CHAPITRE V
:*incipe des quatre formes secondaires [Nebenformen],
qualité de son chef détermine sans doute la forme de TËtat. pour bien fixer le caractère de celle-ci, il faut aussi consiles droits des gouvernés, et compléter ainsi la division itote.
jui est ici décisif, c'est le contrôle du gouvernement et la ipation à la confection des lois par les gouvernés, par la i dans le sens étroit du mot, ou si l'on veut, par le pays, lors, nous obtenons les trois formes secondaires suivantes ^e respectivement) :
iCS gouvernés sont une masse passive, sujette sans conditenue à une obéissance sans réserve; ils n'ont ni droit de 3le ni part à la confection des lois : c'est le gouvernement ^, la forme (ou la nation) non-libre. Celle-ci n'a pas nent ce caractère lorsque tout est abandonné à Tarbiet au caprice d'un despote (despotie), mais aussi, du moins }uement, lorsque le prince reconnaît un système obligatoire oit, et respecte le domaine et la liberté privés (gouvernement X, absolutie.)
Une fraction des gouvernés, les classes élevées, ont un droit mtrôle et une part dans les affaires publiques, et restreignent
ainsi le pouvoir suprême ; mais les masses, et particulièreme les classes inférieures, n'ont aucun droit politique. Ces forir sont demi-libres ; ex., les États du moyen âge.
III. Toutes les classes jouissent des droits politiqties; le pi entier (la nation) contrôle le gouvernement et participé à la ce fection des lois : c'est la forme libre^ la république dans le sens plus large du mot. On peut également l'appeler VÉtat pul (Volksstat) a).
Ce contrôle et cette participation ont lieu :
A. Directement par l'assemblée des citoyens, système préfi des anciens (républiques antiques) ;
B. Indirectement par des conseils et des représentants, sy tème des modernes {États représentatifs].
Si maintenant nous rapprochons ces divisions secondaires d* principales, nous obtenons les résultats suivants :
I. La théocratie penche, en principe, vers la forme seml Mais elle n'est pas nécessairement despotique ; il se peut, e effet, que le Dieu régnant, ou plutôt la classe des prêtres inspiw par lui, reconnaisse et respecte une loi de la communauté. Aus peut-elle se rapprocher des formes intermédiaires, même d« formes libres, lorsqu'une classe aristocratique ou une assembla de la nation y participe à l'exercice du pouvoir réputé divin. E ce sens, la théocratie juive était républicaine.
II. V aristocratie gravite dans les formes demi-libres-, ma elle peut aussi descendre à la forme servile, lorsque le dm est politiquement sans droit ; ou s'élever à la forme libr lorsque, comme à Rome, elle accorde à celui-ci une véritab représentation.
III. La démocratie tend aux formes libres, mais peut dégén rer en despotie au détriment des minorités, ou en gouvememe absolu h l'égard des individus. Elle peut aussi être demi-lib
a) Volksstat est pris ailleurs par opposition à l'État communal, urba patrimonial; voy. p. 34, 50, no6, 175. — État public semble une traducti peu satisfaisante; TEtat peut-il n'être pas public? Mais Etat nation ferait amphibologie (comp. p. 71. note, 28?, 289), et^(a« populaire sem^ contre-sens. Votkskônigthum, dans le titre du chap. ix ci-après, dcsij également une royauté publique, c'est-à-dire une forme libre;
par relation à une classe assujettie (esclaves et ilotes, nègres dans rAmérique).
lY. La monarchie prend et rassemble les formes les plus diverses : les États despotiques de TOrient sont manifestement des formes serviles ; le royaume et la principauté du moyen âge, avec leurs ordres du clergé et de la noblesse, sont des formes intermédiaires ; la monarchie romaine, d'après la constitution deServius Tullius, les royaumes des Francs et de Norvège, qui donnaient aux assemblées du peuple une certaine part aux afiaires publiques, sont des monarchies libres; enfin, la monarchie constitutionnelle moderne, avec sa liberté et sa représentation , est la plus haute forme monarchique connue.
La division d'Aristote part avec raison du sommet ; les reproches qu'on lui fait tombent, lorsqu'on la complète en considérant la base. On ne peut plus dire entre autres qu'elle manque de précision, qu'elle n'indique pas, par exemple, la parenté de la démocratie^ représentative moderne avec la monarchie coastitutionnelle, ni n'explique la différence essentielle qui sépare la monarchie absolue de la monarchie limitée par les ordres.
Observation. — C'est Tintéressante étude de Georg Waits sur la différence des formes d'État qui m'a incité à cette analyse des formes secondaires {Politikt p. 407 et ss.). — Waitz appelle république l'État gouverné par la nation ou par ses représentants sur son mandat; royauté, TÉtat gouverné par un chef individuel, en vertu de son propre droit, indépendant de la nation. Cette division lui paraît principale, celle d'Aristote secondaire. Dès lors, l'empire romain devient république et l'empire allemand royauté, l'ancien patriciat romain royauté et l'empire des Napoléons république» Mais cette méthode embrouille plus qu'elle n'ordonne. La nôtre est plus logi- ^ae et plus claire^ indispensable même pour compléter les divisions dAristote. Elle explique également pourquoi la monarchie consti-^ tutionnelle se rapproche davantage de la démocratie représentative que de la monarchie absolue.