‹ Théorie générale de l'étatChapitre 11 sur 118 · PRÉFACE DV TRADUCTEUR. XÎX · texte numérisé non relu

PRÉFACE DV TRADUCTEUR. XÎX

peut elle-même se légitimer par la situation d'un petit peuple civilisé entouré de barbares.

Serait-ce au moins Texacte mesure des droits de TÉtat civilisé moderne que l'auteur rechercherait ici? Mais alors, il est à regretter qu'il ne le dise pas plus clairement*, et les résultats auxquels il aboutit demeurent peu nets encore. Il veut que l'État respecte la liberté privée, la vie de l'esprit, les livres du penseur, la vie privée dans ce qu'elle a d'essentiellement individuel, la propriété. Sans doute, mais pourquoi donc, si ce n'est parce que ce respect est en harmonie avec la norme résultant de la totalité des rapports, bien public ou bien des particuliers, au sens suprême des mots? dans quelle mesure, si ce n'est dans la mesure que cette norme comporte? « L'État, » dites -vous, « ne peut commander que lorsqu'il s'appuie sur un droit. » Mais d'abord, cette formule n'est-elle pas en contradiction avec le principe de votre État, qui a le bien public pour but et pour objet ? N'est-elle même pas bien autrement étroite que celle de « l'État de droit, » que vous trouvez incomplète? Mais, en outre, quand donc l'État s'appuiera-t-il sur un droity si ce n'est toutes les fois que le bien public ou la norme générale légitime la mesure ordonnée ? Est-ce que l'État attend pour commander que « la nécessité de la coexistence paisible » des personnes le rende indispensable? Est-ce qu'il n'édicte obligatoirement que « les règles nécessaires de la vie commune? » A ce compte, combien de dispositions ne faudrait-il pas rayer de nos codes ? On peut même se demander combien d'entre elles resteraient debout»

Aussi il nous semble que ces tentatives de distinguer et d'opposer le but immédiat de l'individu et le but immédiat de l'État, sont quelque peu dangereuses, parce qu'elles font perdre de vue le but commun suprême et divisent au lieu d'unir; et qu'elles sont infructueuses, malgré leurs bonnes intentions, parce qu'elles n'aboutissent guère à une limitation rationnelle des sphères réciproques. J'aime mieux dire pour ma part, et c'est ce qui semble la théorie de Stahl et même de Hegel, qu'à un point de vue élevé, le bien public et le bien, des particuliers ne sont qu'une même notion ; que l'État et l'homme ont un seul et même but : l'ordre et le bien suprême ; qu'ils doivent

< Comp. p.glSi. f.,274et 276.

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