‹ Théorie juridique de la fonction publiqueChapitre 21 sur 496 · TES · texte numérisé non relu

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besoins sociaux qui augmentent à mesure que l'agrégation et par suite la coopération sociale se complètent.

D'une part le développement technique de l’industrie rendant plus difficile l'expropriation privée du travail, l’extension des entreprises nécessitant une administration identique à celle de l’Etat et détruisant également l’aiguillon de l'intérêt personnel, le danger des monopoles privés de fait, par les associations de grands industriels plus à craindre qu’un monopole d’Etat sont autant de causes du développement du domaine industriel de certains Etats.

D’autre part l’élévation sociale des classes les plus humbles de la société, la nécessité toujours plus grande surtout avec le suffrage universel de procurer à tous les citoyens les moyens de développement intellectuel d'amélioration matérielle, l’obligation pour l'Etat de protéger la personne humaine dont la force individuelle diminue de plus en plus dans cette intensité de vie économique et de puissance industrielle, l’augmentation des relations d’échange par suite d'une division toujours plus grande du travail nécessitant des moyens plus étendus et plus parfaits de communication et de transport créent chaque jour à l'Etat de nouveaux devoirs et de nouvelles charges (1).

Il n’en faudrait pas conclure cependant, comme le fait l’école historique allemande, que l’extension des buts de l'Etat n’a pas de limites. « La tâche de l'Etat, dit Stein (2), est idéalement indéfinie ». Wagner impose à l’Etat une

double mission, l’une assez précise, celle de la justice

1. Wunpr : £thique, IV? partie, chap. III, $ 2. « L'Etat ne doit pas seulement protéger et maintenir l’ordre moral, il doit aider à tous les progrès matériels et spirituels : c’est là le but du système administratif. »

2. STeIN : Lehrbuch der Finanswissenschaft, 2e édit., p. », cf.

eh) VS

(Rechtweck des staats), l'autre dont l'indétermination permet de justifier toute intervention sociale, la mission de civilisation (Culturzsweck des staats).

Ces deux solutions extrêmes, l’une voulant réduire au minimum le rôle effectif de l'Etat; ne voyant en lui qu’un « producteur de sécurité » (1) et demandant même si cette mission de sécurité ne doit pas être livrée au régime de la concurrence (2) ce qui aboutit à l’anarchie absolue, l’autre demandant l'intervention de l’Etat dans tous les actes de la vie sociale, la substituant à l'initiative privée dans l’organisation du travail et la propriété des capitaux, doivent être écartées parce qu’elles résultent de théories à priori. Il y a dans un budget des dépenses nécessaires et des crédits inutiles, il y a des cas d’intervention indispensable comme il y a des interventions maladroites. La mesure et la nature de cette intervention n’a rien d’absolu : elle varie avec les temps, les circonstances, les lieux, suivant le développement et l’initiative individuelle : « En principe, dit M. Glasson (3), l'Etat doit abandonner le plus possible à l’initiative individuelle, mais ce principe comporte plus ou moins de dérogations suivant la nature de chaque peuple ».

Mais nous n’en constatons pas moins qu’en fait les buts de PEtat se multiplient sans cesse ; si le domaine privé avec moins de raison peut-être s’élargit chaque jour, ce sont surtout les buts sociaux et l’action politique de l'Etat qui augmentent à la fois en étendue et en profondeur.

1. G. pe Mornarr : L'évolution politique et la révolution, p- 395. On a qualifié cette conception de théorie de l’Etat-gendarme.

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