Il}' a une quatrième forme de relativité, qui a été jus
(i) La pensée et les choses, t. I, chap. ix ; Thought and Things, t. II, chap. VIII ; et plus haut, chap . xii, § 5.
Baldvsrin 18
qu'ici une pierre d'achoppement pour la philosophie ; elle s'attache à l'objet considéré comme étant relatif à l'esprit^ comme étant littéralement un « objet » d'appréhension ou d'expérience, en même temps qu'une chose. Pour que la réalité comme telle soit connue, ne faut-il pas qu'elle soit relative au moi qui la connaît ? Ce point occupe une place centrale dans nos recherches, car c'est avant tout comme objet ou comme pensée que la réalité est étudiée dans la log^ique génétique. Le titre « La pensée et les choses », que nous avons donné à notre étude principale sur la log^ique g^énétique, fait pressentir cette relativité finale, que l'on peut appeler la relativité « épistémologique » proprement dite.
Etant donné cette énumération des divers sens où les objets conscients en général sont relatifs, cherchons à voir jusqu'à quel point un objet esthétique échappe à l'une ou à l'autre de ces relativités, ou bien à toutes, et a par suite le droit d'être appelé absolu.
§ 3. — Le contenu esthétique est un tout non relatif.
9. Pour ce qui est du premier des sens où le terme descriptif de « relatif » peut être appliqué à un objet ou à un contenu mental, du sens qui vise le contraste, l'opposition ou toute autre relation existant entre les parties ou les facteurs d'un tout organisé, la situation est claire. Dans la mesure même où il est vrai que l'expérience esthétique comporte la synthèse de facteurs opposés, la relativité qui s'attache à ces facteurs disparaît à l'instant où se constitue le tout où ils s'unissent. La relativité du moi au non moi, celle des facteurs actuels aux facteurs idéals de l'interprétation, celle du singulier à Tuniversel, toutes réelles qu'elles sont quand il s'agit de ces facteurs opposés comme tels, ne s'attachent pas à l'ensemble de l'expérience où ils s'unissent dans une construction ou une interprétation esthétique qui les comprend tous.