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CHAPITRE X

LA SOCIABILITÉ NATURELLE DE l'hOMME {der

e Statstrieb)* et de la conscience de l'état usztsein) *.

on des théories spéculatives courantes ne fait pas

aître la cause unique de la naissance des États sous

iriées qu'ils revêtent.

tis la nature humaine. Malgré toutes les différences

), elle est une et commune dans ses fondements.

î développe : le peuple acquiert conscience de son

sa communauté internes ; il se sent une nation ; il

! forme correspondante ; et la tendance intime de

a sociabilité (Statstrieb) , amène une organisation

ensemble dans la forme d'un gouvernement viril de

ans l'État.

bilité agit d'abord dans l'homme sans qu'il en ait

La foule regarde, avec une confiance mêlée de

chef, un capitaine dont le courage et le génie lui

lie le vénère comme l'expression suprême et le

le sa communauté ; elle se range autour de lui et

rdres.

)érience liait, la tendance obscure s'éclaire, l'idée

progresse; l'homme acquiert conscience de VÉtat, VÈlai volonté. Tout cela se marque d'abord dans les chefs. Chezeux^ tendance devient conscience active de VÈtat^ volonté ordonnante agissante, pendant que les gouvernés n'ont encore qu'une con cience passive.

Petit à petit, celle-ci s'élève à son tour, d'abord dans les hau(^^

classes, puis dans les couches inférieures; enfin, elle se monlrpartout active et efficace.

Cette tendance naturelle de l'homme, inconsciente puis cons — ■ ciente d'elle-même, loin d'être en contradiction avec les forma^ — tions historiques, les explique *.

Chez les puissants, elle s'emporte jusqu'à la passion de demi

ner ; chez les faibles, elle va jusqu'à la soumission servile; che:^ l'homme libre, elle est éclairée par sa raison et sa conscience» morale, en harmonie avec celles de tous. L'État libre est seu' j vraiment un État, car c'est en lui seulement que l'idée est gêné- ^ raie et partout féconde.

Cette conception, que les anciens avaient exprimée ^ sans 1::. déparer par les erreurs de la spéculation moderne, résume toi ce que celle-ci contient de vrai. L'État est i7idirectement divU car c'est Dieu qui a mis en nous la sociabilité (Statstrieb), ^^ qui par conséquent a voulu l'État; mais il est en première lign ^ l'œuvre et le devoir de Thorarae, et un sain esprit religieux n ^ saurait s'en off'enser. La pleine puissance réelle nécessaire àl'Éts/ y trouve également son expression vraie; car ce qui la constitue essentiellement, c'est cette énergique sociabilité naturelle qu/ est dans la nation, et qui tend à créer ou à maintenir l'État. Enfin, les droits de la volonté ne sont point méconnus ; mais au lieu de volontés individuelles brisées et isolées^ nous avons ICI la volonté une de la nation ou de l*Etat.

Cette volonté générale de l'ensemble existe en germe dans les peuples, aussi naturellement que la tendance à l'union et à l'organisation politique, que nous appelons sociabilité (Statstrieb).

* V. plus haut, p. 158. Comp. aussi Cicérone De Rep., 1, 25 : « Ejus (populi) prima causa cocundi est non tara irabecillitas, quam naluratis quaedem hominum quasi congregatio. »

En se manifestant, elle devient volonté de l'État, au lieu que la volonté d'individus qui contractent demeure toujours individctelle. Son expression véritable, c'est non point le contrat, nia.is la loi pour les prescriptions permanentes et générales, le commandement pour la police, le jugement pour la justice; et rËtat renferme des organes qui permettent à sa volonté de se reoueillir, d'avoir conscience d'elle-même, de s'exprimer.

Li'État n'est donc pas seulement un organisme destiné à réfréner les passions mauvaises ; il n'est pas un mal, mais un bien nécessaire. Les nations et l'humanité, prises collectivement, ne peuvent sans lui ni manifester leur communion et leur unité ia ternes, ni jouir de leur libre arbitre. L'État, c'est le tout organisé, l'ordre pour la perfection de la vie commune dans toutes les choses publiques.

Ainsi conçu, l'État est avant tout une formation humaine et ^^restre. Mais rien n'empêche de placer à côté de l'idéal religieux d'une Église invisible, communauté des esprits réunis par I^ religion, Tidéal politique d'un État invisible^ communauté des esprits politiquement unis. Les théologiens nous parlent d'une Église plus parfaite dans le ciel ; de même, l'homme d'État peut ^e considérer l'État terrestre que comme le portique de l'État céleste.

Mais l'État réel est celui dans lequel nous vivons et nous agissons ; la science du droit public ne s'occupe que de lui ; et la i^ature de l'homme en donne pleinement la notion et l'explication.

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