties est un Vertiçille ( Verticillus )-

Oppose ( oppositus ), se dit des parties qui naissent * pu hune vis-a-vis de 1 autre , comme lorsqu’on dit feuilles p.ppcsées ; ou placées l'une devant l’autre * comme lorsqu'on dit étamines opposées aux pétales % pour dire devant les pétales. Dans le premier cas, qui est le plus fréquent » l'ensemble des deux parties op~ posées porte le nom de Faire ( Jugum ). On dit cp’.e lç$

&LOSSOLOGÏE.

parties sont à -paires croisées ( decussatce ) , lorsque les paires qui se suivent, se croisent à angles droits. Cruciatus ou crucij ormis signifie , au contraire, qui, étant sur le même plan horizontal , est disposé en croix à quatre rayons.

Géminé ( geminatus ), se dit des parties qui naissent Finie à côte de l’autre.

Alterne (alternas ) , se dit proprement des parties qui. sont disposées d’un et d’autre côté d’un axe, mais sur le même plan ; on l’emploie rarement dans ce sens, mais il se dit, en générai, des parties qui ne sont ni opposées ni vertici liées. Lorsqu’on l’applique aux parties de la fleur, il veut dire le contraire d’opposées, c’est-àdire, qu'elles sont placées alternativement, et non l’une devant l’autre. Dans ce dernier sens , Moench l’exprime en grec par Allagos , et a dit Allagostemon , des étamines alternativement attachées aux pétales et au réceptacle.

Distiche ( dis ti chus ), se dit des parties situées exactement d un et d’autre côté d’un axe, dans un même plan , mais à des hauteurs telles, qu’il y en a alternativement une d’uu côté et une de l’autre.

Sur deux rangs ( bifarius ) , se dit des parties qui naissent ou se disposent, en général, sur deux files ou rangées opposées.

En série ( s en a lis ), se dit des parties qui naissent en se suivant dans un ordre déterminé, quel qu’il soit., ou en formant des rangées distinctes; dans ces deux sens, on dit bi , tin séria lis, des objets qui sont sur deux, trois sériés.

En quinconce ( tjuincuncis') , se dit des parties dis^ posées autour d’ua axe en spirale simple, de telle ma-*

glossologië.

îiière que la cinquième recouvre la première , comme ou le voit, dans les feuilles de Poirier, etc.

En spirale ( spiratis ), se dit des parties disposées autour d’un ave en spirale, mais de telle sorte quon en compte plus de cinq à chaque tour. Les rangées spirales peuvent être simples , doubles , triples, etc.

Epars ( sparsus ) , se dit des parties qui naissent sans ordre; on le dit quelquefois à la place d’alterne.

Unilatéral ( unilateralis ), se dit des organes qui naissent tous sur un seul côté de leur support, tandis qu’en latin secundus s’applique à ceux qui naissent en tout sens et ss dejettent a un seul côté.

On exprime encore la disposition générale des parties homogènes par des métaphores plus ou moins exactes ; ainsi,

Etoilé ( s tell a tus , stelliformis , stellulatus ) ^ signifie qui est en forme d’étoiles ou irregulièiement verticilles ; on le prend quelquefois pour ce dernier mot.

En rosette ( rosaceus , et par corruption roseits) , se dit, en général, des parties disposées comme les pétales des Roses doubles.

Rayonnant ( radiatus ) , qui est dispose comme les rayons d’une roue.

§. 406. 5.° La position des parties , les unes relativement aux autres, est souvent modifiée ( quant à son apparence et aux termes qui servent à l’exprimer ) par leur distance, et à cet égard, comme à tant d’autres, la langue botanique est encore très-riche. Les épithètes de rare ( ranis ) , distant ( dis ta ns ), écarté ( remotus) s indiquent, en général, une distance des parties plus grandes quà l’ordinaire ; celles de rapproché ( approximatif ) , approché ( confertus ) , ou ramassé ( glomè*

GIOSSOLOGIE.

ratus , conglomérats) , indiquent en général un rapprochement des parties. On dit encore touffu ( cœspitosus), des rameaux rapprochés ; coarctatus , des ramifications dressées , resserrées ; et par opposition laxus {lâche) , de celles qui sont étalées et écartées; conglobatus , des parties quelconques rapprochées en boule \fasciculatus , de celles qui sont rapprochées en faisceau; et enfin, contigu {contiguus), de celles qui sont tellement voisines qu’elles semblent se toucher; continu ( conlinuus ) , indique qu'elles sont soudées ; incumbens veut dire qui se couche sur une partie sans y adhérer.

§. 407. 6.° Lorsqu’on veut exprimer la position relative de certains organes d’une manière plus vague et en la combinant avec leur direction, on se sert des termes suivans :

Appliqué, serré {adpressus) , se dit des parties qui sont appliquées l’une sur l’autre, mais sans adhérence. Par opposition on dit ^ étalé (patulus , patens), de celles qui sont comme épanouies et ouvertes.

Tegens , couvrant, tectus , couvert, se dit des parties qui en recouvrent entièrement une autre sans y adhérer % c’est dans ce sens qu’on dit que le fruit est couvert parle calice persistant, dans la Scabieuse, par exemple; si le fruit n’était recouvert qu’eu partie par le calice, on dirait qu’il est voilé ( velatus ) ; enfin, dans certains cas , on désigne l’organe même qui sert d'enveloppe , comme dans les mots tunicatus , vaginatus , etc. Dans tous les composés grecs ou désigne la circonstance d’ètre enveloppé , par l’épithète A agios ; par opposition à ces deux termes, on dit qu’un organe est nu ( nudus , et dans les composés Gy innos), c’est-à-dire non recouvert*

GLOSSOtOôï E,

ou dénudants dénudé, c’est-à-dire, qu’après avoir été couvert , il est nu.

JEtinbricjuè ( imbricatus ) dit des parties qui se recouvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toit, par exemple, les écailles de certains involucres , comme dans l’Artichaut.

Incumbens , qui se couche dessus un autre organe.

Jdidulans , situé comme les œufs dans le nia, se dit proprement des graines éparses dans la pulpe.

§. 408. 7.0 La manière dont un org ue est attaché à celui qui lui sert de support, a donné naissance à quelques termes, savoir:

Articule ( articulants ), qui est attaché par une articulation.

Cohérent ( cobœrens) , qui est attaché sans articulation, mais qui est continu avec sa base.

Stipitè ( stipitatus ) , qui est muni d’un support, en général, et selon le support on dit :

P étiolé {petiolatus ) , des feuilles qui ont ira pétiole.

P ètiolulè (petiolulatus) , des folioles qui ont un pétiolule.

Pédoncule ou pédicule ( pedunculatus , pedicu» Idtus ), des fleurs ou fruits qui ont un pédicule.

Pêdicellé ( pedicellatus ) , des fleurs ou fruits qui ont un pédicelle.

S es s il e ( sessilis ) , s’oppose à tous les termes précédons, et signifie qui n’a point de support.

Embrassant ( ampïectans ) , se dit d’une partie qui entoure son support par sa base. Lorsqu’il s’agit des feuilles, on dit amplexicaulis , qui embrasse la tige; lorsque le support n’est pas entièrement entouré, on dit semiamplectans , semiamplexicaulis ; on dit en-

G L O S S 0 L O G I È. lyyj

core vagin ans ou vaginatm , qui embrasse ou est embrassé par une gaine.

Oscillant ( versatilis , oscillatorias ) , ne se dit que des anthères , et signifie qu’elles ne tiennent au filament que par un point très-petit, situé vers le milieu de leur longueur, de manière qu’elles peuvent y être soutenues comme en équilibre. Par opposition, on dit quelles sont adnèes ( adnatœ ), lorsqu’elles sont soudées avec le filet dans leur longueur.

Peltè ( peltatus ), se dit, dans un sens général , de tout organe qui adhère à son support par le centre et non par le bord de sa surface. Par opposition on dit , palaceus , de celui qui adhère à son support par le bord 9 comme la plupart des feuilles ; et palaris , de la racine qui est continue avec le tronc.

Art. 3. Direction.

§. 409. Quoique les termes qui servent à indiquer la direction des parties s’entendent presque tous d’euxmêmes, je crois nécessaire, cependant, de ne pas les passer tous sous silence, afin d’indiquer les nuances de ceux qui se ressemblent.

Droit ( reclus , et dans les composés grecs orthos) s’applique à la forme générale , et veut dire qui est en ligne droite.

Dresse ( erectus ) s’applique à la direction, et veuf; dire dirigé de bas en haut.

Arrectus , droit et roide.

S trie tus , droit, grêle, roide et peu raraeux.

Descendens , qui se dirige vers la terre.

Depende/is , qui est comme suspendu et tombant vers la terre.

Montant , ascendant , redressé ( adscendens ) , qui9

©LOSSQIOGÏE.

étant horizontal à sa base, se courbe pour gagner la ligne verticale; on le dit surtout des tiges; et quant aux autres organes, on se sert des mots assurgens,adsurgens .

Vertical ( verticalis ), perpendiculaire à l’horizon.

Oblique ( obliquas ) , qui forme un angle avec la ligne horizontale et la ligne verticale.

Horizontal ( horizontales), parallèle à l’horizon.

Renversé {inversas), qui est disposé, la base vers le zénith, et le sommet en bas ; ne se dit guère que des graines.

Renversé { reclinatus ), dont l’extrémité se déjette en bas.

Rèsupinè { resupinatus ) , qui naît dans une direction telle, que ce qui est en haut dans les organes analogues , se trouve ici en bas, et vice versa. Ainsi, une fleur papillonnacée est résupinée, quand l’étendard est en bas et la carène en haut.

Incliné ( inclinatus ) , qui n’est pas droit en général.

Pendant {pendu lus), qui est attaché, la base en haut et le sommet en bas, se dit principalement des fleurs ; pendulinus , qui a l’habitude de pendre.

Cernuus , intermédiaire entre pendant et penché.

Penché { nu tans ), qui est intermédiaire entre la direction droite et la direction pendante.

Déjetè dJ un seul côté { secundus ), se dit des parties qui , naissant tout autour d’un axe , se déjettent d’un seul cô!é.

Fléchi, courbé {flexus ou curvus ), qui est détourné de la lig ne droite et forme une courbe.

Inflexus , incurvas, intr o flexus , introcurvus , fléchi ou courbé en dedans.

Recurvus , recurvatus , reflexus^ réfléchi, courbé Ou fléchi en dehors.

©IOSSOLOGIE. 479

Rétro fl exu$ , retrocurvus , fléchi ou courbé en arrière.

Défi exus , déclin a tu s , qui retombe en formant l’arc.

Flexueux (flexuosus ) , qui est plusieurs fois arqué.

Falcatus , qui est courbé en forme de fer de faucille.

Genouillé ( geniculatus ), fléchi ou courbé par un angle ou un Genou ( Geniculum ).

Infrac tus , qui change brusquement de direction.

Tonus , intortus , contortus , tordu, qui se tortille sur lui-même; tortilis , qui est susceptible de se tordre.

Spiral (spiralis) , tordu en spirale. Chaque tour se nomme Spire , Anfractuosité ( Spira ou Anfraclus ),

Circinalis , roulé transversalement , et du sommet à la base , sur lui-même comme une boucle de cheveux sur un compas.

Ffitortillè , volubile ( volubilis ), qui se roule en spirale autour d’un axe réel ou imaginaire.

Dextrorsus , qui se dirige à droite, et de là,

Dextrorsum volubilis, quise roule de gauche adroite^ dans ce sens , on se suppose au centre de la spire tourné du côté du midi.

Sinistrorsus , qui se dirige à gauche et de là,

Sinistrorsum volubilis , qui se roule de droite a gauche.

Retrorsus , qui se dirige en arrière , ou lorsqu on l’applique aux feuilles dormantes, se dit de celles qui dorment dirigées en arrière.

Grimpant {scandens') , qui s’élève sur les arbres en se tordant ou se roulant.

Couché (procu7?ibe?is , humifusus ), se dit des tiges étalées sur la terre à laquelle elles n’adhèrent pas par des racines ; si elles poussaient des racines, on les dirait rampantes fepçntes') ,ou r a dieu uses (radicantes)*

GLOSSOLOGÏS.

j Oecutnbefis , qui retombe; incumbens , qui se couché dessus.

Etalé {paùulus , patens) , qui est ouvert sans ordre ré« gulier.

Diffusas , quia plusieurs branches étalées dès leur base.

Resserre ( contractas ) , qui diverge peu.

Divergent ( divergeas ), dont les branches s’écartent l’une de l’autre , ou qui s’écarte de la chose à laquelle il est uni.

Divaricatus , dont les branches s'écartent dès leur origine.

Br acid a tus , qui est à-la-fois fourchu et divergent»

Connivens , dont les sommités se rapprochent.

Lojigitudinal [longiiudinalis) , qui est dans le sens de la longueur»

Transverse [brans v ersus') , qui est dans le sens delà largeur»

Adversus , qui. tourne sa face du côté du midi ; les an» ciens botanistes l’employaient pour synonyme d’opposé»

Introrsus , dirigéen dedans; on le dit des anthères qui sont tournées du côté du pistil; on leur donne aussi î’épilhète de anteræ anticce , qui signifie proprement dirigées du côté antérieur.

Extrorsus , dirigé en dehors, comme les anthères des Iris. On les appelle posticœ , c’est-à-dire dirigées du côté postérieur.

Peritropus , dirigé à la circonférence; M. Richard le dit des graines dirigées de l’axe du fruit aux côtés du péricarpe.

Onbotropus. M. Richard appelle ainsi les embryons droits et situés dans la même direction que la graine; il nomme antitropus , ceux qui sont dans une direction contraire.

GLOSSOLOGIE. ^gr

§• 4 io. Quant aux termes qui indiquent plus spécia- .‘ement la direction des surfaces, on se sert des suivans. Plicatus , plié en général.

Compile a tus , plié sur lui-même.

Conduplicatus , plié en double dans le sens loimîudinal. °

/ o lu tus , l' oui è en général.

Involutus , roulé en dedans.

Revolutus , roulé en dehors.

Convolutus , roulé en cornet spiral sur lui-même.

O bvolutus , se dit des parties cjui s’enroulent l’une sur l’autre.

Ces termes un peu modifiés servent en particulier à

exprimer la manière dont les feuilles sont disposées clans le bourgeon. Voy. §. 323.

TJndulatus , ondulé , qui présente des inégalités dans sa surface.

Bullatus , boursoufflè, dont la surface est cà et là relevée en bosselure.

. CrisP«s, crépu , dont les lanières fines et courtes se dirigent en divers sens.

Plan us , plane , dont la direction est celle d’un plan géométrique.

Répandus , recourbé peu régulièrement.

§. 4 1 1 • Outre ces termes généraux, on en a encore adopte quelques-uns de très-importans pour exprimer la dnection ou la disposition des nervures qui traversent une surface plane.

Les Nervures sont dites confluentes ( confluentes ) ,

lorsqu étant simples ou peu rameuses , elles tendent à se réunir vers le sommet.

Divergentes {divergentes), lorsqu’elles se ramifient de manière à se diriger vers tous les points de la cir~

ùl

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