‹ Théorie mathématique des assurances sur la vieChapitre 46 sur 71 · IO · texte numérisé non relu

IO

Celte combinaison est au moins aussi développée que l'assurance en cas de décès, si l'on tient compte non-seulement des rentes viagères servies par les Compagnies d'assurances, mais encore de celles qui sont servies par des particuliers, des pensions de retraites garanties par l'Élat, par les sociétés industrielles, par les sociétés de secours mutuels, etc — Cependant elle est toujours affectée du même inconvénient qui a été signalé plus haut, et qui est de produire peu pour les survivants, pendant la durée presque entière de l'existence. Cela tient à ce que les survivants ne peuvent jamais avoir à se partager que le produit des versements faits par les décédés, lesquels sont en nombre relativement faible; et, comme c'est la un fait inhérent à la nature même du sujet, et non pas un accident résultant d'un procédé d'opération, toute assurance en cas de vie, quelle que soit la combinaison adoptée, présentera toujours le même défaut, sauf dans la première enfance et dans l'extrême vieillesse.

En général, l'assurance en cas de vie n'est avantageuse que pour les personnes qui, à un moment donné, consommeront plus qu'elles ne produiront; elle doit, en conséquence, se développer principalement dans les époques et dans les sociétés qui comportent un grand nombre de situations de ce genre. Inconnue aux États-Unis, elle est peu usitée en Angleterre ; elle l'est davantage en France. Ce mode d'assurance a de plus contre lui les meilleurs sentiments du cœur humain, qui apportent au contrnire, comme nous l'avons vu tout à l'heure, un grand secours au développement de l'assurance en cas de décès. Par celle-ci, on peut réparer les dommages dont sont menacés ceux que l'on aime; par l'assurance en cas de vie, on ne peut au contraire réparer que ceux dont on est menacé dans sa propre personne.

En résumé, l'assurance sur la vie (soit en cas de vie, soit en cas de décès), présente deux avantages qui cependant ne sont pas absolus, mais relatifs; le premier est un avantage sur les placements de fonds : il est relatif à l'importance des fonds versés; le second est un avantage d'opportunité :

il est relatif à l'adaptation de la combinaison choisie à la position personnelle du contractant. L'assurance réalise invariablement pour l'assuré un placement de fonds à l\ pour loo en intérêts composés; un particulier n'y trouve donc d'avantages réels que s'il y engage des fonds qui ne représentent pas pour lui des capitaux, mais seulement des épargnes : l'avanlage est alors d'autant plus grand qu'il opère pour une durée plus longue. L'assurance fournit des capitaux liquides qui arrivent au moment précis où l'on en a besoin pour réparer un dommage matériel; mais, pour cela, il faut que chacun choisisse habilement la combinaison qui s'adapte à sa convenance personnelle; s'il n'en est pas ainsi, l'assurance sur la vie se réduit à un simple jeu de hasard. Enfin l'assurance en cas de décès offre plus d'avantages que l'assurance en cas de vie, parce que, les décès étant en petit nombre, disons, par exemple, de i sur 3 (pour les périodes ordinairement adoptées], il y a une seule famille qui prélève un profit sur le versement des deux autres, tandis que, dans l'assurance en cas de vie, les décès étant également en petit nombre, disons i sur G (pour les périodes ordinairement adoptées), il y a 5 personnes qui prélèvent un mince profit sur le versement d'une seule.

C^itlciil des sirinies.

Les opérations d'assurances sur la vie se divisent, comme nous l'avons dit tout à l'heure, en deux classes : les assurances en cas de décès et les assurances en cas de vie. Dans les premières, la Compagnie aura des engagements à remplir, c'est-à-dire des capitaux ou des rentes à payer à certaines époques, si un ou plusieurs décès se présentent; dans les secondes, au contraire, si une ou plusieurs personnes sont en vie. Il y a des opérations qui présentent à la fois les deux caractères réunis : ce sont celles où la Compagnie aura des engagements à remplir s'il arrive à la fois qu'à une époque déterminée telle personne est en vie et telle autre est décédée.

On les nomme assurances de survie, parce qu'en effet la Compagnie n'a en réalité d'engagements à remplir que si la première personne a survécu à la seconde, et on les classe parmi les assurances en cas de décès.

Page 1