‹ Théorie et application de l'impôt sur le capitalChapitre 18 sur 104 · CC + CC) X CR = EP · texte numérisé non relu

CC + CC) X CR = EP

ÈP = xC.

Supposons ihaintènâht qu'il faille ttois mois â (CC + CC) XCRpoùr pjrbduire EP, c'èst-à-direoîC, et (juè je ne puisse me ^ocùrèfr (CC -f- CC) qu'au bout de douze mois, je tt'àvttWL xC que dans quinze mois.

Sî, àâ contraire , Jè ptiis^ aVoir tout de suite (feC -f- CC) , trois mois après j'aurai xC.

La série d'opérations suivantes va itiéttté eii évidence le produit final obtenu par le crédit :

Je désigne par fC, kCyi/C, jzC, les divers capltatix successifs représentant l'effet produit :

J'ai donc ooC ; je rends (CC -j- CC). Mais xG produit à son tour un effet utile rC, trois mois après ; puis {xC -\- rC) pro^ duisent )tC]>rC au bout de trois mois ; ensuite (a?C-|-fC+AC) dônnéiit yC > ^C ; ei enfiii les quinze mois écoulés (4;C + rC + AC + yC) produisent zC > yC.

C'est-à-dire que l'effet utile xCj que jène devais avoir primitivement qu'au bout de quinze mois , â'est augmenté de rCy hCy yCy jzC , produits déplus en plus grands. C'est une série d'effets utiles suivant une progression ascendante qui me permet d'avoir un capital que je n'aurais pu réaliser que quinze mois plus tard sans le crédit obtenu.

Le capiialde l'avenir est devenu , par faction du crédit, le capital existant.

Il y a donc là réellement, non-seulement augmentation de capital , il y a créatioii de capital.

Mais , dans cet exposé , nous avons pris les termes les plus simples. Nous avons admis qu'au bout de trois mois je remboursais lé capital (juê j'avais obtenu- par le crédit et que je rie èonservais que l'effet utile prodiiit par lui. Mais ce crédit que j'ai obtenu une fois , est-(;ô que Je ne puis pas

Fobtenîr de nouveau ? Il faut donc .ajouter au second effet utile un effet utile égal produit par un nouveau crédit égal au premier crédit.

Mais ce n'est pas assez.

Du moment qu'à Faide de mon premier crédit , j'ai obtenu un effet utile, non-seulement je retrouve un second crédit égal au premier, mais cet effet utile obtenu, qui a été ajouté à mon premier capital à Faide duquel j'avais obtenu mon premier crédit, peut donner naissance à son tour à un crédit spécial.

Mon crédit primitif est ainsi augmenté du crédit que me procure l'effet utile obtenu à Faide du premier crédit.

Il en résulte donc qu'au deuxième terme de la progression, nous obtenons : Feffet utile du premier crédit augmenté de Feffet utile produit par le premier effet utile obtenu ; plus un nouvel effet utile égal à Feffet iitile produit par le premier crédit , auquel il faut ajouter un nouvel effet utile produit par le crédit résultant de Feffet utile obtenu à Faide du crédit primitif.

On voit donc que les effets utiles produits par le crédit ne sont pas simplement proportionnels, mais qu'ils sont progressifs. Il faut encore faire attention à une chose : c'est que sans * le crédit , aucun de ces effets utiles n'aurait été obtenu. C'eût été le néant.

Mais , de plus , le mouvement imprimé de suite par cette série de productions à la circulation générale a créé une autre série d'opérations qui n'auraient pas. eu lieu.

Prenons un exemple : je suppose qu'un crédit de 100,000 francs me produit au bout de trois mois 5,000 francs. Ces 5,000 francs sont ajoutés à mon capital ; et avec ces 5,000 fr. je pourrai obtenir, dans la même proportion, au bout du même laps de temps , un nouveau bénéfice de 250 francs.

Mais je renouvelle mon crédit de 100,000 francs qui me rapporte le niême bénéfice : au bout de six mois» ces 100,000 francs de crédit m'ont donc procuré deux bénéfices de 5,000 francs chacun.

Je soppo&e que j^aie obtenu ce crédit de 100,000 francs avec an capital de 25,000 francs. En suivant la même proportion, les 5,000 francs de bénéfices obtenus au bout de trois mois me donnent un nouveau crédit de 20,000 fr. Ce nouveau crédit , me rapportant aussi dans la même proportion , me donne 1,000 francs de bénéfice.

Au bout de trois mois , grâce au crédit , j'aurai donc gagné 10,000 francs + 250 + 1,000 francs.

Mais je continue , et au bout de neuf mois , en admettant qu*aucun accident n'arrive , j'obtiendrai :

l^Effetproduit d'un nouveau crédit de 100,000 ♦ francs 5,000^ »

2f^ Bénéfice du capital de 11,250 fr., obtenu au bout des six premiers mois 562 50

3<* Ce capital de 11,250 francs m'a ouvert un nouveau crédit de 45,000 fr., qui me donne.... 2,250 »

Total . 7,812 50

Qui, ajoutés aux 11,250 francs, forment une somme totale de 19,062 fr. 50 c.

Après une nouvelle opération, c'est-à-dire au bout de douze mois , mon capital primitif de 25,000 francs sera donc plus que doublé.

Et il faut bien remarquer que ce capital primitif a pu avoir son utilité propre ; nous n'ien avons pas tenu compte , ne voulant montrer que le résultat immédiat , évident du crédit.

Si au bout de douze mois, par l'effet normal, ré<|[ulier du crédit, le capital primitif est' plus que doublé, au bout de vingt-quatre mois il serait plus que quadruplé ; au bout de trente-six mois il serait octuplé , etc.

C'est une nouvelle forme de la loi que nous avons formulée : La production est en raison géométrique de la rapidité de la circulation.

En réalité , il y a encore quelque chose de plus ; car , dans notre hypothèse, les crédits obtenus ne sont que proportipn-

nèls y tandis qae dans ia pratiqué , ils suivent iinè pdNi^ressioQ qiii dépend d'une foiilë de circonstances, mais ^ tend ton jotîrs à augmenter, si aucun accident riè vient entraver la cîrcnlaiîàn.

Au point de vue général , il faut èn(;ore tenir compte d'une nouvelle série d'opérations.

Moi, qui ai un crédit de trois mois pour mes matières p^emièresj je livre ma marchandise à iiri autre avec le même crédit, de sorte que le temps gagné dans cette opération étant de trois mois pour moi , de trois moîs pour nSon acheteur, c'est six mois que nous économisons. 11 obtient des effets util^ parallèles à celui que j'obtiens moi-même, et dans la même proportion.

Je pourrais continuer, mais je m'arrête ici, toutes les'opérations qui suivent étant semblables et leur nombre ne pouvant être évalué.

C'est de cet inconnu qu'il faut tenir compte , quand on veut se faire une idée de la répercussion formidable que la moindre opération de crédit produit dans toute la circulation. C'est la progression du grain de blé sur le damier.

Non-seulement donc l'effet utile du crédit existe, niais encore il existe une progression géométrique qui se multiplie de f roche en proche. Il n'y a pas lièsoin dé chercher ailleurs explication du progrès rapide qu'accomplissent les peuples chez lesquels les institutions de crédit et les moyens dé crédit sont développés ■ •

hé crédit n'est i^h'un agent de la Circulâtiori ; c*est iin moyen de l'activer, de là hâter, de la produîi-e mênîe là où elle ne se produirait pas, de réduire le temps à sonuiinimum, d'empiéter même sur l'avenir.

La rapidité de la circulation dépeiid donc eil grande partie de la rapidité du crédit.

D'un autre côté, que les capitaux circulants soient obtenus par le crédit ou soient obtenus par d'autres capitaux, ils obéissent à la même loi. Car il s'agit toujours d'obtenir d'etix Un inaxiînùm d'utilité dans tui minimum dfe téth|^5.

Notre fdrmtdë est doiic applicable à tous les capitaux cîtculaiits, de quelque manière Qu'ils soient obtenus ; — La production est en raison géométrique de la rapidité de la drculàtion.

On me présentera encore ici la mêihe objection qu'on in'a présentée dans le chapitre précédent.

^^ Mais tous ees capitaux ne sont pas reproductifs ! ïl y eii a une partie de consommés.

Je réponds de nouveau ;

Cela est Vrai , et ceux-là qui sont à^iiiiplemënt productifs de jouissance, par exemple, ne se reproduiront pas. Je lé reconnais.

Cela ne prouve rien ; car il est bien évident que je ne tiens compte ici que des capitaux circulants , employés à produire des effets utiles , et non pas des capitaux qui sont distraits de la production.

Cette objection aurait une valeur si tous les produits des capitaux circulants étaient enlevés à la production; mais, comme il est loin d^en être ainsi , comme il y a toujours une part de ces capitaux produits qui sont employés à la production , la loi que je formule reste intacte à T égard de tous les capitaux de cette catégorie.

De plus, j'ajouterai que, dans une mesure qu'il est impossible d'apprécier, parce qu'on ne peut pas évaluer d'une manière rigouifteuse la quantité de capitaux produits employés à la reproduction , ou consommés immédiatement, ou immobilisés en jouissances , les capitaux qui sont destinés à ces derniers usages n'en ont pas moins augmenté la production ; car si la circulation n'avait pas produit ces capitaux , on en eût consommé d'autres ; et en supposant que la consommation eût été égale, il y eût donc eu appauvrissement là où il y a profit.

Bien plus, tous ces capitaux consommés ont eu un effet utile, quelque nom qu'on lui donne ; par conséquent, c'est autant de gagné.

Quant à moi, je n'ai pas à m'en inquiéter. Je n'ai qu'à

constater la loi de production des capitaux employés à la production. Mais on m^ arrête et on me dit : £t les accidents? les arrêts de la circulation ?

Les accidents ? Mais ils sont précisément la confirmation la plus positive de cette loi.

Vous construisez une machine , et un jour cette machine se hrise. Est-ce que la destruction de cette machine prouve contre les lois de la statique et de la dynamique? Au contraire^ elle en est la confirmation.

Il en est de même pour tout arrêt qui se manifeste dans la circulation.

oé^

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