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IV. — Les tribus (Stâmme

Les races se partagent en peuples, ceux-ci en tribus. Un obser* valeur attentif peut bien retrouver la parenté de certains peuples dans les analogies de la langue, des mœurs, du droit ; mais les peuples, même ceux qui appartiennent aux mêmes races, ne se comprennent plus et sont devenus étrangers Tun à Tautre. Au contraire, ks tribiLS d'un même peuple se sentent unies par la comnoLunauté de Texistence, de la langue et des mœurs ; et si leurs particularités viennent lutter contre cette conscience d*une apparienance commune^ leur langue unique, en ouvrant l'oreille de tous, réveille continuellement le sentiment de la parenté et de Vunité, Les dialectes sont à la fois le signe de la communion nationale et de la différence des tribus. Ils sont à la langue ce que le droit particulier de chacune d'elles est au droit com-^ mun du peuple.

Les tribus sont, comme les peuples^ un produit de Thistoire, qni aime à développer et à montrer les oppositions internes. Fractions du peuple, elles n'ont pas de type national propre et ne sont qu'une expression colorée et accentuée de l'esprit national commun. Elles se perpétuent ainsi, Conservant leur Originalité, leurs caractères, augmentant la variété et la richesse de là vie générale, entravant parfois l'unité de l'État. Rdrae est devë-

nue forte et puissante par les luttes civiles de ses partis, qui se rattachaient originairement à des souches différentes ; les Hellènes, chez qui ces oppositions furent trop vives, ne purent fonder un État commun durable. La différence des tribus a également exercé une grande influence dans la formation des États modernes. Favorable au particularisme du moyen âge, elle se dressa comme un obstacle contre les tendances d'unification. Lltalie et l'Allemagne l'éprouvèrent. Les tribus anciennes y furent brisées de bonne heure, là par l'indépendance des villes, ici par la politique des rois et la formation des États territoriaux. Mais leur influence se continua dans le caractère propre de chaque ville d'Italie ; et, malgré la fusion qui s'opéra dans les nouveaux États allemands qui succédèrent aux anciens d^ichès de tribus (Stammeslierzogthûmer), elles eurent une large part à la chute de l'empire d'Allemagne. Les adversaires de l'unité allemande excitent encore aujourd'hui leurs préjugés, pour retarder le développement national qu'ils ne peuvent plus empêcher.

Il y a dans la tribu une prédisposition pour une formation nouvelle ; quand elle s*isole, elle peut, avec le temps, devenir une nation. Elle engendre plus difficilement un nouveau peuple. 11 faudrait pour ceci qu'elle se mêlât, se fusionnât avec d'autres peuples, et par suite qu'elle changeât de langue, comme les souches germaniques des Lombards en Italie ; ou, du moins, qu'elle élevât son dialecte au rang de langue nouvelle, comme les Hollandais.

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