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L'INTERPRÉTATION LOGIQUE

^ I. — La. Iransiiion à la logique :

le rôle de V imaginai ion.

Nous avons déjà dit un mot de la transition, dans le développement individuel, de l'interprétation prélo^ique à l'interprétatron logique, de l'interprétation émotionnelle à l'interprétatioa tkéoriqae. C'est un mouvement où les facteurs de l'intérêt émotionnel et collectif s'effacentgraduellement devant ceux de la pensée. L'observation exacte, le jugement, la recherche des preuves, se développent plus ou moins.

1 . Nous devons rappeler ici deux points qui sont nécessaires à l'intelligence du mouvement historique correspondant.

P Le passage dn type prélogique de connaissance au type logique s'effectue, dans toutes ses phases, par le moyen de l'imagination. Elle établit des combinaisons « semblantes )i^ des programmes schématiques, des , constructions de fantaisie présentant le» contours incertains d'où procéderont les jugements confirmes de fait et de vérité. Sous l'action de l'imagination schématisante, les matériaux de la connaissance se dégagent de l'étreinte du contrôle externe et social, et deviennent utilisables pour des reconstructions sous forme d'hypothèses expérimentales et d'unités esthétiques.

Cette « semblance » imaçinative apparaît notamment chez l'enfant dans la fonction du jeu. L'impulsion au jeu se montre chez lui dans l'exercice d'une imagination libre d'entraves. Les légendes, les contes de fées, les incidents dramatiques survenus à l'école ou pendant un voyage, la manifestation d'une particularité de caractère, un trait de fierté patriotique, tout cela provoque chez l'enfant un jeu de l'imagination, d'où émergera une chose nouvelle pour lui, la liberté de la pensée. La création de l'imagination'qui se joue fait place à la supposition qui jaillit de source ; à celle-ci succède l'hypothèse réfléchie, laquelle est remplacée à son tour par la proposition fondée sur des faits et par la théorie soigneusement élaborée. Ainsi les gains de la connaissance deviennent les points de départ successifs de l'imagination. Finalement, les idéals du vrai, du bien et du beau se projettent en avant dans les postulats de la raison, du devoir et de Dieu.

2^ Ces processus aboutissent à l'établissement du grand

dualisme de la sphère intérieure]et de la sphère extérieure, où

ces programmes de l'imagination se trouvent tour à tour

réglés, corrigés et confirmés. L'esprit et le corps, le monde

-spirituel et le monde physique, se dressent l'un en face de

U'autre comme substances opposées.

2. Les mêmes processus typiques sont en évidence dans le mouvement de l'interprétation ethnique (1).

1° La pensée ethnique primitive ou prélogique se caractérise principalement, comme nous l'avons vu, par la prédominance de l'intérêt collectif ou émotionnel, et par le rôle de première importance joué par les motifs mystiques et religieux dans l'interprétation des choses en général. C'est sur ces intérêts, sur les affaires et les observances sociales et religieuses que s'exerce l'imagination ethnique, cela au profit de la connaissance, qui en devient plus certaine et plus exacte. Les fêtes sociales, avec leurs danses, leurs jeux, leurs cérémonies, leur musique, permettent au sauvage de donner libre cours à ses émotions et à ses caprices. Dans la licence des fêtes religieuses, son asservissement aux formes sociales,

(i) Cf. pour les détails l'interprétation contenue dans History oj Psychology, de l'auteur, t. I et IL

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