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II. — Les diverses classes

1. * La classe gouvernante actuelle se rattache encore historiquement par ses chefs, les princes, à l'institution de la haute noblesse, qu'elle domine aujourd'hui par sa situation souveraine de droit public. Ses autres membres, fonclionnaires ou officiers, et dans la république les premiers magistrats euxmêmes, sortent, pour la plupart, des deux classes intermédiaires et continuent à s'y rattacher socialement. S'ils appartiennent exceptionnellement aux grandes classes inférieures par leurs parents, ils entrent presque toujours dans les hautes classes par leur éducation et leur profession, et restent dans celles-ci en cessant leurs fonctions. Pendant qu'il les exercent, ils les dominent même par l'autorité et le pouvoir. Les degrés inférieurs des emplois subalternes se recrutent aussi dans la quatrième classe des masses moins cultivées.

2. Uaristocratie actuelle n'est plus un ordre fixe, fermé, privilégié ; elle ne forme avec les classes inférieures qu'une seule et même communauté juridique, par la qualité coimnum de citoyen (Statsbûrgerrecht) et par Végalité devant la loi, publique ou privée. Les hommes distingués des autres classes montent de temps en temps avec leurs familles dans son haut rang socialy et viennent en augmenter les membres. Plus souvent

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encore, quelques rejetons de l'aristocratie perdent les qualités qui la distinguent et, dépouillés de leurs rayons, tombent dans les classes inférieures. On ne peut aujourd'hui ni devenir ni s'affirmer aristocrate, si Ton n\i ni fortune, ni profession libérale, ni éducation cultivée. Aussi les limites de l'aristocratie sont-elles flottantes quant aux personnes ; elles changent continuellement par des affluents et des pertes, et se rattachent ainsi, par des transitions nombreuses, à la haute bourgeoisie. L'aristocratie ne peut évidemment plus être séparée des autres classes par le connubium,

La première transformation de la noblesse féodale en aristocratie moderne s'est accomplie dans l'aristocratique Angleterre elle-même. Sur le continent au contraire, la noblesse féodale est devenue une ruine qui obstrue accidentellement les voies de la vie publique, et l'aristocratie nouvelle n'a encore qu'une situation mal définie et une existence contestée. On voit bien sans doute que l'aristocratie a sa valeur dans la société, dans les usages des cours, dans les nominations aux premiers emplois; mais elle n'a point encore de place bien reconnue dans les conceptions politiques des peuples du continent.

L'Empire allemand doit combler cette lacune par une réforme qui réponde à nos temps, et qui s'appuie d'ailleurs dans ses principes sur les données de l'histoire universelle.

L'aristocratie ne doit être ni régnante ni ordre fermé, mais classe et situation intermédiaire, ennoblissant les rapports pu- ^>Hcs, tempérament contre l'autorité, barrière contre les passions •les masses.

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