‹ Théorie et application de l'impôt sur le capitalChapitre 20 sur 104 · CC + CC)XCR = EP · texte numérisé non relu

CC + CC)XCR = EP

En suppoisant que le capital circulant soit diminué de moitié , on obtient :

(CC-f-CC) ^^ ^ — -j — ^ XCR.

Mais en frappant CC^ on frappe aussi CR, puisque CR es en raison directe de GG ;

j» % GR

doù: -.

Donc le produit final sera :

(GG-f-GG) GR , , ^. EP ^ ^ X 2"' c'est-à-dire ^.

Nous pouvons donc dire que tout arrêt dans la circulation rappe le capital futur en raison géométrique.

Noos nous arrêtons là , mais il faudrait suivre enspite , dans ses diverses phases, la répercussion que cette perte fait éprouver au capital général d'un pays.

Gar, si le seul arrêt de circulation d'un capital circulant arrive à ce résultat , il faut faire attention que ce résultat se reproduit et qu'immédiatement on arrive à 16 ; que le capital circulant destiné à faire une nouvelle évolution ne la fasse pas, on arrive à 32, etc.

(1) Voye* p, 184.

L'i^iagination ç'arrôte époa^raçtée ,' ejt o^iffi ^j^}f.^pie est justifiée.

Mais là je ne tiens pas compte encore de );qus les effets utiles détruits par F arrêt de la circulation. §î nous en tenons çQoipte, çoJQime dans le tableau ci-dessous, nous arÛFons à u|i résultat beaucoup plus grave.

En effet, on peut formuler :

//a rai^o^ d'une progre^^içi^ arithmétique Recroissante de la circulation et du capital circulant, est toujours moindre que la raison arithmétique de la progression décroissante de l'effet produit,

£e ^ui .est {urouvé par les progressions décrdssajiies suivantes :

RAISOKS

des progreuions de la cirealation

PROOHRMIONS

arithmétique!

déeroittantea

KFriTg

FR0DDIT8

aritjimétiqaes

d«s différencw'

de»

BAISOMS

des progressions décroissantes

etda capital circalant

etda

des dirérèiiees deseffeUprodnits

ipp

]] e$^ jfTfà ga'on $e cpjasol^ ei| ^e ^^t qiiç les f^its p^ se passent pas aviec jçette rigu/eur, quç les conséqueoces jd'u4 arré^ dç la circulation ne se m^piCçstent pas ^yec cette précision.

On a tort. Mais on préfère rester dans une attitude plus ou mqiiis yague. Qn préfère se djr^ : — P jf a du yqrai 14 dedans, mais ce n'est pas compléteu^en^ vrai ; il fap4rait Foir* £t c^W ([ui disent ; — il faudrait voir, sont ceux-l^ qui, m général, ne c}ieriç)iep( JWf^î-* ^ ^^^^^ -

Mais f^ux qui veolenf cependant justifier leur sceptioûme, répëte^^ cette étemelle objection , que nous avons déjà réfu-* tée : vous ]).e tenez p^^ compte de la iconsommatioD deç c^pi-' taux circulants ; ce qui fait que la pjrQgiressiop s*»arjri$te dès le premier terme.

iV çfsja, npns répondrons encore Jja luème chose : le premier teriioe est déjà assez élevé pour |tre effrayant. Ensuite , si ce £^p^al n'existe pas, up autre c^pit^l qui aurait pu être employé prodpctiven^^n^, s/çra consommé. Mais ce »'est pas tout.

Âçl^A^tons que la n^oitié 4e$ capitaux circulants SQÏWi consommés en joxdssances, non reproductives d'utilité, proportion exagérée, évidemment, iln'en résultera pas moins la perte de tou.t l-effe( ufilç, produit p^r )e capital de jouissaiice, avant qja'il soit ^rrivé à destination ; et la perte de cet effet utile, se répercutant sur le producteur de ce capital, n'en reste pa^ moins 4aus ui^e progression géométrique ayant plusieurs terui^s-

Qu'est-ce 4ûPQ ^or§ quand )^ i^pital circulât n'est pa^ destiné à un.e jouissance, m;^is quand il es( destiné à une reproduction 4'utiUté? iUor^, d'un ç^té, il fant ajouter aux ternie^ de la progression géométrique qui expriment la perte de l'effet utile à l'égard du producteur, dç nouveau^: termes exprimant la perte de Teffet n^ile ^ l'égard du consommateur.

Bu reste, les faits qui se produisent lors des crises com-

merciales montrent quelle répercussion produit sur Fensemble des affaires le moindre arrêt dans la circulation.

Qui ne connaît Finquiétude et le malaise que jette, dans toute r industrie et le commerce, la moindre élévation du taux de r escompte !

« Plus on observe les crises commerciales, dit M. Juglar, depuis que Ton possède des relevés officiels de la situation des banques en France, en Angleterre et aux États-Unis, c'està-dire depuis le commencement du siècle, plus on demeure convaincu que leur marche, leurs accidents deviennent de plus en plus solidaires, et que, dès qu'un embarras se fait sentir d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique, il est rare qu'il ne réponde pas du côté opposé (1). »

Mais si une crise, qui n'est qu'un arrêt dans la circulation, produite par des causes que nous n'avons pas à étudier en ce moment, provoque une telle répercussion d'un bout à l'autre du monde, qu'est-ce donc lorsque la crise se réproduit immédiatement, tout à côté de vous, chez vous-même, et lorsque cette crise n'est pas seulement momentanée, intermittente, mais perpétuelle, sans discontinuité, et tend chaque jour à s'aggraver?

Eh bien, c'est là le résultat auquel arrivent nos impôts. Ils provoquent une crise, non pas seulement périodique, mais une crise permanente.

D'un côté, les producteurs essayent par tous les* moyens possibles d'augmenter la rapidité de la circulation : on cou" struit des routes, des ponts, des canaux, des chemins de fer, des télégraphes : le génie humain se consume en inventions qui mettent toutes les forces naturelles à portée de la main de l'homme. Il invente le commerce ; il arrive à triompher du temps à l'aide du crédit.

C'est alors que le fisc intervient et dit : — Vous avez compté sans moi. Je me mets en travers de cette circulation.

(1) Lei Critet commerciales, p. 13.

Je lui impose mon veto. Je la frappe d* arrêts multiples, sous toutes les formes. J'ai un frein pour chaque rouage. Vous voulez produire : vous ne produirez qu^avec ma permission, après avoir subi les arrêts qu'il me plaît de vous imposer. Le travailleur, l'industriel, le commerçant tirent d'un côté : le fisc tire de l'autre. Dans cette lutte, la production s'arrête, et de$ deux côtés on s'épuise en efforts pour arriver à l'immobilité et à la ruine.

Un mécanicien chauffe sa machine à toute vapeur; et il serre les freins. — Cet homme est fou, dira-t-on; il use sa machine , il use ses rouages , il dépense du charbon , et cela pour ne produire aucun effet utile, et au risque de tout briser.

Que fait le fisc, cependant, quand il frappe la circulation ? Il agit exactement comme ce mécanicien.

£t alors il se trouve des gens graves, sérieux, qui passent pour des hommes profonds ; et ces gens graves, sérieux, ces hommes profonds, déclarent que c'est le seul moyen de faire avancer la production nationale.

Et, bons moutons de Panurge, habitués à nous contenter des déclarations solennelles, sans nous donner la peine de regarder ce qu'elles cachent, nous nous contentons de cette affirmation et nous sommes tout prêts à dire, nous aussi :

— En effet, il n'y a pas de meilleur moyen pour faire avancer la machine que d'en serrer les freins !

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