Les hommes libres (Gemeinfreîen) forment chez les Grec
pubîica ac privata procurant, religiones interpretantur. Ad ^os magm adolescentium numerus disciplinse causa concui rit, magnoque ii sunt api eos honore. Nam fere de omnibus controversiis publicis privatisque const tuunt. »
2 Voy., sur ce point, Schmitth^mcr, Slatsrecht, p. 31 et 103.
CONDITIONS FONDAMENTALES DE l'ÉTAT. 105
les Romains et les Germains le véritable noyau du démos et de la nation. Ils ont la plénitude des droits généraux ; ils sont la force deFÉtat. La noblesse s* élève au-dessus d'eux, non pas à la manière de la caste indienne, comme distincte par essence, mais comme un ordre éminent et distingué, uni au leur, ayant ses racines dans le même droit national.
Aux époques reculées, les hommes libres sont ordinairement propriétaires fonciers et agriculteurs ; ainsi nous trouvons les Gmwres dans la Constitutiop d'Athènes aux temps de Thésée, \e^ Spartiates ordinaires, les Plébéiens romains, les Libres [Freien), de toutes les tribus germaniques. Le droit respecte la naissance libre et la franchise des terres. Ces hommes libres s'occupent aussi du commerce, mais peu. Leur manière de vivre peut être comparée à celle des Visas ; mais ils portent les armes, forment les masses de l'infanterie, et ont plus facilement part aux honneurs publics. Ils ont de plus dans la commune des droits politiques qui varient avec la constitution de celle-ci.
Quoique sujets au regard de l'autorité, ils ne sont point dans la dépendance d'un maître particulier. Ils n'ont pas, dans le principe, le droit de protection ou de patronage, mais ils peuvent avoir des esclaves ou des gens en propre (Eigene). Généralement leur liberté s'acquiert par la naissance {ingenui), et leur ordre est héréditaire.
4. Enfin, nous trouvons des traces nombreuses d'un ordre qui 86 dissolvait déjà visiblement aux premières époques connues, 6t qui, par cela mème^ est un peu énigmatique : ce sont, sous '^ne expression générale, les gens d'un patron {hôrige Leute); comme les Sudras indiens, ils ont en partage les fonctions inférieures de la vie. Cet ordre comprend quelquefois des agriculteurs assujettis, appartenant absolument à la même race que les vainqueurs; ailleurs, *des gens misérables qu'une oppression lente ou le défaut d'économie ont placés dans la dépendance. Tels sont les Pelâtes et les Thhtes des Grecs, les Clients des Romains, desGaulois, des Bretons, les Ltfesdes Germains. Leur maître est leur meur et leur protecteur (Mund und Schutzherr) : chez les ^fecs, il se nomme Prostratres, chez les Romains Patronus. Ils
font partie de la nation et ne doivent pas être confondus avec h esclaves; mais leur liberté, leurs droits, leur valeur, sont infi rieurs à ceux de l'homme libre. Ils exercent de préférence U professions manuelles; la plupart des affranchis montent dan cette classe.
L'histoire des ordres est étroitement liée à celle des Étatj La transformation des constitutions n'est souvent que l'effet d leurs modifications internes, peu remarquées d'abord.
* Toute la formation du droit prend au cours du moyen â^ leur empreinte et leur expression. Chaque ordre, en même tem| que Sa profession, a son droit et ses juridictions. Le clergé ^ suivant le droit canon ; le prince, suivant le droit des seignew (Herrenrecht) ; les chevaliers, suivant le droit des fiefs (Lehem recht). Les gens de service (Minisleriales^ Dienstleute), ont le~ droit spécial (Dienstrecht) ; on applique aux bourgeois le droite leur ville, et aux paysans les coutumes et le droit de cour [HofrecM le droit de la cour du seigneur). Tous ces ordres brisent le lipolitique général, et c'est par eux qu'on fait partie de l'État.
Petit à petit leur caractère change; d'héréditaires, ils dévie nent déplus en plus professionnels. Dans les derniers siècles, distinguait surtout : 1) le clergé, 2) la noblesse, 3) les bourgeois le tiers état, 4) les paysans. Les deux ordres aristocratiques occ paient uqc situation politique éminente ; le troisième avait saia sa liberté civile ; le dernier était impuissant, dominé par ^ autres.
Toute cette grande institution tombe en ruine sur la fin moyen âge; il n'en demeure que des débris, semblables ^ vieilles murailles d'un château fort démoli. Mais l'intelligence système féodal est nécessaire à celle de l'État moderne *.