ROLE DE LA CHALEUR DES ANTISEPTIQUES
que ce fût de s'en abstenir sans être blâmé par les médecins présents et surtout par le public.
Cette purification illusoire est une des nombreuses causes d'insuccès de la chirurgie aseptique dont on méconnaît les origines.
Cependant l'application vraiment utile de la chaleur doit être faite beaucoup plus simplement et plus économiquement, mais je Tavoue d'une façon beaucoup moins impressionnante pour les ignorants.
D'abord l'emploi de la chaleur de l'eau bouillante simple» On peut dire qu'en pratique un vase nettoyé à l'eau bouillante et un vase où l'eau a bouilli sont purs.
Puis il est aisé, au lieu d'eau pure, d'employer de l'eau contenant un peu de sous-carbonate de soude. En ce cas l'élévation de la température est plus sérieuse encore (103» à 106°). Si le vase a été souillé, il est matériellement décapé et mis en bonne condition.
E. — Rôle de la chaleur des antiseptiques.
Mais il y a un autre usage de la chaleur dont j'ai été d'abord à peu près seul à bien connaître les avantages et à enseigner la pratique.
Les auteurs qui connaissent réellement les antiseptiques savent l'extraordinaire augmentation de puissance que leur donne l'élévation de température.
En différentes circonstances les microbiolc^ues ont montré que l'élévation de température d'un microbicide exaltait sa puissance.
. C'est une notion que j'ai le premier, je crois, appliquée systématiquement en chirurgie.
C'est surtout à la solution phéniquée que j'ai appliqué ce principe et j'avoue qu'à l'origine le but que j'avais poursuivi était avant toutes choses de ne pas refroidir les parties sur
lesquelles j'opérais. Ce-fut l'observation clinique qui me conduisit à admettre que les tissus pouvaient subir sans inconvénient le contact des solutions môme très chaudes (entre 40<» et 50») et que cet usage permettait d'employer moins de solution et de provoquer infiniment moins de contacts.
J'ai même poussé l'expérience si loin qu'il m'est arrivé, sur un sujet opéré de cure radicale de hernie, de déterminer une brûlure étendue avec phlyctènes du tégument. Cependant toute la plaie se réunit sans incident et par première intention.
Le succès de celte pratique, très exagérée, montre l'importance de l'élévation de température des solutions antiseptiques.
Elle permet d'une part de faire des applications moins fréquentes et d'autre part d'employer des solutions antiseptiques moins chargées.
Or cette élévation de température des solutions antiseptiques je l'ai appliquée, comme je l'ai dit plus haut à l'acide phénique au vingtième, à toutes les solutions que j'ai employées, môme aux solutions de sublimé, avant d'abandonner complètement celui-ci.
Je l'ai môme employée pour un antiseptique dont on hésitait beaucoup à élever la température, l'eau oxygénée, sous prétexte que la chaleur en altérait les propriétés. J'ai montré que pour Teau oxygénée comme pour tous les autres antiseptiques la puissance microbicide était exaltée et qu'au point de vue de sa teneur en oxygène l'élévation de température pouvait l'élever plutôt que l'abaisser.
J'ai vu, en pratique, que la solution phéniquée qui,à 15.o centigrades, agit sur les organismes avec une lenteur que lui ont toujours reprochée tous les microbiologues, agit à 60<> infiniment plus complètement et quatre ou cinq fois plus rapide» ment.
J'ai commencé par employer exclusivement des solutions chaudes au cours de l'acte opératoire, et les températures de 50 à 60o sont très faciles à faire supporter aux tissus •