‹ Théorie générale de l'étatChapitre 6 sur 118 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XI

n*est-elle pas, comme elle, l'ange des doux conseils, qui se penche au bras de sou royal époux, murmure à son oreille des paroles de paix, de foi et d'amour, et modère Tardeur ou la férocité de son tempérament? Tout est harmonie dans la création. « C'est lorsque le tendre se mêle au fort que le son est éclatant et pur, » s'écrie le chantre des Cloches *. Montez donc vers le ciel, mélodieux accord de Thomme et de la femme ! Les feux brillants du soleil appellent les doux rayons de l'astre pe7isif des nuits.

Cependant la comparaison serait peut-être dangereuse, malgré la place élevée que le christianisme a faite à l'épouse et malgré la liberté . de sa conscience morale qu'elle conserve nécessairement, si Ton voulait conclure de cette union mystique et idéale de l'Église et de TÉtat, si désirable pour la paix et le bonheur des nations, terme final de leur développement, que l'Église est la subordonnée de l'État comme la femme l'est dans le mariage, et qu'on doit lui appliquer le texte sacré : Mulûres subdilœ sint marilo sicut Domino. L'auteur lui-même repousserait sans doute cette conséquence dans ce qu elle pourrait avoir d'extrême, car lui aussi conçoit l'Église, dans ses formes terrestres, comme « une communauté universelle, l'un des corps de l'humanité, « et proclame que la vie religieuse de Thomme est indépendante de l'État (p. 26 et 275).

L'intelligence est d'autant plus grande qu'elle connaît davantage ; et toutes nos idées sont dans une telle liaison nécessaire, que toute nouvelle connaissance acquise modifie successivement et parfait plus ou moins toute.s les autres. C'est l'admirable privilège de l'homme d'être appelé à se rapprocher toujours plus de la vérité, et cela non seulement dans le domaine des sciences physiques, mais aussi dans celui des sciences morales, reli-

* Denn wo das Slrenge mit dem Zarten, Wo Starkes sich und Mildes paarteriy Da giht es einen guten Klang,,,

(Schiller, Lied der Glocke.)

Page 1