‹ Théorie génétique de la réalitéChapitre 46 sur 63 · I.E PANCALISMK, THIÎOHIK DE I.A HliALITl · texte numérisé non relu

I.E PANCALISMK, THIÎOHIK DE I.A HliALITl

4. Mais nous sommes cvideniment aniciiés à nous poser la question suivante : si tous les autres niodei de réalité, de contrôle ou d'existence atteints au cours du développement de la conscience doivent cire re^Mrdés comme relatifs les uns aux autres et au mouvement de l'expérience pris dans son ensemble, pourquoi le mode de réalisation esthétique n'est-il pas soumis à la même limitation? De quel droit prétendrait-il à plus d'autorité qu'eux — que la perception, par exemple, ou que la pensée, ou que l'idéalisation dans la sphère de la pratique? Si le terme « relativité » doit être employé à propos de tous les dualismes, de toutes les oppositions, de tous les contrastes auxquels sont soumis les divers modes d'atteindre la réalité, il y a lieu de nous demander si la réalité atteinte par la contemplation esthétique n'est pas, elle aussi, relative. Si elle ne l'est pas, nous devrons rechercher à quoi cela tient. C'est une manière modeste d'aborder ce qui coQstitue la question finale de la philosophie spéculative, comme de la log-ique g^énétique telle que nous l'ex^posons, celle de 1' '< absolu », Dans quel sens pouvons-nous appeler absolue la réalité atteinte dans l'expérience esthétique ?

La recherche de l'absolu dans l'histoire de la pensée humaine est en fin de compte, autant qu'elle a été conduite d'une manière conséquente, un elFort pour déterminer une forme de réalité dont l'être, dont l'existence ne dépende en aucune façon d'un principe, n'implique aucun rapport qui lui soient étrangers. L'absolu n'est pas nécessairement dépourvu luimême de structure interne, de mouvement, de caractère positif ; mais il est ce qui est ce qu'il est et reste ce qu'il est sans dépendre de rien d'autre et sans que rien d'autre intervienne. Il est sans relations externes, mais non sans relations internes ; il a une organisation interne, mais pas d'organisation externe. En tout cas, pour éviter des résultats accessoires d'où nous ne tirerions aucun profit (1), prenons le mot

(i) Ce u'eat pas inconsidérément que nous acceptons cette définitioA. Si l'on s'arrête à l!une queiconq[ue des cinq ou six manières plus spéciales dont l'absolu a été caractérisé, si on le considère comme étant i'inconnai stable, ou l'indéfiniisablea ou

absolu en ce sens. Et maintenant demandons-nous jusqu'à quel point le mode de réalité esthétique est absolu, jusqu'à quel point il diffère en cela des autres modes de réalité.

§ 2. — Des différentes sortes de relativité.

5. On disting^ue trois sens différents où les objets de l'appréhension peuvent être relatifs. Il y a d'abord la relativité des sortes de réalité qui se manifestent ensemble |dans la conscience en raison de processus opposés ou différenciés de quelque manière : telle est, par exemple, la relativité que présentent entre eux l'esprit et le corps à un stade donné quelconque du développement psychique. L'esprit n'est ce qu'il est que dans une expérience où le corps est également ce qu'il est au moment et au lieu de cette expérience, et réciproquement. C'est là la relativité de ce que nous avons appelé par métaphore la « coupe transversale » de la conscience, considérant le contenu de celle-ci, à un stade donné de son développement, comme un tout, comme la seule organisation propre à ce stade. Une coupe transversale de la conscience, au stade perceptuel, montre une certaine signification du corps et une certaine signification de l'esprit ; ces deux significations existent ensemble dans l'organisation du contenu en un tout. Il s'agit ici de la relativité des « parties d'un tout organisé ».

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