‹ Théorie juridique de la fonction publiqueChapitre 198 sur 496 · FUSTEL DE COULANGES : Origines, p · texte numérisé non relu

FUSTEL DE COULANGES : Origines, p

d’ordre privé est passé dans l’ordre public (1). On se commende en effet non pas seulement pour être protégé contre de puissants spoliateurs (2) ou pour augmenter ses revenus par l'échange d'une petite propriété contre l’usufruit d’un grand domaine (3), pour éviter le service militaire ou ne pas payer ses dettes, mais aussi pour avoir une fonction publique. On entre ainsi dans la clientèle d’un abbé, d’un évêque, d’un comte, d’un duc, pour devenir fonctionnaire. Mais c’est surtout auprès du roi que se fait cette commendato parce que c’est là qu’il y a le plus de fonctions à distribuer : au premier rang de la cour royale des recommandés sont les vasst dominici ou reggles, les fideles, leudes, optimates, homines franci qui remplissent auprès du roi les plus hautes fonctions du Gouvernement (4) ou les charges les plus honorables de sa cour (5), c’est-à-dire les plus hautes fonctions, de gestion et d’autorité. Ils siègent à son conseil auprès des évêques, ont une place d'honneur dans le palais, dans le cortège et dans les plaids. Au-dessous d’eux, il y a encore d’autres recommandés d’origine serve : ce sont les ministeriales qui remplissent les charges inférieures ou les recommandés des grands vassaux eux-mêmes.

L’acte par lequel on entrait dans la cour d’un puissant fut d’abord un simple acte d’amitié (6), un acte unilatéral,

dans lequel seule une partie, le vassal, prenait des engage-

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