ESMEIN : op. et loc. cit
4. Sair THomas D'AQUIN : Somme théologique, 1 al., 2 al., qu. 105, a. 1.
ST
que pour faire passer cette puissance de l'Etat dans l'Eglise etainsi mettre l'Eglise hors des atteintes du roi et affirmer la suprématie du Concile sur le: pape (1). La réforme en Allemagne et en France,les révolutionsde 1648 et de 1688 en Angleterre donnent aux juristes l’occasion de discuter la souveraineté du peuple et les moyens, pour celui-ci, de l’exprimer. En France les théoriciens du droit public exaltent les Républiques antiques (2), font descendre les Etats géné- raux du concilium germanique (3) et leur attribuent tous les droits. Avec la royauté absolue cependant la théorie se met d'accord avec les faits : Bodin se fait lapôtre de la souveraineté royale ; Loyseau et Le Bret ne nient pas l’origine divine de la souveraineté dont Bossuet se fait le théoricien. Mais le xvrnt siècle voit avec les philosophes affirmer à nouveau le principe de la souveraineté nationale que proclame la Révolution. Il domine aujourd’hui toutes les constitutions modernes. Mais si la souveraineté réside dans le peuple, elle est exercée par le fonctionnaire. Elle ne peut passer de l’un à l’autre que par le seul procédé par lequel le citoyen manifeste sa volonté politique c’est-à-dire par élection. C’est donc l'élection qui est l'origine de toute souveraineté, de tout exercice de la puissance publique. Or l’acte par lequel un électeur confie son droit d’exercer la souveraineté à un autre individu qu'il élit est un mandat; l'élu est appelé effectivement le mandataire, le représentant de l’électeur. C'est donc par un mandat, disent
les théoriciens dont nous examinons en ce moment la doc-
1. V. GIERKE : Alfhusius, p. 123 et s.; Cf. GERSON : De unitate ecclestastica.