‹ Théorie juridique de la fonction publiqueChapitre 277 sur 496 · BERTHÉLEMY : Droit administratif, p · texte numérisé non relu

BERTHÉLEMY : Droit administratif, p

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dans le cercle des relations juridiques de nouveaux sujets. Elles ont traité en étrangers, en tiers les membres réels de ces groupements, comme si elles pensaient que les seconds peuvent exister sans les premiers. Rien n’est plus inexact dans les faits. « On ne peut concevoir, écrit M. Turgeon, un Etat en dehors des membres dont il est le total et le faisceau ; on ne peut imaginer une cité en dehors des citoyens, une humanité en dehors des hommes, une forêt en dehors de ses arbres » (1). « Faire de l'Etat, ajoute-t-il encore, une personne distincte et indépendante de ses nationaux c’est prétendre former un corps agissant d’une pure abstraction ».

Ces conceptions amènent à des graves erreurs politiques : « séparée de nous, cette forme vide, cette fiction creuse devient un mot dangereux. Cet être abstrait est insaisissable... ainsi compris l'Etat n’est qu’un tyran anonyme » (2).

Sous l'influence de ces idées une réaction contre l’idéa. lisme juridique s'est produite en France et à l'étranger.

En droit privé un grand courant de doctrine s’est formé contre la personnalité (3). Il n’y a pas encore bien longtemps, les meilleurs jurisconsultes voyaient partout des personnes morales : l’hérédité, la communauté de biens entre époux, les faillites étaient personnifiées. Peu à peu, on a fini par expliquer toutes ces situations par des règles de droit commun et par donner aux membres réels de ces collectivités de biens, les droits qu’on attribuait auparavant à un être fictif. Aujourd'hui M. Van den Heuvel

traite la personnalité morale de vain artifice (4), M. Vareil-

1. TurGkon : Une définition de l'Etat et de sa Souveraineté (Revue du droit public et de la Science politique. 1899, I, 75.

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