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CHAPITRE VIII

B. — LES ÉTATS OU LES ORDRES (Stânde).

L'Europe nous présente, au lieu de castes, des ordres ou des états qui sont également les membres ordonnés et organiques de la nation, mais qui s'abandonnent à Faction des événements, et ont ainsi leur développement, leur histoire, leur transformation.

Leur plus ancienne forme rappelle encore les castes : héréditaires dans la règle, ils offrent des rapports remarquables avec le système indien ; les représentations mythiques de leur origine sont parfaitement semblables. D'après YEdda, le dieu Rigr, dans le cours de ses périgrinations, engendra d'abord Thral, qui fut la souche de la population servile; puis, dans un séjour meilleur, le libre Karl, souche des paysans libres ; enfin le 7wble Jarlj auquel il apprit à lancer un dard, à manier la lance, et auquel il confia le mystère sacré des Runes. Les ordres se distinguaient par la couleur et par la forme : les nobles, éclatants de blancheur, avaient les cheveux blonds et les joues enflammées ; les serfs, au visage repoussant, avaient les membres grossièrement osseux.

i. L'ordre gaulois des Druides rappelle la caste des Brahmanes; il a également le sacerdoce, la science, la connaissance du droit *. Mais les Druides, et surtout les prêtres germains

« CœBar, De Bell. Oall., VI, 13 : « Illi rebu» divinif? iiitcrsunt, ?=acnn«:ia

d^avant le christianisme — leur nom : Godi, dérive du nw Diou [Gotl], de même que celui des Brahmanes de Brahma sont dans une relation plus étroite avec la noblesse national héréditaire. Le clergé chrétien du moyen âge, du moins par I position élevée qu'il occupe, se rapproche davantage de la pw mière caste indienne.

2. L'ancienne noblesse de l'histoire primitive de l'Europe es toujours héréditaire^ et réunit ordinairement les fonctions le plusimportantes des deux castes supérieures de l'Inde. Les nom eux-mêmes prouvent cett^hérédité. Les Eupatrides grecs et le Patriciens romains sont les descendants de pères nobles ; le Adelinge germains empruntent leur nom à l'importance de leu famille (Arfa/) K Les Lucumons de l'Étrurie et les Chevaliers gau lois forment également une noblesse héréditaire. L'ancienn légende aimait à faire descendre immédiatement des dieux o des héros les premières d'entre les familles nobles, les famille princières, et à les révérer comme issues d'un sang divin. Ces à cette noblesse primitive qu'appartiennent ordinairement 1 sacerdoce, la science des choses divines, la connaissance et 1 culture du droit, les plus hautes fonctions publiques. Elle a tou jours le premier rang dans l'organisation militaire; mais lapin part des professions civiles lui. sont fermées. Les nobles ot ordinairement à leur service ou sous leur protection des clien ou des gens dévoués [hôrige Lente), et leurs seigneuries h distinguent jusque dans la sphère du droit privé. Ils placei volontiers leurs habitations sur des hauteurs, même dans le villes.

Ces traits caractéristiques se montrent de nouveau, quoiqu un peu modifiés, au commencement du moyen âge. Mais plt nous remontons dans le passé, plus cette institution politic( religieuse est semblable partout

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