PROGRÈS DUS AUX PROCÉDÉS PHYSIQUES DE STÉRILISATION
rinsufBsance de ce nettoyage. Il est imprudent de s'y fier. Les germes enrobés dans des matières albuminoïdes ont une résistance énorme. C'est là ce qui a rendu Tétuve sèche illusoire.
Il est certain toutefois que le passage des instruments à Tautoclave est un heureux progrès, surtout pour les instruments difficiles à nettoyer (pinces). Les aiguilles complexes en ont besoin aussi. Mais elles le supportent très mal en l'absence de précautions spéciales.
L'autoclave, pour la préparation des compresses de toutes sortes, rend encore de véritables services, aussi n'ai-je pas hésité depuis bien des années à faire passer à Tautoclave les compresses que je me contentais autrefois de faire bouillir dans une solution faible d'acide phénique *.
Ebullition. — Pour beaucoup de chirurgiens aujourd'hui l'ébullition, surtout dans une solution saline, résume toute préparation. Je crois en effet qu'elle est capitale non seulement parce qu'elle tue des germes, mais parce qu'elle nettoie à fond les instruments ; et la sagesse consiste à nettoyer les instruments dans un bain alcalin et à les stériliser dans un autre.
Mais, ce que j'enseigne surtout, c'est que cette stérilisation, excellente pour les instruments non tranchants, est déplorable pour ceux-ci. Il est vrai de dire qu'elle est bien inutile pour le chirurgien antiseptique et je l'ai montré tant de fois qu'il n'est pas nécessaire d'y revenir.
Il n'en est pas moins vrai que l'on aurait tort de se passer des ressources qu'offre Tébullilion et l'emploi de la chaleur d'une manière générale.
Mais il faut ne voir là que les éléments d'un perfectionnement et non la base d'une méthode nouvelle à mettre en paral-
!► On remarquera qu'à l'heure actuelle les étuves sèches et à vapeur sous pression sont, pour les stérilisations efficaces, partout remplacées par des étuves antiseptiques, à formol surtout. C'est un retour au principe antiseptique, dont on tirera les meilleurs résultats.
lèle avec la méthode antiseptique, ce qui serait reculer de beaucoup en arrière sans espoir d'un bénéfice sérieux.
G. — Drains et drainages.
A propos des drains vous trouverez deux faits signalés dans les auteurs.
Un acte chirurgical : la suppression des drains, et un mode de préparation : leur stérilisation par la chaleur. En ce qui concerne la suppression du drainage, les chirurgiens modernes la vantent beaucoup comme un progrès de méthode.
11 faut bien savoir que tel qu'ils le pratiquent, loin d'être un progrès c'est un retour en arrière.
Le drainage pour la plupart des opérations que je fais, n'est pas une nécessité. C'est une condition de sécurité et de perfection de la réparation. Si je draine, après une cure radicale de hernie, ce n'est pas parce que je ne peux me passer du drainage. C'est parce que j'ai l'expérience qu'avec le drainage je me mets à l'abri de ces hématomes qui empoisonnent un grand nombre des opérations des autres chirurgiens. Moi, je n'en vois jamais.
C'est aussi parce que j'ai l'expérience qu'une plaie bien drainée et réunie par première intention donne une cicatrice bien plus régulière et bien plus solide que la plaie fermée sans drainage dans laquelle il y a eu toujours un épanchement de sérosité si petit qu'il soit.
Si les chirurgiens dits aseptiques ont cessé de drainer, c'est avant tout par impuissance. Sous un pansement fait avec des substances simplement stérilisées l'infection d'une plaie drainée est toujours menaçante. Au minimum il faut se hâter de faire des pansements nouveaux. Même avec ces pansements fréquents l'infection secondaire est facile.
Si la plaie a été fermée, sans issue, les chances d'infection sont moindres, tant: qu'une nécessité d'épanchement ne l'a pas fait ouvrir à nouveau.
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Pour ces chirurgiens la sécurité est donc subordonnée à cette bonne fortune qu'il ne se fera pas dans l'intérieur de la plaie d'accumulation de sérosité ou de sang. Le moindre hématome les condamne à la suppuration secondaire, à l'élimination des fils dont il est bien connu qu'ils ne peuvent pas se garer.
C'est une des raisons pour lesquelles la chirurgie articulaire leur réussit si mal. C'est que pour lui donner une sécurité réelle il faut de bons drainages et que ces bons drainages sont tout à fait dangereux pour les articulations non protégées par un pansement antiseptique.
N'acceptez donc pas comme un progrès de la chirurgie actuelle la suppression du drainage. Les chirurgiens antiseptiques l'ont supprimé en maintes occasions. Quand ils le conservent ou y reviennent c'est qu'ils savent la supériorité de la détente par drainage. Les chirurgiens aseptiques l'ont supprimé surtout parce qu'il rend essentiellement dangereuse la chirurgie aseptique. S'ils le faisaient couramment, comme nous,leur chirurgie serait désa3ireuse,c^est surtout par crainte quHls y renoncent.
Toutefois je fais remarquer que pour le chirurgien antiseptique, il ne saurait s'agir du drainage par des drains de part en part, ni du drainage des lieux déclives, ni d'une foule d'obligations qui n'appartiennent qu'à la chirurgie septique.
Substance des drains et stérilisation. — Le drain pratique est toujours le drain de Chassaignac en caoutchouc plus ou moins modifié dans ses formes et dans ses calibres.
Toutefois on a drainé, depuis la chirurgie antiseptique, avec bien des substances différentes.
Les tubes en verre ont été préconisés. J'ai moi-même employé des drains de diverses espèces sensiblement différents de ceux qui sont généralement utilisés. J'ai inventé des drains en caoutchouc durci, en aluminium. En pratique j'ai continué à me servir des gros et petits drains de caoutchouc.
Je crois pourtant qu'aujourd'hui la facilité des stérilisations
est telle que Ton pourrait utiliser bien des substances que Poni aurait hésité à employer autrefois.
En effet la stérilisation des drains de caoutchouc mou est beaucoup plus difficile que Ton ne pourrait l'imaginer au premier abord et que ne l'avons imaginé pendant longtemps.
A une certaine époque, j'ai vu des accidents de plaie dont j'ai cherché la source en vain dans toutes les conditions de la plaie et du pansement. J'ai fini par la trouver dans les drains qui pourtant avaient subi les bains dans lesquels la stérilisation se faisait régulièrement pour toutes les autres pièces du pansement.
Sans y insister davantage j'en conclus qu'il est nécessaire pour être assuré de l'asepsie d'un drain de prendre les précautions les plus minutieuses et que le passage du drain à l'autoclave longtemps prolongé et renouvelé au besoin s'impose. J'en conclus aussi que cette nécessité étant acceptée, il est loisible d'adopter pour les drains des formes que nous avions abandonnées pour leur difficulté de stérilisation.
Drains sans tubes. — On peut considérer comme un intéressant progrès le drainage par différentes substances qui n'ont pas la forme de tube.
Les premiers de ces drains furent les drains de crins de cheval, puis les drains de catgut.
Peu généralisés, ils ont encore néanmoins leur indication spéciale. Mais ce qui surtout a donné un progrès des plus intéressants pour le drainage c'est l'emploi de la mèche de gaze stérilisée ou imprégnée de substance antiseptique.
Cet usage de mèches pour le drainage n'est en vérité que le rappel d'une manœuvre ancienne, le placement de la tente, que tous les chirurgiens appliquaient pour obtenir successivement l'écoulement de la sérosité post-opératoire, puis de la suppuration qui lui succédait.
Je ferai remarquer en passant que pour toute la chirurgie antérieure au xix® siècle, qui savait se garer des accidents des
BOLE DE LA CHALEUR DANS LES STÉRILISATIONS 4l
plaies, la mèche ou tente était toujours enduite d'une subs^ istnce antiseptique.
En ce qui concerne Tétat actuel des choses les mèches de drainage sont constituées par de la gaze stérilisée ou bien par de la gaze imprégnée d'une substance antiseptique.
U y a des conditions dans lesquelles il est défendable de ne pas introduire, dans la protondeur des tissus, de substances antiseptiques. Mais d'une manière générale je suis partisan des mèches imprégnées de substances antiseptiques sur les variétés desquelles j*insisterai plus tard.
Le souvenir des drains résorbables mériterait peut-être une note historique, je crois que ces instruments ont disparu avec Texpérience.
D. — Rôle de la chaleur dans les stérilisations.
Il y aurait grand intérêt à consacrer une étude spéciale au rôle que l'on a fait jouer à la chaleur dans les stérilisations. On y trouverait à la fois des enseignements précieux et des préjugés ridicules qui ont envahi la pratique et dont les effets sont fort peu connus de ceux qui se livrent à cette pratique par simple imitation et n'en connaissent bien ni la théorie ni Texpérience.
C'est un fait reconnu que le passage aux hautes températures et l'action prolongée de la flamme jouent un rôle capital dans la purification des objets qui peuvent les supporter, de telle sorte que les matières organiques et les germes fixés à leur surface puissent être détruits.
Mais si on regarde de près les pratiques fondées sur ces données indiscutables on voit bien des fautes commises.
Les flambages bien faits à la lampe à alcool jouent un rôle considérable dans toutes les expériences de microbiologie où Texactitude et la régularité des pratiques sont sans cesse vérifiées. En chirurgie il en est tout autrement.
Ces flambages sont continuellement confiés à des aides incapables d'en apprécier la valeur et la nécessité. Ils sont donc parfaitement mal faits. En somme, ce sont des manœuvres trop délicates pour donner une sécurité.
Mais il y a des cas bien plus extraordinaires.
Aucun mode de purification des bassins et des instruments n'a eu plus de succès et n'est plus souvent pratiqué que ce que Ton appelle familièrement le punch à V alcool. Il consiste à mettre dans le vase à purifier une petite quantité d'alcool que Ton allume.
On exécute la même pratique pour les instruments que Ton dispose dans le vase à flamber.
Quelquefois, mais fort rarement, on laisse flamber une quantité d'alcool importante et la température du vase ou des instruments est portée pendant longtemps à une température élevée.
Le plus souvent, après quelques instants de flambage, on éteint l'alcool en versant un peu d'eau distillée et la purification est terminée.
Or il suffit de l'examen le plus superficiel pour constater qu'ainsi pratiqué ce mode de purification est absolument illusoire .
Si l'on examine avec quelque soin des instruments contaminés ainsi traités, il sera facile de constater qu'ils n'ont subi aucune modification utile.
Du reste il suffirait de se souvenir d'une expérience bien connue pour comprendre la vanité de cette manœuvre. On prend un billet de banque, on l'imprègne d'alcool et on le fait flamber. On a tout le temps d'allumer un cigare, de montrer le billet qui a l'air de brûler, puis on éteint le billet qui n'a subi aucun dommage. 11 en sera de môme de tous les germes qui sont au fond du vase flambé ou sur les instruments soumis à cette épreuve.
Cependant, cette pratique destinée à étonner le spectateur est tellement entrée dans les habitudes que je défierais qui