‹ Théorie expérimentale de la formation des osChapitre 40 sur 51 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

L'accroissement en longueur me donne les mêmes faits, et peut-être de plus surprenants encore. Les extrémités de l'os , ce qu'on appelle ses têtes , changent complètement pendant qu'il s'accroît. En effet, sur les tibias 1 , 2 et 3 de la Planche V, les extrémités ou têtes de l'os, qui se trouvaient d'abord sur le tibia i au point où est le clou 2, et sur les tibias 2 et 3 au point où est le clou 8, ces têtes ne sont plus , elles ont été résorbées ; et celles qui sont maintenant n'existaient pas alors; elles se sont formées de-^ puis.

§ VIII

Tout change donc, dans los, pendant qu'il s'accroît. Toutes ses parties paraissent et disparaissent; toutes sont , successivement , formées et résorbées ; et chacune, comme le dit admirablement Georges Cuvier, est dépositaire ^ tandis qu'elle existe , de la

(1) Toat Tos qai est maintenant sur ]a lame.

(2) Tout Tos qui était d'abord sous la lame»

force qui contraindra bientôt celle qui doit lui succéder, à marcher dans le même sens qu'elle, et à maintenir sa forme.

(c Je ne décide point, dit Duhamel, si, dans le » périoste d'un enfant. . . , toutes les couches qui doi- » vent se développer successivement y sont conte- » nues en raccourci , ou s'il s'en forme de nouvelles, » à mesure que d'autres se convertissent en os. . . » Ces questions ne peuvent être éclaircies par des » expériences (1). »

Duhamel se trompe : l'expérience peut éclaircir ces questions , et même elle les résout de la manière la plus formelle.

Il se forme sans cesse des couches nouvelles ; et loin que, dans le périoste d'un enfant, se trouvent en raccourci toutes les couches qui devront se développer plus tard , le périoste actuel , le périoste actuel tout entier aura bientôt disparu , et , à sa place, il se sera formé un périoste nouveau, entièrement nouveau.

(!) IV* Mémoire sur les os, {Mém. de l'Àcad. des sciences ^ aDnéei7/i3,p. 98.)

Il y a donc formation continuelle de couches nouvelles, résorption continuelle de couches anciennes, en un mot mutation continuelle de la matière ; et pour emprunter encore , ici , à G. Cuvier une admirable parole : « C'est se faire une idée fausse de la » vie, que de la considérer comme un simple lien qui » retiendrait ensemble les éléments du corps vivant , » tandis qu'elle est, au contraire, un ressort qui les » meut et les transporte sans cesse (1). >»

(1) Rapport historique sur les progrès des sciences naturelles , p. 22/i.

Page 1