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CHAPITRE VI

2. — Différences essentielles entre les notions antiques on féodale de TËtat, et la notion moderne.

l'état antique.

1. Il ne reconnaît point encore le% droits personnels de Thomme, ni. par suite, les droits individuels de liberté. Dans l'État antique, la moitié au moins de la population est esclave^ la plus faible partie, ^»&r«. L'agriculture, l'élève du bétail, les métiers, les travaux domestiques, le commerce lui-môme sont principalement abandonnés aux esclaves et, comme conséquence, le travail et l'ouvrier sont peu estimés. L'esclave ne se rattache à l'État que par son maître; lui-même n'y a aucune part; ^ û'a pas de patrie ; les droits <le l'homme lui sont refusés. Sou- ^entsans doute les mœurs étaient meilleures que les lois, mais la si- ^tion plus avantageuse de l'esclave était toujouTS précaire et pouvait soudain changer. Ici et *à les esclaves se révoltèrent et furent comprimés cruellement.

2. L'idée antique de l'État embrasse la vie toute entière de Vhom-

LETAT MODBRNE.

1 . Il reconnaît à tous les droits de l'homme.ii a partout supprimé V esclavage comme une injustice, et môme la forme plus douce du servage et de la sujétion héréditaire. L'homme n'a plus la propriété de l'homme ; l'homme n'jBStplus une chose, mais un être de droit (Rechtswesen), Le travail est libre et estimé. Toutes les classes ont politiquement part à l'État, et le droit public de vote est étendu aux ouvriers et aux gens de service. Le danger des révoltes d'esclaves a disparu; l'État repose sur une base plus large ; ses racines s'étendent dans le peuple entier.

2. L'État moderne a conscience des homes de son pouvoir et de son

THÉORIE GÉNÉRALE DE l'ÉTAï.

me^ dans la religion et le droit, les mœurs et les arts, la culture et la science. Le sacerdoce est une fonction de l'État. La liberté de penser est au moins incomplète.

3. L'homme, en principe, n'a des droits pleins que commemetnbre de VÉtal. Chez les Hellènes, le droit privé et le droit public sont encore confondus. Les Eomftins les distinguent au fond, mais le droit privé demeure dans la dépendance complète de la volonté de rÉtat. La liberté individuelle n'existe pas au regard de l'État.

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