Cf. BLUNTSOHLI : op. et loc, cit. ; LARNAUDE : L
usage journalier en droit administratif ». Mais nous avons vu que le degré occupé dans la hiérarchie administrative ne faisait pas la fonction publique (1), et nous aurons encore l’occasion de montrer qu'il n’y a pas de distinction à faire entre l’employé et le fonctionnaire (2).
Le criterium entre le mandat et le louage dans la fonction publique serait pour M. Dareste dans la qualité d’employé supérieur ou d'employé subalterne.
Remarquons d’abord combien ce caractère distinctif est vague et indécis. Où commence la fonction dans l’échelle administrative ? Est-ce qu’il y a fonction publique c’est-àdire mandat dès que l’agent a le droit de décision propre ou d'initiative (3) ? Mais ceux qui sont au dernier degré de la hiérarchie ont souvent à prendre, dansles limites de leur compétence, des mesures pour lesquelles ils n’ont pas reçu un ordre expliqué. Est-ce dans la nature plus ou moins noble du service rendu, suivant la théorie romaine ? Comment expliquer alors que M. Dareste déclare que «le contrat d'engagement militaire est une sorte de louage de services » (4)? le service militaire n’est-il pas la plus noble des fonctions du citoyen ! Est-ce dans la distinction également romaine du travail manuel, objet du louage de services, et du travail intellectuel objet du mandat ? Mais alors on se demande pourquoi l’auteur considère comme un louage de services « l'engagement des artistes dans les théâtres nationaux » (5) ? La théorie est donc au moins
incomplète.