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LE PROBLÈME : LA MORPHOLOGIE GÉNÉTIQUE

§ 1. — La question de V interprétation.

1. Dans un précédent volume fl), où est esquissé le programme de toute la doctrine de la logique génétique, nous avons cité la phrase suivante de Lotze comme définissant ce que nous allons étudier maintenant sous le nom de problème de l'interprétation.

« C'est, dit Lotze (2), la question de savoirjusqu'à quel point la construction la plus complète de la pensée qu'il soit possible d'obtenir, par l'emploi de tous les moyens, peut prétendre à être un compte rendu adéquat de ce qu'il semble que nous soyons forcés d'admettre comme étant l'objet et

(i) La pensée et les choses, tome I, « La logique fonctionnelle », Introduction, sect. i6. La place de ce problème dans le plan d'ensemble de l'ouvrage est indiquée tant dans l'Introduction générale dont il vient d'être question que dans l'Introduction du tome III de cet ouvrage, où l'on fait connaître l'objet de la logique réelle. Dans ce tome, intitulé « L'intérêt et l'art », on traite le problème de l'épistémologie génétique, tandis qu'ici on s'occupe du problème corrélatif de la morphor logie génétique. Voir Appendice A.

(a) Lotce, Logie, trad. angl., tome I, p. la.

l'occasion de nos idées. » Cette proposition s'applique pleinement aux sujets dont nous allons nous occupermaintenant. Si nous supposons génétiquement établie la construction complète de la connaissance, « la construction complète de la pensée (1), qu'il est possible d'obtenir par l'emploi de tous les moyens », la question qui se pose ensuite est celle de savoir j usqu'à quel point cette construction complète de la pensée ou de l'appréhension — prélogique, logique et hyperlogique — peut avoir la prétention de rendre adéquatement la réalité « qu'il semble que nous soyons forcés d'admettre comme étant l'objet et l'occasion de noa idées ».

Cette question est suffisamment nette et n'a rien qui ne nous soit familier. Elle se divise naturellement en deux parties : elle comprend premièrement la question de la « prétention » (pour employer l'expression de Lotze) qu'a la pensée ou l'expérience de rendre la réalité, c'est-à-dire le problème derépistémologie(2) ; deuxièmement la question de la valeur des résultats — du succès ou de l'échec, dans cette tâche, des différents facteurs et des différents processus de l'expérience. Comment doit-on relier leurs résultats respectifs à l'interprétation de la réalité telle que la comportent les assomptions de la connaissance, comme celles de la vie ? C'est là le problème de la morphologie comparée, qui est consécutif à celui de l'épistémologie.Tous deux utilisent les résultats des recherches génétiques. Leur ensemble constitue la « logique réelle » (3).

(i) Ou plutôt, dans notre cas, la construction complète de « l'expé-^ rience >, et non pas simplement celle de la pensée, comprise dans un sens étroit.

(a) Il s'agit ici de l'épislémologie prise dans son sens le plus large, c'est-à-dire de l'épislémologie comprenant tous les modes possibles^ d'appréhension, le mode «ÉFectif et le mode actif aussi bien que le mode COgnitif.

(3) « Il reste à la logique réelle : i» à interpréter chaque série entière de constructions objectives dans les termes de l'espèce de réalité que leur connaissance leur attribue ; et a® à les interpréter toutes en- $emble dans le moHe de réalité où aboutit leur connaissance commune.

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