‹ Théorie expérimentale de la formation des osChapitre 10 sur 51 · ACTION DE LA GARANCE SUR LES OS DES OISEAUX · texte numérisé non relu

ACTION DE LA GARANCE SUR LES OS DES OISEAUX

Tout le monde sait que Belchier , chirurgien de Londres, dînant un jour chez un teinturier en toiles peintes i s'aperçut que les os d'un morceau de porc îrais ^ servi sur la table ^ étaient rouges. Or, l'animal dont les os offraient cette couleur rouge , avait été nourri avec du son chargé de V infusion de garance, qu'on emploie pour la teinture des toiles peintes.

Un fait aussi singulier surprit fort Belchier, et il se mit aussitôt à faire quelques expériences pour le reproduire (1).

(1) Antoine Mizaud, mcîdecin do Paris, parle déjà , vers le milieu du xvi* siècle , de Taction de la garance sur les os ; mais il n'en dit que ce peu de mots : Erylhrodanum , vulgo rubia lincloriim diclum, osêapecudum rubenii et sandycino colore imbuit , si aies aliquol drpastœ sinl oves^ cliam inlacla radiée j quœ rutila exisHl.., Memoraiûlium, sive arcanorum omnis generis, ctc.,Cemuriae,p. 161, 1572.

Il mêla de la racine de garance en poudre avec les aliments dont il nourrit un coq. Au bout de seize jours , cet animal mourut ; et tous ses os se trou- ^

vèrent rouges; et les os seuls : les muscles, les membranes, les cartilages, toutes les autres parties conservaient leur couleur ordinaire (1). La garance rougit donc les os , et , ce qui n'est pas moins remarquable , elle ne rougit que les os.

Les choses en étaient là , lorsque Duhamel fut instruit de Texpérience de Belchier. Il s'empressa de la répéter sur des poulets , sur des pigeons , sur des cochons; il vit partout la garance rougir les os, ne rougir que les os ; et cette action constante , cette action exclusive de la garance sur les os fut désormais un fait acquis à la science.

Dans les animaux qui avaient été soumis à l'action de la garance , dit Duhamel , « ni les plumes , » ni la corne du bec , ni les ongles n'avaient changé » de couleur. . . La peau de tout le corps avait sa cou- » leur naturelle ; le cerveau , les nerfs , les muscles , w les tendons, les cartilages, les membranes n'of- » fraient rien de contraire à l'état ordinaire de ces

(1) PhilosophictU Tranioctioni , vol. xsxix , 1736.

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